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L’oubli de l’art

Publié le 15 novembre 2007 par Gregory71

Une admiration d’enfance, une fascination dans un musée. La mère regarde l’enfant qui regarde et qui se sait regardé. École d’art, formation aux maîtres anciens, discours formant aux discours, dissertations en tous sens. Histoire de l’art et couloirs, escaliers, salles de cours. Voilà d’ou ca vient. Commissaire d’expositions et musées fermés sur eux-mêmes. Monde intimement clôt sur lui-même, parlant de lui, s’adressant à lui, se protégeant et ne s’exposant que de cette suffisance. Autonomisation de l’art? Réification de l’art? On parle d’art puisqu’on s’adresse aux commissaires et qu’il faut bien partager un langage commun, faire croire qu’on leur donne à penser, que les images ne pensent pas assez ou que les mots n’imaginent pas assez, un commissaire croit en cette magie là, il prononce, se tait parfois, attend le moment propice, il est piégé. Et quant au public, cher public, amateurs d’art, étudiants en art, galeristes humant l’air du temps un peu nostalgique du moment ou ils savaient le sentir avant tout le monde, autres artistes amis, plus rarement ennemis ou simplement indifférents, passagers temporaires et peu concernés par l’horizon. Voilà donc, tout se fini en art, humour d’un mot sans sens, sans contenu, sans rien qui produit un domaine sociologique, un effet de bande. Des individus veulent en être, se rassurer de ces amitiés, de ces connaissances, hype, pas hype, peu importe ce sont des déchets de vie. Elle, elle est bien sûr sur un autre terrain. Les bons élèves rabâchent l’histoire de l’art, citent pour s’introduire dans des filiations qu’ils méritent rarement puisqu’ils n’héritent que du mobilier. D’autres, élèves attentifs parlent du milieu de l’art, de cette réification, autonomisent l’autonomie, les commissaires rougient parce qu’on parle un peu d’eux, gênés et amoureux. Retour d’un art pompier et bourgeois? Oublier l’art pour le faire revenir sous une autre forme qu’ils n’attendront pas, qu’ils n’entendront pas parce qu’ils veulent saisir les choses en un clin d’oeil, comme avec une publicité sur une autoroute, ils n’aiment que la résistance grisante du vent.


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