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Le prix de la liberté sur internet

Publié le 28 novembre 2011 par Mpbernet

Peter SteinerJe lisais dernièrement sur une revue très sérieuse* un court article d’André Vitalis – professeur émérite à l’université de Bordeaux et ancien de la CNIL – sur le thème de la protection des données personnelles dans le nouveau monde des NTIC.

Car deux « écoles » s’opposent. Dans l’Union Européenne, la protection des données personnelles est reconnue comme un droit fondamental : « le traitement des informations à caractère personnel nécessite un fondement légitime et tout spécialement le consentement des personnes concernées qui peuvent obtenir communication des données collectées »….Quel angélisme !

A l’opposé, aux Etats-Unis, on privilégie l’autorégulation laissant aux entreprises la définition des règles et des limites. Réalisme ?

Car nous devons bien nous mettre dans la tête que chaque fois que nous interrogeons Google, notre passage est dûment enregistré dans une gigantesque base de données qui va permettre de nous situer économiquement, politiquement, socialement, intellectuellement, sexuellement ( ?)... de nous mettre en fiches qui seront cédées à des entreprises qui nous adresseront des publicités « contextuelles » ciblées, susceptibles de retenir notre attention et nous faire ACHETER ! Nous nous croyons des visiteurs anonymes ? Quelle illusion ! En réalité, le recueil et le traitement des traces que nous laissons sur notre passage est le prix de la gratuité des services offerts sur Internet.

Pour ma part, j’accepte le deal, mais il faut en être conscient. Internet est un formidable outil d’accroissement de la connaissance, d’accès à la démocratie et au débat public, de progrès culturel et économique. Nous ne saurions désormais nous en passer. Désormais, il faut vivre avec l’assurance que nul ne peut rester caché, tout n’est pas encore complètement interconnecté mais nombreux sont les citoyens qui souhaitent que les fraudeurs soient démasqués, les criminels confondus par leurs traces ADN, les innocents blanchis par un ticket d’autoroute ou une facturette de téléphone.

Où plaçons-nous désormais le curseur de notre vie privée ?

*Rue Saint Guillaume, revue de l’Association des Sciences-Po, n° 164.


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