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Il y a un an. Une vidéo de cinq minutes à peine. Ici même. Un...

Publié le 29 novembre 2011 par Poirpom @poirpom

Il y a un an. Une vidéo de cinq minutes à peine. Ici même. Un truc dégoté au hasard des rebonds sur la Toile. La bande annonce d’un projet en cours de post-prod.

Pinto con lata

Peint à la bombe. (Premier) Documentaire sur le graffiti à Caracas. Une seule source d’infos sur la chose: un compte Twitter.

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Le lascar derrière le compte déconne avec ses potes connectés. Parfois, il donne des nouvelles de l’avancée du projet.

Le temps passe. Comme tous les jours. Puis le hasard fait un truc dingue: se mêler des affaires de n’importe qui.

Ce qui n’était qu’une lointaine ville devient une réalité géographique. Mi-novembre, direction Caracas. Et, sur la timeline de Twitter, quelques infos tombent.

Le truc est sorti fin octobre. Quelques rares projos sont prévues. Mais surtout, un DVD est édité. En petite série. Mille exemplaires. Le mec lâche les infos sur les trois seuls spots qui l’ont à la vente dans toute la ville: la Mekka, revendeur Montana local et principal distributeur du film, Tienda Lejos, boutique Hip Hop, et un kiosque. Nom donné aux milliers de grosses boîtes en fer plantées dans toute la ville. À l’intérieur, un être humain fourgue tout un tas de cochonneries: des clopes, des chips, des bonbecs, du cholestérol en barres, des journaux… Et, dans celui de Chacao, à dix bonnes minutes de marche à pied de la station de métro éponyme, face au MacDonald’s, la charmante dame en charge du kiosque entrave quedal.

Dé-houVé-Dé?

No comprendo.

Documental?

No comprendo.

Pinto con lata?

Aaah… Siiii. Claro.

Elle pousse la pile de Malbac, écarte les chips et sort la perle argentée dans son écrin noir.

Une grosse rondelle dans une boîte en plastoc. Contenant 95 minutes d’images brutales. Réalisé par Fernando Toussaint. Lui-même épaulé par Ludwig Schmidt.

Un peu plus de deux ans de tournage que les deux compères n’avaient pas prévu. Ce qui devait être un petit délire sympathique s’est transformé en grosse besogne de captation d’un mouvement. Parce que celles et ceux qui posent leurs blazes toutes les nuits sur les murs de la ville - los escritores - ont accroché à l’idée. Documenter leurs escapades.

Alors Fernando et Ludwig se sont fait embarquer. Et ils ont pris tout ce qu’ils pouvaient. À toute vitesse et à l’arrache.

Du grain, du flou. Des caméras planquées dans des sacs, posées sur des trottoirs, calées dans des bagnoles qui zonent dans les rues. Il y a les mecs qui grimpent sur les panneaux indicateurs des autoroutes urbaines. Celles et ceux qui posent leurs lettres sur les panneaux publicitaires. Qui se planquent soudainement à l’approche d’une patrouille.

En parallèle, urbanistes et architectes expliquent la ville. Sa gueule surtout.

Il y a le son posé sur ces images qui tente de faire passer l’adrénaline du moment.

Il y a quelques archives de la fin des années 90 - où les premiers escritores gribouillent les arrêts de bus.

En infra-rouge, les gueules masquées qui bavardent. Rose, Daos, apl, Tuker, Dunk…

La galette est pleine de Caracas. Crade, crue et brute.

Caracas es la mejor ciudad del mundo, sin duda, lo que pasa es que la gente no la sabe valorar.

Totalement sublime.


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