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Test de Battlefield 3 sur Xbox 360/PS3/PC

Publié le 29 novembre 2011 par Axime
Test de Battlefield 3 sur Xbox 360/PS3/PC

Battlefield 2 a redéfini les standards du FPS militaire multijoueur, il y a six ans de cela. En proposant BF 2142, Bad Company et BC2, DICE a fait patienter la communauté avec des jeux de qualité, mais n’atteignant pas la splendeur du roi du multi de 2005, et c’est Call of Duty qui a pris la tête en termes de mode multijoueur, avec des parties rapides et dynamiques, loin du semblant de réalisme de la série de EA. En 2011, le développeur suédois sort enfin le véritable troisième volet de la série : le Battlefield nouveau est désormais là !

Call of Battlefield

Accompagné d’une campagne publicitaire digne de la série fétiche d’Activision, Battlefield 3 est présent dans tous les médias, avec deux webséries, des panneaux publicitaires dans chaque grande ville, des spots TV qui mettent l’eau à la bouche et des trailers qui montrent le champ de bataille du futur. DICE a enfin pris conscience du phénomène communautaire qu’est sa série de FPS militaire, certainement grâce aux succès qu’étaient les Bad Company. En prenant ces derniers pour exemple, BF3 est le premier opus de la série originelle à incorporer un mode solo, ce qui le démarque d’emblée de ses grands frères dont la "campagne" n’est qu’un simple mode multi avec des compagnons et ennemis contrôlés par l’IA.

Dans la veine d’un Call of Duty : Black Ops, vous incarnez un marine nommé Blackburn. En plein interrogatoire, il va raconter ses missions passées, ou plutôt va vous les faire vivre par le biais de flashbacks se déroulant en 2014. Globalement, le mode solo emprunte énormément au shooter d’Activision, dans la structure narrative, le style de missions, mais en même temps CoD emprunte à d’autres FPS comme les anciens Medal of Honor. Au final, on ne parlera pas de plagiat, mais d’un genre qui peine globalement à se renouveler. Même le scénario est réchauffé : mission en Irak, bombe atomique portable, un Russe et des Arabes, des flingues. Plus cliché, on meurt. Si le solo était entrainant et dynamique comme celui de Bad Company 2, on pourrait oublier le défaut scénaristique, mais Battlefield reste Battlefield, et le gameplay de la série originelle n’est pas fait pour du FPS hollywoodien. Soucieux de recréer des champs de batailles épiques et plus ou moins réalistes, avec une véritable guerre de position, du jeu en équipe et de la tactique, le soft aurait mieux fait de laisser tomber ses ambitions pour le mode solo et nous offrir de la simple action dynamique, bien plus motivante et entrainante. On peut donner tous les défauts qu’on veut à Call of Duty, mais au moins on ne s’ennuie pas à rester caché derrière une voiture pendant 2 minutes à chaque fois qu’on rencontre des ennemis. Bizarrement, ceux-ci ont uniquement envie de tuer Blackburn, ils n’ont que faire du reste de votre équipe. S’ils visaient comme des êtres normaux, ça passerait encore, mais nos chers terroristes sont de véritables tireurs d’élite, même de nuit et éblouis par les phares des voitures. De plus, contrairement à d’autres FPS un peu plus « arcade », votre vie descend à une vitesse absolument gargantuesque. Une salve et c’en est fini de Black, d’où l’intérêt de rester caché et d’attendre que votre équipe finisse le boulot. Evidemment, notre soldat a tous les droits pour se défendre, plutôt que de rester terré comme la petite fillette qu’il n’est pas. Pour cela, le joueur a droit à un arsenal assez important, en passant par des AK, des pistolets de toutes sortes, des fusils d’assaut ou de précision, etc. Rien de transcendant, mais le minimum syndical a été largement dépassé. Avec une difficulté quelque peu inégale et des missions plutôt longues mais peu nombreuses (une douzaine), comptez environ 6 à 8 heures pour finir ce mode solo, pour un joueur moyen.

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Above and beyond the Call. Not.

Outre ces particularités de gameplay, que certains apprécient peut-être, il faut noter que la mise en scène, soutenue par le moteur Frostbyte 2.0, est d'excellente qualité. On s’y croit réellement lorsqu’un bâtiment s’effondre, qu’une grenade fait voler l’un de nos camarades, et ainsi de suite. Les graphismes somptueux et le moteur physique juste excellent, en tout cas sur PC, parviennent à mettre le joueur dans l’ambiance, malgré le rythme peu soutenu et des missions vues et revues. On lance le mode solo avec joie en se demandant quelles merveilles visuelles la prochaine mission nous réserve. Mention spéciale à une des premières missions dans laquelle on est copilote dans un avion de chasse. On sort de sa cabine, on a droit à un léger briefing avant de devoir faire les dernières vérifications pour pouvoir décoller. Les graphismes font de cette scène un moment « chair de poule » pour toute personne un tant soit peu sensible à la beauté de ces machines.

La musique et les bruitages sont une composante importante de ce nouveau cru de Battlefield. Elle est en parfaite symbiose avec l’action et en met pleins les oreilles. Une fois de plus, un FPS se voit doté d’une bande-son phénoménale qui vous fera décoller autant en jeu que dans votre lecteur multimédia préféré. Un vrai régal.

Au final, on pourrait comparer ce mode solo à Crysis, une très belle coquille vide que l’on appréciera tout de même pour quelques moments vraiment réussis. Mais l’intérêt premier d’un Battlefield reste son mode multijoueur, n’est-ce pas ?

Above and beyond the Call. For real.

Alors que le mode solo peine un peu quand on le compare aux entrainants Modern Warfare 2 et Black Ops, il en est tout autre pour le multi, que l’on résumera en citant notre ami Duke : The King is Back ! Après avoir balayé les bugs et défauts de la bêta, le multijoueur de Battlefield 3 revient en force avec neuf maps allant de grand à extrêmement grand, l'une d'entre elles étant même environ trois fois plus étendue que la plus grande des cartes de Bad Company 2. Les graphismes sont tout aussi jolis, malgré une ou deux options graphiques qui ont été supprimées pour améliorer l’expérience de jeu, et le gameplay de Battlefield retrouve enfin tout son intérêt. Trois modes sont jouables, sous différentes variantes : l’éternel Deathmatch, le mode conquête si cher à la série (un king of the hill, pour simplifier) et la ruée, introduite par la série de Bad Company, qui consiste à avoir une équipe attaquante et une défensive qui se battent pour la destruction ou la préservation de relais de communication, toujours par paires, sur une map évolutive qui comporte quatre ou cinq de ces précieux tandems.

Les mécaniques de gameplay fonctionnent à merveille pour le multi, et la coopération est plus que nécessaire si vous ne tenez pas à perdre misérablement contre une équipe un minimum organisée. Le manque de chat vocal in game (sur PC) favorise les parties avec des amis, soit grâce au chat vocal sur le Battlelog (nous y reviendrons plus tard) soit par un logiciel tiers, et la capacité à rester en vie s’en voit largement améliorée. Malheureusement, même si vous joignez une partie avec vos amis, le jeu peut vous mettre dans des escouades, c’est-à-dire des groupes de 4 joueurs, voire dans des équipes différentes. DICE a tout intérêt à améliorer cela, surtout pour un titre qui repose sur le jeu en équipe. La gestion des escouades mériterait aussi une refonte, celle-ci étant quelque peu hasardeuse pour l’instant. Globalement, le multi ne présente pas beaucoup de bugs ou de défauts, le seul souci majeur était probablement lié à un défaut d'un serveur plutôt qu’un problème lié au jeu même. Évidemment, attendez-vous à être déconnecté de temps en temps, le soft reposant sur des serveurs achetés par des particuliers ou des associations, EA ne pouvant donc pas garantir leur bon fonctionnement.

Une fois que vous aurez trouvé le serveur de vos rêves, vous serez prêt à profiter pleinement des cartes. Bien pensées et extrêmement vastes, elles sont un terrain de jeu parfait pour une partie à 64 avec avions de chasse, chars et autre artillerie lourde. On trouve, à chaque coin, quelque chose à tuer ou à détruire et il est rare que l’on doive faire un long chemin de la première base de réapparition jusqu’à l’action.

On regrettera que sur PC, BF3 ne soit proposé que sur Origin, d'autant plus que la nouvelle plateforme dématérialisée d'EA est encore en beta, ce qui se ressent lors de son utilisation. Par ailleurs, pour que l'expérience soit complète, il vous faudra passer par le Battlelog, site dédié à Battlefield 3 par lequel le joueur peut gérer ses préférences serveurs, sa liste d’amis, et simplement démarrer une partie solo, co-op ou multi. L'installation et l'utilisation du jeu sont donc assez complexes au départ, ce qui pourra décourager certains acheteurs éventuels. Une distribution sur Steam aurait donc été la bienvenue, d'autant que les joueurs sont nombreux à privilégier la plateforme de Valve.

Parlons rapidement, du mode co-op. Pour l’instant, seules six missions sont jouables jusqu’à deux personnes. Très sympathiques avec un ami, on prend un réel plaisir à finir ce mode bien trop court. Heureusement, le challenge est là pour allonger la durée de vie. En effet, l’absence de checkpoints dans ce mode fait que, si les deux joueurs meurent, il faut recommencer la mission dès le début. Heureusement, chacun a la possibilité de soigner son coéquipier. Les missions en soi ne se démarquent pas réellement de celles rencontrées en solo, elles en reprennent même les décors, mais la difficulté est légèrement rehaussée, l’entraide est obligatoire et des bonus sous forme de nouvelles armes pour le multi sont à la clé, pour augmenter l’intérêt de ce mode.

Battlefield 3 a beaucoup emprunté à Modern Warfare 2 et à Black Ops, il faut cependant garder à l’esprit que les deux séries sont bien différentes et visent deux types de publics. A chacun de faire le choix du gameplay qu’il préfère, en tout cas le développeur a su prendre des idées de plusieurs sources sans pour autant dénaturer le gameplay original de la série.

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Call of PC vs. Battleconsole

Côté consoles, Battlefield 3 perd en contenu, que ce soit esthétique ou même au niveau du gameplay. Ainsi, il n'est possible de faire des parties en ligne que jusque 32 joueurs. Néanmoins, cela s'avère relativement suffisant car l'action n'est jamais bien loin. Avec la dernière mise à jour, les problèmes de serveurs ont été réglés et il est désormais très rapide de trouver une partie sur la carte et/ou le mode de son choix. C'est encore plus plaisant avec quelques amis, votre fine équipe de bras cassés pouvant par exemple emprunter un hélicoptère pour aller se parachuter aux abords d'une zone de combat. Bien que s'adressant en priorité aux PCistes, DICE a soigné la transition vers le pad, même si la configuration des touches est un peu moins bien pensée que celle d'un Call of Duty.

De plus, la différence graphique est bien entendu de taille. Néanmoins, cela reste très beau pour un opus console. Les reflets de lumière sont bluffants, tout comme les armes très détaillées et les explosions. Les textures en multijoueur laissent parfois à désirer bien que cela reste relativement correct, mais le pire est pour la version Xbox 360 sans disque dur. En effet, la plupart des joueurs pourront télécharger le pack de textures HD, mis en ligne par DICE, faute de place sur les deux galettes. Mais ceux pour qui ce ne sera pas possible vont véritablement regretter l'achat de ce Battlefield 3, les détails des environnements étant pratiquement inexistants. Une boite en carton avec des écritures et des couleurs avec le pack ou sur PlayStation 3 et PC sera un cube flou avec cette version SD. Tout comme pour Forza Motorsport 4, il est ainsi indispensable de disposer d'un disque dur pour profiter pleinement du jeu, montrant une nouvelle fois que la DVD arrive à ses limites.

Battlefield 3 sur consoles n'est donc pas aussi éblouissant que son homologue sur PC, mais il reste toutefois très plaisant et mérite qu'on s'y attarde.


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