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Honneur aux morts

Publié le 01 décembre 2011 par Malesherbes

Le 11 novembre, sous l'Arc de triomphe, apparemment sans avoir consulté nos élus, sans doute inspiré par quelque accès de grâce divine, notre impérissable président a prononcé un discours, vraisemblablement écrit par son nègre habituel, Guaino le Hautain, par lequel il annonçait sa décision de changer la signification des commémorations de l'armistice qui a mis un terme à la Grande guerre. Notre Césarillon avait au préalable, via les préfets, intimé à des maires l'ordre de lire ce discours lors des cérémonies du 11 novembre. Ainsi nul n'échapperait à la Sainte parole.

Nicolas Sarkozy a déclaré : " La disparition du dernier combattant du Premier conflit mondial, le 12 mars 2008, et la perspective des manifestations, qui commémoreront dans deux ans le centenaire de la Grande guerre, impliquaient de faire évoluer la portée symbolique de la journée nationale du 11 novembre. " Tiens donc ! Où voit-il donc une implication entre ces éléments et la signification de ces hommages ? Qui honore-t-on par eux, les morts ou les vivants ? Le fait que ceux qui avaient survécu ont maintenant rejoint dans la tombe ceux qui sont morts au combat ou des suites de leurs blessures ne saurait impliquer que l'on célèbre différemment ceux qui ont disparu les premiers.

De même, l'approche du centenaire de la déclaration de guerre ne permet pas de ranger cette période terrible parmi les vieilles lunes. Nombreux sont encore les Français qui ont pu recueillir de la bouche même de leurs anciens des témoignages de ces années sombres où l'Europe s'est suicidée. Petite remarque au passage : ce centenaire interviendra dans trois ans et non dans deux. Mais ce serait sans doute trop demander que d'attendre des incompétents qui nous gouvernent de savoir compter jusqu'à trois.

Notre président a ensuite affirmé : " La pérennité du culte qui est rendu quotidiennement sur la place de l'Étoile au souvenir du Soldat inconnu [...] permet d'établir une filiation directe entre les différentes générations du feu. C'est le même sang, celui d'un même peuple, qui a été à chaque fois versé pour la France et ses valeurs ". Dans ces conditions, pourquoi éprouve-t-il le besoin de mentionner spécifiquement nos soldats tombés au XXI° siècle ? Je n'ai bien sûr pas qualité pour apprécier l'équivalence ainsi établie, mais je ne pense pas que l'on puisse mettre sur le même pied les sacrifices consentis dans la Grande guerre, d'où 1,5 millions de Français mobilisés ne sont pas revenus, au rythme hallucinant de mille morts par jour, et les pertes, fort heureusement beaucoup plus limitées, subies de nos jours dans des opérations extérieures où ne sont engagés que des volontaires.

Quant à ces victimes contemporaines, j'aimerais bien savoir dans quelle mesure la France prend en charge leurs familles : subsistance des veuves et des orphelins, éducation de ces derniers. Je ne suis pas certain qu'on les délivre de tout souci matériel. L'hommage aux morts ne saurait être un moyen commode de faire l'économie d'un soutien aux survivants.


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