Magazine Cinéma

Toutes nos envies, Les marches du pouvoir et Les neiges du Kilimandjaro

Par Papote

Beaucoup de films vus ces derniers jours et je me suis rendue compte que si je faisais un billet par film et par semaine (histoire de me laisser du temps pour écrire autre chose !), j'en aurai jusqu'à Noël...
Donc, aujourd'hui, trois billets en un et un billet " fleuve" !

Pas de favoritisme, juste que je fais par ordre de vision...

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Commençons par " Toutes nos envies".
Philippe Lioret, depuis quelques années, nous a habitués a faire dans le film qui ne rigole pas vraiment. Oublié les " P.R.O.F.S." et autres " Romuald et Juliette" ! Là, on enchaîne les " Je vais bien, ne t'en fais pas", les " Welcome" et, donc, les " Toutes nos envies".
Bref, je me doutais que je ne me taperai pas sur les cuisses mais, en général, j'aime quand même sa façon de filmer les choses pas drôles.

J'ai bien aimé parce qu'une fois encore, il filme des choses un peu lourdes mais sans tomber dans le misérabilisme ou le pathos.
En revanche, défaut de la qualité : il est impossible de se sentir révoltés ou de prendre une grande claque de prise de conscience.
On assiste, on est émus mais on ne se sent jamais partie prenante. Or, quand on filme des choses aussi dures que le passage de la frontière des sans-papiers ou les excès des crédits à la consommation, ça démange un peu d'aller plus loin.
Mais bon... C'est la façon de filmer de Lioret et si on ne l'accepte pas, il ne faut pas aller voir ses films.
Personnellement, j'aime bien mais avec toujours une petite frustration au coeur en sortant.
Je n'étais donc pas surprise du traitement du film. En revanche, j'ai été plutôt surprise par l'histoire. J'avais pensé, aux vues de la bande-annonce, qu'il s'agissait de la lutte de deux juges contre les crédits à la consommation sur fond de maladie de Marie Gillain alors qu'en fait, il s'agit plus de la maladie d'une femme juge qui mène son dernier combat contre les sociétés de crédit à la consommation...
Je sens bien que je vous donne l'impression de ne pas avoir tellement aimé et, pourtant, le charme opère et on se laisse emporter dans le film.
Peut-être, le jeu des acteurs si juste. Peut-être l'idée que tout ne se fait pas tout le temps dans les larmes et la violence. Peut-être, le fait de l'urgence à vivre de l'héroïne. Peut-être parce que, dans le quotidien, on n'est pas tous des héros capables de soulever des montagnes et que c'est bien aussi de voir des vies comme la notre au cinéma, des vies qui pourraient ressembler aux nôtres...
Sans doute, une somme de petites choses !
Bref, j'ai bien aimé ce film à dimension humaine et avec toutes ces imperfections...

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Ensuite, j'ai vu " Les marches du pouvoir".
Dans un genre complètement différent du Lioret. Vous aviez envie d'une pointe d'humanisme, d'un soupçon d'espoir ? Laissez tomber et changez de salle !
Cynisme à l'état pur et à tous les étages est le fil conducteur du film !
Bon, en même temps, il fallait bien se douter qu'un film sur les primaires aux Etats-Unis (ou sur des élections aussi importantes, dans n'importe quel autre pays, d'ailleurs) pouvait difficilement ressembler à " L'Ile aux enfants" (Voici venu le temps des rires et des chants...)...
Ceci étant, là, aucun cas de figure ne nous est épargné. L'arrivisme, la manipulation, la malhonnêteté... Tout à coup, on a beaucoup moins envie de faire de la politique et, pour ceux, qui ne voulaient pas mais qui avaient encore l'esprit citoyen, l'envie de voter aurait comme un goût désagréable...

J'ai énormément aimé la pléiade d'acteurs qui campe à merveille cette galerie de portraits peu sympathiques.
J'ai aimé l'évolution du personnage joué par Ryan Gosling et sa façon de le jouer.
J'ai aimé le manque d'évolution du gouverneur Morris qui montre bien que, quoi qu'il arrive, malgré les trahisons et coups tordus (subis et assénés), la façade restera la même, avec le même sourire que j'ai fini par trouver carnassier (moi ! Le sourire de Clooney carnassier... Pfffffffff !).
J'ai aimé Hoffman et Giamatti, chacun, en chien de garde/de chasse de leur maître.

Le film ne révolutionnera sans doute pas le monde politique, ni le monde tout court parce qu'on se doute bien que c'est une rivière pleine de piranhas mais l'intérêt réside principalement, à mon sens, dans le fait de ne pas savoir jusqu'où cela va aller, comment les individus vont réagir et, donc, modifier le cours des évènements. Jusqu'à dix minutes, un quart d'heure de la fin, je me posais encore la question...
D'ailleurs, je pense que je n'ai pas été la seule parce que, quand le générique de fin est apparu, il y a eu une espèce d'exclamation de la salle comme si les gens venaient de prendre un coup dans l'estomac...
Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un film à suspens parce qu'il n'y a pas d'intrigue policière mais il vous tient quand même en haleine ou, du moins, il m'a tenue en haleine mais, peut-être, certains, moins naïfs que moi, auront tout décrypté d'entrée de jeu...
Petite question personnelle : pourquoi toutes les filles craquent-elles sur Ryan Gosling ? Perso, il ne fait même pas frémir le bout de mon petit orteil... Il n'est pas moche non plus, hein, mais je le trouve super quelconque mais excellent acteur.

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Enfin, " Les neiges du Kilimandjaro" de Robert Guediguian.
Dans un genre totalement différent des deux premiers !
Une ambiance que je qualifierais de " à la Guédiguian"...
Des amis à la vie, à la mort.
Des amis de toute la vie.
Mais rien n'empêche que chacun ait son caractère et sa façon d'affronter les évènements.
Le soleil marseillais.
Les petites rues.
Le pastis et le metaxa.
Et puis, j'aime ce cinéma social mais pas misérabiliste, engagé mais pas revanchard.
Il y a aussi les acteurs de la " bande à Guédiguian" : Darroussin, Arscaride, Meylan... Ils ont toujours l'air d'être filmés à leur insu tant ils sont naturels et sans artifices.
Je n'ai sans doute pas adhéré à la totalité du film parce que certaines choses, pour moi (et j'insiste sur le fait que ça me soit très personnel !), sont trop poussées, vont trop loin... Sans doute une réminiscence du fait que je ne tends pas la joue gauche quand on m'a frappée la joue droite... Ou, peut-être parce que je n'ai pas un fond assez altruiste !
Mais ça fait du bien de voir des films résolument optimistes et humanistes, même s'ils sont peut-être un peu moins réalistes quant à la nature humaine (ou alors, c'est moi qui aie vraiment très mauvaise opinion de l'âme humaine !)
Bref, un très bon moment !

A bientôt !

La Papote


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