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Grosse fatigue…

Publié le 20 décembre 2011 par Alteroueb

Cuicui a raison. En cette fin d’année, il est temps pour moi de décrocher un peu, et de me consacrer entièrement à mes proches pour me ressourcer. Ces derniers jours de 2011 sont de trop. Je suis fatigué, physiquement et dans ma tête, à lutter partout contre les vents dans une société qui ne veut plus des précaires, des chômeurs, des fonctionnaires, des basanés, des grevistes, des gens différents… et qui le fait ouvertement savoir.

Ca fait longtemps que ça suffit...
J’avais repris sur un fil des leftBlogs une illustration bien parlante du bilan de l’UMP au pouvoir depuis des lustres, et en ai fait un billet, comme pas mal d’autres blogs, jusqu’à ne voir que cela… Cuicui a raison : la blogosphère tourne en rond, incapable de sortir du cercle d’une poignée de brillantes plumes qui dévorent quantités de pages du net et se rendent liens pour liens. Mais cela reste un bien petit univers, cantonné à quelques rares exceptions à sa mouvance, et ignoré assez largement par l’électeur de base, dont la couleur du bulletin de vote reste la plupart du temps lié à son éducation quand ce n’est pas celle du dernier qui a parlé… Les projets et l’argumentaire qui va avec ne sont que décorum, et l’influence des blogs en politique une vue de l’esprit. Je ne blogue d’ailleurs pas pour cela, et heureusement.

Ce mois de décembre est d’une pénibilité extrême. Aux inévitables bilans et rétrospectives de fin d’année, histoire de bien rappeler la situation dans laquelle on se trouve, il faudra encore avaler pas mal de nouvelles couleuvres. Avec l’accumulation des mauvaises nouvelles, je suis sidéré par le peu de résistance dans le pays. Pire, l’aptitude des gens déjà écrasés par la crise à s’en prendre, non pas aux responsables, mais à ceux pareils qu’eux, leurs voisins d’infortune, qui survivent comme ils peuvent dans cette jungle moderne, me glace. Dans ma consternation, j’en ai même oublié de faire un billet pour des causes qui me tiennent à cœur. C’est à vomir.

Au détour de quelques conversations, certaines réactions sont éloquentes : c’est désormais le smicard qui fustige le chômeur en le traitant de nuisible, de profiteur, de responsable de la crise. Et que dire du carré qui se débat encore un peu, et utilise la grève comme ultime moyen de se défendre. Je peux comprendre la situation actuelle du voyageur bloqué, pris en tenaille dans un conflit qui le dépasse, mais je ne comprend pas les réactions d’une violence inouïe contre les salariés. On ne fait jamais la grève par plaisir, cela n’existe pas. On ne choisit même pas de la faire, elle s’impose à vous parce que la situation n’est plus supportable, parce que la discussion est impossible, parce qu’on a largement franchi l’intolérable. Je n’ai jamais fais la grève sans avoir la rage et une grosse boule dans le ventre qui vous ronge 24 heures sur 24. Parce que la grève est un conflit, dans lequel le «preneur d’otage» est autant du coté de l’employeur que des salariés, mais curieusement, seuls les grévistes sont vilipendés, pas un mot sur les raisons de leur arrêt de travail. Le gouvernement n’a pas tardé : bientôt, le salarié lambda sera totalement muet, et toujours plus flexible : le droit de grève va être très encadré. Mais toujours rien pour les patrons voyous et exploiteurs.

Je fatigue, je radote. Quelques jours loin des écrans me feront du bien.

Passez tous de bonnes fêtes.


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