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Relancer l’économie ? ça va pas la dette !?!

Publié le 28 novembre 2011 par Pierre

Relancer l’économie ? ça va pas la dette !?!LA DETTE. Ce gros mot va peser lourd dans la prochaine présidentielle. L’objectif zéro déficit constitue déjà le carcan dans lequel trois des principaux candidats (Sarkozy, Hollande et Bayrou) se sont volontairement glissés.

Mais y a-t-il vraiment un problème de dette en France et en Europe ? Si oui, quelle est sa nature ?

Pour le profane, cette question de la dette est bien compliquée à appréhender, d’autant que plusieurs explications partiellement ou complètement contradictoires lui sont proposées.

L’explication la plus répandue, c’est que nous vivons au-dessus de nos moyens depuis 30 ans, que nous nous cachons la réalité en empruntant, mais qu’un jour il faudra bien rembourser la note. Ainsi, tout comme les USA, la France s’est désindustrialisée, ne crée plus assez de richesses tout en conservant un modèle social onéreux, finance donc sa croissance par la consommation, elle-même soutenue par la relance publique et donc par l’emprunt. Ce système n’est évidemment pas viable à long terme.

A côté de cette explication « dominante », nous avons noté trois autres appréciations de la question actuelle de la dette. Elles méritent qu’on y prête attention.

1.   La dette comme stratégie néolibérale

Relancer l’économie ? ça va pas la dette !?!
Selon cette première thèse, les néo-libéraux veulent la peau de l’Etat Providence. La stratégie la plus efficace est de procéder à des baisses d’impôts et des allégements de charges pour les entreprises, afin de creuser les déficits, et ainsi pouvoir dénoncer l’Etat obèse qui part à la dérive. En témoignent les 316 milliards d’euros d’allégements de charges patronales en France depuis 1992 (source : « Informations ouvrières » hé hé hé). Je n’ai pas les chiffres précis sous la main, mais on sait tous que les dizaines de milliards de baisse d’impôts et d’allégements de charges depuis 2007 pèsent lourd dans le déficit du budget de l’Etat.

2.   La dette comme cible des anti-euro
Autre thèse en vogue, notamment à l’extrême gauche : contrairement à ce que l’on raconte, la dette actuelle est parfaitement supportable par la France. Mélenchon compare le montant total de la dette publique (1 500 milliards), ramené sur 7 ans (la durée des échéances de remboursement), avec le PIB français sur la même période : aucun problème selon lui pour rembourser. Pour Hervé Nathan (économiste chez Marianne 2, et auteur d’un excellent blog), la crise actuelle est essentiellement la cause d’attaques, pilotées par les anglo-saxons, pour démolir l’euro. Cette crise de confiance est donc parfaitement artificielle et téléguidée ; pour preuve, les niveaux très élevés d’endettement de pays comme le Japon, les USA ou la Grande Bretagne, et qui pourtant se financent à taux très bas.

3.   La dette comme conséquence du privilège inacceptable des banques
Dernier type d’explication, lié au mode de financement de l’économie actuelle. Depuis 1973, l’Etat français ne se finance plus à la Banque de France (à taux zéro, par simple création de monnaie), mais auprès des banques (à 2, 3, 4% ou davantage). A voir, cette vidéo très pédagogique, qui explique ce mécanisme de la dette. Un chiffre à retenir : depuis 1973, le montant total des intérêts des sommes empruntées aux banques par l’Etat français s’élève à peu de choses près à 1 500 milliards d’euros… Supprimons ce cadeau fait aux banques, permettons aux Etats d’emprunter auprès de la BCE, et laissons tranquille notre modèle social. Ca paraît simple, vu comme ça.

Relancer l’économie ? ça va pas la dette !?!
Peut-on, doit-on donc accepter sans broncher la thèse officielle, selon laquelle nous dépensons trop et qu’il n’y a d’autre solution que de se serrer la ceinture ?

Ou bien, à l’époque de l’information de tous par tous en temps réel, peut-on imaginer qu’il existe un complot néolibéral planétaire, dont le but ultime serait de faire maigrir les Etats et d’enrichir une petite minorité ?

A titre personnel, je penche de plus en plus pour la deuxième hypothèse.


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