Stress, cortisol, prise de poids…mieux comprendre ce cercle vicieux.

Par Vincentguillet

Nous connaissons tous, dans notre vie professionnelle ou quotidienne, des périodes de stress plus ou moins intense que nous gérons tant bien que mal. Ce stress accroît nos performances physiques et intellectuelles mais peut aussi provoquer quelques dégâts physiologiques et psychologiques de par les perturbations hormonales qui en résultent. Notre métabolisme n’est pas épargné avec souvent une prise de poids à la clé. Comment peut-on contrecarrer les effets néfastes du stress pour n’en garder que le bénéfice ?

Le stress, c’est bien connu, fait monter l’adrénaline. Mais pas seulement : l’adrénaline n’agit pas seule. Peu de temps après le déclenchement de sa production, en phase de choc, c’est-à-dire juste après le stimulus stressant, une autre hormone cruciale lui vient en aide : le cortisol. Cette hormone sécrétée par les corticosurrénales, intervient comme « régulateur métabolique » : il mobilise toute l’énergie disponible afin de la faire parvenir aux organes qui en ont besoin. Face au danger, nous devons être capables de fuir ou de combattre : on appelle cela la réponse « fight or flight ».
Dans les deux cas nos muscles doivent donc être approvisionnés en sucre et pour ravitailler rapidement ces cellules, le cortisol va par le biais de diverses réactions en chaîne :

-   stimuler la synthèse de glucose par le foie, à partir des réserves de glycogène qu’il contient

-   augmenter la dégradation protéique et graisseuse : une partie de nos réserves en muscles et en graisses est « transformée » en glucides.

Il en résulte donc une augmentation du taux de sucre dans le sang (hyperglycémie).

A ce stade là les effets du stress peuvent paraitre bénéfiques : on pourrait penser faire fondre la cellulite à coups de stimuli stressants…

Mais l’action du cortisol ne s’arrête pas à cela : une fois le stress immédiat passé, le taux d’adrénaline revient à la normale, tandis que le cortisol persiste afin d’aider le corps à retrouver son équilibre. Et cela consiste surtout à augmenter l’appétit afin de reconstituer les réserves de graisses et de sucres entamées en phase d’ « attaque ». Si nous  sommes à l’origine programmés pour réagir à des situations de stress telles que l’attaque d’un mammouth ou la chasse d’un zébu (qui nécessitent un réel effort physique), il faut admettre qu’aujourd’hui la donne est changée : le prédateur le plus féroce que vous ayez à affronter n’est peut-être autre que votre bipède de chef, et la chasse la plus ardue dans laquelle vous vous soyez risqué était de devoir courir après le bus en sortant du bureau pour arriver avant la fermeture du Mop’. Finalement,  nous sommes amenés à reconstituer des stocks d’énergie qui n’ont pas été vidés…

L’action des hormones du stress est à double tranchant : ce sont des alliées qui permettent de se défendre face à une menace imminente, mais notre système de survie est incapable de faire le distinguo entre un séisme et un bug informatique et réagit dans tous les cas comme si c’était une question de vie ou de mort…

D’autres effets néfastes plus ou moins directement liés à un excès de cortisol sont à noter à court ou long terme :

  • Si le mécanisme de protection est trop sollicité, le cortisol peut venir à manquer et un taux trop faible peut mener à l’anxiété et à l’épuisement.
  • L’excès de cortisol dans le sang entraîne un affaiblissement du maintien et de la régénération musculaire.

Quand cortisol et adrénaline sont produits un peu plus chaque jour, le corps cherche en permanence à renouveler ses réserves d’énergie en accroissant la masse grasse, principalement au niveau abdominal, car  les glandes qui secrètent le cortisol sont situées au dessus des reins : l’accès au tissu adipeux en cas de mobilisation nécessaire des réserves est ainsi facilité. Or c’est la graisse autour des viscères qui est la plus liée au risque de maladies cardio-vasculaires.

Une élévation continuelle de l’hormone de stress peut affaiblir le fonctionnement thyroïdien et de ce fait ralentir le métabolisme.

Le cortisol est synthétisé à partir du cholestérol : le besoin en cholestérol augmente donc proportionnellement à celui du cortisol ? Or tout le cholestérol n’est pas transformé en cortisol…

Un taux de cortisol élevé bloque la sécrétion d’insuline, afin de maintenir une glycémie élevée. Les cellules deviennent à terme moins sensibles à l’effet de l’insuline, d’où un risque de résistance à l’insuline et de diabète de type 2.

Le cortisol entraîne fuite de potassium et la rétention de sodium, et donc d’eau.

Le cortisol diminue l’absorption intestinale de calcium et favorise donc l’ostéoporose.

Les cycles circadiens (jour/nuit) sont régulés par le cortisol (taux plus élevé le matin et plus bas la nuit) et la mélatonine et peuvent donc se retrouver perturbés en cas de stress.

En cas de stress, la digestion est mise en stand-by, ce qui peut provoquer des troublent gastro-intestinaux.

Les effets physiologiques du cortisol sont donc considérables mais non perceptibles, d’où son appellation d’ « hormone espionne » du stress. Comment faire alors pour baisser le taux de cortisol sanguin ?

Il faut se fier aux effets tangibles de l’adrénaline qui la précède : accélération du rythme cardiaque, bouffées de chaleur, plaques rouges, papillons dans le ventre…La perception de ces signaux d’alarme doit pousser à relativiser la situation ? Le pronostic vital est-il engagé ? Faut-il prendre ses jambes à son cou ? Si la réponse est non, il faut alors utiliser ce surcroit d’énergie pour stopper le processus : les techniques de relaxation, la méditation, le yoga, la respiration contrôlé …sont autant de moyens efficaces éprouvés.

Faire du sport et de l’exercice physique est en outre le meilleur moyen de réduire un niveau de cortisol trop important, mais il ne faut pas dans ce cas se mettre la pression sur la performance ce qui reviendrait à occasionner un stress supplémentaire !

Il s’avèrerait que la caféine pourrait élever les taux de cortisol et d’ATCH, une autre hormone du stress. Or c’est souvent en situation de surmenage et donc de stress professionnel ou scolaire qu’on en consomme beaucoup !

Au final, cela peut paraitre un peu simpliste, mais il faut avant tout faire un travail sur soi, prendre du recul sur les situations de stress, et si les périodes de stress viennent à faire partie du quotidien, il faut peut-être revoir sérieusement son mode de vie…