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Municipales : à Nîmes l’élection est loin d’être jouée

Publié le 04 mars 2008 par Frontere

Municipales : à Nîmes l’élection est loin d’être jouéeA Nîmes huit listes se disputeront les suffrages des électeurs à l’occasion du 1er tour des élections municipales ce dimanche 9 mars.

Malgré ses divisions la droite (U.M.P., Nouveau Centre) a su partir unie derrière le maire sortant Jean-Paul Fournier, représentant local de Nicolas Sarkozy ce qu’il cherche à faire oublier. Elle pourrait arriver en tête de ce premier tour, ce qu’elle a anticipé sans scrupules, la liste s’intitule Nîmes en tête, mais un score en deça de 40% des votants constituerait un premier avertissement.

Cette liste se verra concurrencée à sa droite par la liste Nîmes fait Front conduite par Lucien Ruty. Le F.N. est en recul au plan national, il a perdu beaucoup de militants et de cadres et les caisses sont vides, la liste aura du mal à atteindre 10%, seuil qui lui permettrait de se maintenir au second tour, mais elle pourrait dépasser 5% en l’absence d’une liste M.N.R. (Bruno Mégret), présente en 2001, ce qui l’autoriserait à fusionner avec la liste de Jean-Paul Fournier au 2e tour … à moins que pour sanctionner le climat des affaires autour de la municipalité sortante Lucien Ruty n’appelle à voter contre le maire sortant le 16 mars. 

Une autre liste Etre ensemble, elle est conduite par Philippe Berta, a obtenu le label du Modem, et espère provoquer une triangulaire au 2e tour ce qui est à sa portée au vu de la campagne plutôt dynamique conduite par M. Berta. Un score de l’ordre de 12% est possible.

A gauche, pas moins de cinq listes seront en présence : listes conduites respectivement par Alain Clary, Bernard Casaurang, Silvain Pastor, Jean-François Detrie et Kristine Charmasson.

La liste d’Alain Clary Nîmes en mouvement devrait arriver la première de ces cinq listes, soit en 2e position parmi les huit listes. Son score pourrait dépasser 20% car elle a su rassembler des communistes (Alain Clary, Catherine Bernié-Boissard, Sylvette Fayet), des socialistes pour l’union (Alain Fabre-Pujol, Catherine Calmet, Emmanuel Carrière), des régionalistes (Martine Aguilera), des écologistes et/ou des personnalités de la société civile (personne physique : Alain Masseguin, comme personne morale : association citoyenne Nîmes simplement de Pierre Viala).

La liste de Bernard Casaurang, Energie Nouvelle, malgré le soutien de la fédération du P.S., du P.R.G. et du M.R.C., est à la peine, créditée dans un premier sondage du Midi-Libre de 18%, elle a été ensuite située à 15% mais les dernières estimations lui donneraient moins. La campagne ne décolle pas, beaucoup reprochent à Bernard Casaurang d’avoir divisé à la fois la gauche, en refusant l’union, et le Parti Socialiste dont un certain nombre de cadres importants sont absents de la liste :

Françoise Dumas, proche de Damien Alary, président du Conseil général du Gard, pourtant candidate aux élections législatives en 2007, écartée sans ménagement, Bernard Finiel, à l’origine de la création d’une grande section socialiste Nîmes-Nord, viré sans aucun égard, Alain Fabre-Pujol, ancien député du Gard, invité à se faire porter pâleDanièle Cazès qui, du coup, se présente dans le 2e canton contre la candidate investie par le P.S. ce qui aurait pu être évité ; on pourrait ajouter Catherine Calmet (conseillère municipale sortante) ou encore Françoise Akoum, laissée pour compte, elle qui a beaucoup travaillé sur l’enseignement, elle fut conseillère municipale (P.S.), déléguée à l’université et à l’enseignement supérieur jusqu’en 2001.

Bernard Casaurang mène une campagne dépolitisée (peu d’attaques contre la droite) et très technique, or, dans ce registre le candidat investi par le Modem se montre meilleur.

Notons qu’un sondage T.N.S. - S.O.F.R.E.S. réalisé fin novembre 2007 pour TéléMiroir, télévision locale, donnait un taux de notoriété de 91% à Alain Clary contre seulement 29% à Bernard Casaurang. La question à laquelle il fallait répondre était la suivante : « Avez-vous entendu parler ou connaissez-vous, ne serait-ce que de nom, les personnalités suivantes? (dans une liste de dix noms). 

La liste des Verts, Nîmes avenir écologie, conduite par Silvain Pastor, se fixe pour objectif de dépasser 5% mais l’écologie n’a pas vraiment la côte à Nîmes, ce qu’on peut regretter, et une autre liste écologiste N.E.C., acronyme de Nîmes Ecologie Citoyens, est présente. Les sondages situent l’une et l’autre de ces listes autour de 3%.

Enfin l’extrême gauche (L.C.R., Alternatifs) présente une liste, Nîmes luttes solidarités, qui propose la gratuité de l’eau et des transports sans dire qu’il n’y aura pas de gratuité puisque c’est la fiscalité (impôts locaux) qui compensera les recettes tarifaires perdues (il faudra bien payer d’une manière ou d’une autre!), or Nîmes est déjà une ville où les ménages sont très imposés ce qu’un rapport de la Chambre Régionale des Comptes a souligné. Cette liste devrait obtenir, elle-aussi, autour de 3%. Au-delà de 5% elle demanderait une fusion technique - donc sans accord politique - avec la liste conduite par Alain Clary dans le but d’avoir un ou plusieurs élus.

Résumons la problématique de l’élection municipale à Nîmes : une droite déjà rassemblée mais qui n’aura guère de réserves pour le 2e tour, une gauche désunie mais avec une liste qui semble s’être détachée, Nîmes en mouvement. Raison de plus pour voter pour elle dès le 9 mars, si vous voulez voter efficacement.

On le sait : la dynamique d’une victoire, qui paraît possible, est conditionnée par un score très élevé au 1er tour. Et, sinon, la session de rattrapage pour les sympathisants et les électeurs de gauche aura lieu le 16 mars, et là il n’y aura pas d’appel.


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