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Robert Rochefort : "un centre indépendant ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir d'alliances"

Publié le 08 décembre 2011 par Letoutpolitique @letoutpolitique

Robert Rochefort :

L'économiste et homme politique Robert Rochefort, vice-président du Modem, a voulu mettre au clair la position de François Bayrou qui a surpris beaucoup de Français en 2007 et les a détourné du centre.

De l'UDF au MoDem

En 2007, François Bayrou est avec plus de 18% des voix le troisième homme de la présidentielle. Lors de sa campagne, il avait annoncé qu'il créerait "un grand parti démocrate" qui serait "une force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l'action va dans le bon sens, non si l'action va dans le mauvais sens".

Son but était de créer un centre indépendant loin du bipôlarisme gauche/droite afin qu'il y ait au centre une force "soucieuse de l'intérêt général" qui dépasse les intérêts des deux grands partis. A bas donc l'UDF, vieille force du centre-droit français qui pêchait par sa dépendance au RPR puis à l'UMP.

Une fois n'est pas coutume, Bayrou a fait ce qu'il a dit. Mal lui en a pris. La création du MoDem a entraîné divisions et scissions : l'UDF s'est scindé en deux grands mouvements : le MoDem derrière François Bayrou et le Nouveau Centre sous l'égide d'Hervé Morin, ancien bras droit du précédent.

Retour sur l'échec d'une communication

Cette décision de François Bayrou et les disputes qui ont suivi ont suscité l'incompréhension des Français. Sa décision de ne pas prendre position lors du second tour de la présidentielle l'a enfermé dans sa propre stratégie et le MoDem est devenu dans l'esprit des Français le parti du "ni gauche ni droite" jusqu'à l'absurde.

La cote de popularité du troisième homme a d'emblée fondu et un mois après sa création, le MoDem ne recueillait plus que 7% des voix aux élections législatives, contre 18% pour François Bayrou à la présidentielle. Depuis ce jour, le Modem oscille entre 5 et 10% et n'a que trois députés à l'Assemblée Nationale.

Le centre aujourd'hui selon Robert Rochefort

A l'annonce de la candidature de François Bayrou officialisée ce mercredi 7 décembre, Robert Rochefort, vice-président du MoDem, a souhaité préciser la position de François Bayrou qui paraît intenable à beaucoup de Français. Selon lui, un centre indépendant "ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir d'alliances". François Bayrou a d'ailleurs d'ors et déjà annoncé qu'"il prendrait ses responsabilités" s'il n'était pas au second tour de la présidentielle. En d'autres termes, il prendra officiellement position pour l'un ou l'autre candidat.

Robert Rochefort a d'ailleurs rappelé que lors des dernières élections régionales des candidats du MoDem se sont alliés tant à des candidats de droite qu'à des candidats de gauche. Il a ajouté : "un centre indépendant ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir d'ailiances, mais cela veut dire que les alliances ne doivent pas être des alliances aliénantes". La position du MoDem est donc la suivante : créer un centre réellement indépendant sans allégeance à l'un ou l'autre des grands partis, qui peut malgré tout s'allier soit à l'un, soit à l'autre en fonction de la situation et de ce qu'il juge le meilleur pour le pays.

En 2007, François Bayrou avait d'ailleurs refuser de se positionner "non pas parce qu'il ne le voulait pas mais parce qu'il ne le pouvait pas", a rappelé Robert Rochefort. Aucune des deux solutions du second tour de 2007 ne semblait être la bonne pour le troisième homme. Le MoDem veut donc se présenter comme un parti soucieux avant tout de l'intérêt général, bien loin des querelles de partis et de la corruption. Soucieux avant tout de l'intérêt général, le MoDem l'est dans sa volonté de créer une"majorité nouvelle" forme d'union nationale pour lutter contre la crise. "Si cette crise est la crise du siècle, alors il faut qu'on soit tous ensemble pour la combattre" a déclaré François Bayrou jeudi 1e décembre sur France Info. Cette volonté de transcender les clivages et les partis fait désormais parti de l'essence du MoDem.

Une position difficile à tenir?

Certainement, car l'association à l'un ou l'autre des deux grands partis lors d'élections locales passe encore. Mais quand au niveau national, le centre s'alliera, il sera d'emblée considéré comme appartenant à la majorité à laquelle il s'est allié... Dur de revenir en arrière, quand allier à la gauche, il sera accusé par la droite d'avoir fait échouer l'élection du candidat.

Pour autant, sa volonté de créer un centre indépendant est louable. Mais il lui reste à faire un grand travail de pédagogie auprès des Français pour qu'ils puissent croire à la force de ce centre dont on ne connaît pas encore très bien les forces ni la stratégie. Et pour que les Français sortent du bipolarisme.

"C'est peut-être son heure" a déclaré Franz-Olivier Gisbert jeudi 8 décembre dans Des Paroles et des Actes sur France 2. Il lui reste quand même à se faire accepter auprès des Français comme force de stratégie, de décision et d'espoir.


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