Acheter des produits français, faire preuve de patriotisme économique, consommer français pour sauver des emplois… ces différentes injonctions ont été entendues ces jours-ci dans les bouches de Bayrou (Bérou), Hollande ou Sarkozy. Bien sûr, ils ne disent pas que cela, puisqu’ils parlent également des recettes classiques (celles qui ne marchent pas depuis 20 ans) : formation, innovation, allégement des charges sur les entreprises, gains de valeur ajoutée, politique de filière… Mais voilà : pour rompre avec la spirale de la désindustrialisation, désormais le consommateur doit devenir consom’acteur, et prendre toute sa part dans le redressement de l’industrie nationale.
Plusieurs analystes ont pointé la prévisible inefficacité du procédé : acheter français par solidarité ça peut marcher quelques temps, mais à la fin on privilégie généralement le meilleur rapport qualité-prix. Et puis, à l’heure de la mondialisation, qu’est-ce qu’un produit français ? L’ensemble de la chaîne de valeur doit-il être localisé sur le territoire national ? Ou simplement une partie : la conception amont, la transformation, l’assemblage final ? Poser la question étant le meilleur moyen de ne pas y répondre.

Pas étonnant finalement que ce soient les candidats du système néolibéral (Sarko, Bayrou, Hollande) qui mettent en avant cette responsabilité du consommateur, alors que les raisons de la désindustrialisation de la France sont certainement davantage de nature systémique et structurelle.
Ce qu’ont naturellement intégré les candidats s’intéressant davantage au collectif qu’à l’individu, et qui proposent à ce problème structurel des réponses structurelles : fermeture des frontières nationales et mise au pas des banques pour le FN, protectionnisme européen pour le Front de Gauche.
