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Le début de Already Dead, de Johnson

Publié le 04 mars 2008 par Untel
On rencontre un type, Van Ness, qui, dans sa Volvo, longe la côté californienne. Il délire avec le plus grand sérieux, il est manifestement au moins un peu cinglé alors on a envie de voir ce qu'il va faire, et même on essaie de comprendre au juste ce qu'il fait, pourquoi il évite de prendre certaines routes, ce qu'il regarde.
Au cours du premier chapitre on croise, avec Van Ness, ceux qui seront les personnages du roman. On ne les rencontre pas, on les croise seulement, un flic, une fille qu'il prend en stop, il marche sur les lunettes de l'autre, deux faux chasseurs qu'on prend pour des bûcherons, qui sortent de taule. Il cause avec un de ses potes de Wittgenstein, de l'attitude de Wittgenstein, comme si ça vie dépendait de la réponse que lui apporte, grand prince, son pote camé, qui lui aussi délire avec le plus grand sérieux, avec angoisse même. Ces types sont tous plus ou moins dangereux, même s'ils sont tous possédés par une folie qui leur est propre, et on ne peut pas ne pas se demander qui va finalement faire la peau de qui, et comment ils vont réussir à se calmer.
Johnson nous ballade ensuite, du cerveau affolé d'un trafiquant à celui d'un camé, de la langue d'une Autrichienne à celle d'un narrateur omniscient, d'une caravane à une grande propriété, du brouillard de LA, sa pollution, à l'odeur des champs de cannabis, d'une tentative de meurtre à une tentative de suicide, bref il nous fait tourner en bourriques - dirait ma grand-mère - dans un monde bizarre ; la Californie est une terre étrange, magique même, dans l'esprit de ces types. Surtout que Johnson ne nous accorde pas le luxe d'une narration linéaire, les épisodes étant fournis dans un désordre narratif, qui fait qu'une fois on se demande ce qui va se passer, et une autre ce qui a bien pu se passer entre temps. Les personnages qui ne faisaient que se croiser, ou s'ignorer, se rencontrent peu à peu, ou continuent de vivre en parallèle un moment, sans doute parce qu'il est difficile de faire la jonction entre tous les rêves et paranoïas de tous ces cinglés de Californiens. On craint le pire pour eux mais on se marre pas mal.

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