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37ème Rallye du Bandama, en Etat de grâce… !

Publié le 12 décembre 2011 par Adrenalineaddict

Enduro-Assinie---Mai-2008-0469.jpgBandama, un nom, un terme devenu générique, un monument du Sport Automobile Africain devenu une légende. Du bord des routes du Monte – Carlo, en passant par celles de Pike’s Peak ou Mombasa, difficile de ne pas croiser un aficionado qui n’ait pas sa petite idée, voire son anecdote sur ce Rallye Emblématique. Voulu par son visionnaire créateur, Jean-Claude Bertrand, comme le Rallye le plus dur au Monde, plus dur même que l’effrayant Safari – Kenya, le Bandama est né en 1969, nous y reviendrons, mais il connaîtra un de ses plus hauts faits de guerre, le plus retentissant en tous cas, en 1972, lors de cette édition, aucun des participants ne ralliera finalement l’arrivée. La presse internationale fera ses choux gras de cet évènement, la célèbre revue Echappement l’adoubera définitivement en titrant : « Rallye du Bandama, le Rallye de l’impossible ! », Jean Claude Bertrand a réussi son pari, SON Rallye devient l’Everest de la discipline, s’y frotter ou le défier devient un acte de courage en soi, une preuve de bravoure.

Le Monde du Sport Automobile se penche dès lors sur la Côte d’Ivoire et sur ces drôles de gars qui, à des milliers de kilomètres de l’hexagone défient les lois de la mécanique, de l’équilibre et de la raison à bord de leurs autos. De 1978 à 1992, le Bandama intègre donc le Championnat du Monde des Rallyes, toutes les stars de la discipline défileront sur nos pistes latéritiques, secoués des fois, bousculés parfois, envoûtés toujours, ainsi Alain Oreille, Stig Blomqvist, Bjorn Waldegard, Hannu Mikkola, Henri Pescarolo, Jean Ragnotti, Jean-Pierre Nicolas, Jean Todt, Juha Kankkunen, Kenjiro Shinozuka, Kenneth Eriksson, Timo Makinen, Manfred Sthol, Michèle Mouton, Walter Rohrl, Timo Salonen et consorts. Le Bandama parcourt, à cette époque là près de 5.000Kms !

Rapidement, les coureurs locaux tirent aussi leur épingle du jeu et commencent à accéder aux marches du podium, ainsi verra-t-on s’illustrer les Mitry, Choteau, Servant, Tauziac (vainqueur en 1990), ou encore Alain Ambrosino qui l’emportera en 1988 !

Retour donc, comme promis en 1969, cette année là, Alain Ambrosino, avec son permis de conduire de moins d’un an en poche et des rêves de gloire plein la tête, s’aligne au départ du Bandama au volant d’une R8 Gordini, las, il devra remiser à plus tard sa soif de vaincre, ce premier Bandama marquera la victoire et le pied de nez d’un autre passionné Abidjanais, j’ai nommé Marc Gérenthon, Marc & Hélène l’emportent avec leur R8 Gordini au nez et à la barbe du gotha du Sport Auto Ivoirien !

Alors, comme les légendes ont la peau dure et tant que les princesses et les chevaliers feront rêver les jeunes enfants, Alain Ambrosino tout juste élu Président de la FISA a voulu son retour aux affaires comme un retour aux origines, à la source, résultat, comme le disait très justement un ami sur sa tweetline, ce nouveau Bandama sent bon le « retour vers le Futur », retour à l’esprit du Bandama.

Et à célébrer l’évènement en grand, même les astres s’y mettent, ainsi, le week-end précédent Bjorn Waldegard remporte le Safari Classic au Kenya, comme un clin d’œil adressé à son ancien compagnon d’écurie Ambrosino, les talents d’hier sont toujours présents sur les podiums actuels, la magie des Rallyes Africains opère toujours, la légende se nourrit de leurs exploits et le rêve continue.

La scénographie en place (Organisateur P. Namé – ASACCI / Directeur de Course N. Zarour), le parcours dessiné (405,60 kms dont 259 de spéciales entre Grand Bassam, Bonoua, Alépé, Samo, Assinie), le timing établi (2 étapes, 5 sections, 16 spéciales), ne manquaient plus que les concurrents, pas moins de 16 répondront à l’appel du chrono, venu avec tous un seul objectif en tête, défier le Bandama et le finir…

Comme dans toutes les Légendes il faut souvent terrasser une créature extraordinaire ou accomplir quelque exploit surhumain pour obtenir son statut de preux Chevalier, il en est ainsi depuis Hercule ou le Minotaure. Et seules les âmes pures triomphent de l’insurmontable nous dit-on dans ces Contes & Légendes, alors, le Bandama sera-t-il digne de sa Légende, quel mortel invitera-t-il à son banquet ?

Autant de questions que les 16 équipages au départ se sont forcément posées au moment de défiler ce samedi 3 décembre à 10h sous les regards protecteurs d’Alain Ambrosino et Marc Gérenthon et sous les regards admiratifs et respectueux des centaines de spectateurs présents au fil du parcours !

Au départ, tout le monde guette l’équipage quadruple Champion de Côte d’ivoire, Soumaoro Moriféré – Garcia Philippe sur leur Mitsubishi Evo9, mais on cherche aussi à approcher tous ces autres conquérants de l’Ogre Bandama, Malherbe/Brion (Subaru Impreza N10), Bottari/Le Parlouer (Subaru Impreza Gt), Jaber/Rousseau (Mitsubishi Evo8), Molinié/Tribout (Mitsubishi Evo7), Bottari/Oury (Citroën Xsara), Farhat/Farhat (Nissan Pulsar), Gamallo/Alain (Peugeot 205), Nobou/Kouadio (Toyota), Cissé/Kouamé (Subaru Impreza Gt), Chaynes/Comas (Mitsubishi Evo6), Bakary/Konan (Subaru Impreza N12), Fané/Fané (Peugeot 205), Gigault/Cicoira (Peugeot 205), Abondio/Richard (Peugeot 205), Ouattara (Peugeot 205), les fauves sont lâchés, le Bandama va méthodiquement broyer leurs rêves, torturer leurs mécaniques et éprouver leur physique !

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Après seulement une section et 3 spéciales, ce sont déjà 7 voitures qui manquent à l’appel, les mécaniques, les hommes et leurs efforts n’ont pas eu le dessus, le parcours du Bandama, la pression des adversaires, la fatigue déjà, d’organismes soumis à des contraintes très éprouvantes (parfois près de 60°C dans les habitacles) procèdent à une sélection « naturelle »…

Quelques heures plus tard, au crépuscule, alors qu’ils s’apprêtent à prendre le départ de la dernière section du samedi, de nuit dans un interminable aller-retour sur Alépé ils ne sont plus que 4 à se battre pour le podium final !! Soumaoro/Garcia devancent de près de 8 minutes Malherbe/Brion, Molinié/Tribout sont en embuscade juste derrière et enfin Farhat/Farhat ferment le rang.

Samedi 3 décembre, 21h30, ils sont de retour à Grand Bassam, à l’assistance, Malherbe/Brion ont cédé leur 2ème place à Molinié/Tribout mais les 4 sont encore là, la nuit, courte, est agitée, le Bandama se jugera au terme de la section dominicale de 5 spéciales, un morceau de bravoure !

Dimanche 4, 10h, ils s’élancent, suivi de 4 autres courageux équipages qui ont souhaité repartir en Super Rallye pour vivre cette fête masochiste jusqu’au bout !

Dimanche 4, 14h, c’est un équipage Soumaoro Moriféré/Garcia Philippe qui franchit l’arrivée en grand vainqueur, ils ont surmonté un à un tous les obstacles de ce Bandama, leur âme est pure, leur sourire triomphant, mieux, ils sont en véritable état de grâce, de ces instants où la vie vous donne l’occasion de vous transcender, de magnifier votre art, de survoler les écueils, Molinié/Tribout finissent seconds, Malherbe/Brion sont troisièmes et Farhat/Farhat terminent 4èmes.

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Au final ces quatre équipages là ont vaincu mais croyez moi, aucun de leurs adversaires n’a démérité, seul le Bandama, finalement, était là pour jouer…

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