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Un autre monde est-il possible?

Publié le 14 décembre 2007 par Jjplm5

 

   Ce titre rappelle directement l'affirmation altermondialiste selon laquelle "Un autre monde est possible". Je n'entends pas m'opposer à cette affirmation. Mais, un moment la laisser - la laisser se répéter, la laisser discuter avec la liitérature, celle de "Fugue" (cfr. un peu plus bas), de l'art de la fugue de Roger Laporte. A priori, je n'aime pas renvoyer à des billets précédents, mais il me paraît ici inévitable que je le fasse.

   Je reprends l'exergue de "Fugue", la définition de "fugue" - telle que la donne Roger Laporte : "La fugue est une composition musicale écrite dans le style du contrepoint et dans laquelle un thème et ses imitations successives forment plusieurs parties qui semblent 'se fuir et se poursuivre l'une l'autre' (Rousseau)", Dictionnaire Robert.

   Je vais maintenant citer "Lautréamont et Sade" de Maurice Blanchot, des lignes fascinées et, il me semble, fascinantes (je souligne le mot fascination en précisant immédiatement qu'elle n'est pas, la fascination, le propre de la littérature). J'ajoute encore que Roger Laporte connaissait fort bien ces lignes et qu'il les a plus d'une fois méditées. Qu'en les lisant on ne perde pas de vue l'exergue de "Fugue". Voici (comme il apparaît de suite, il s'agit de "Maldoror" de Lautréamont) : "Car, à lire Maldoror, on sent une poussée si obscure du dehors vers le dedans, une alternance si obsédante d'apparitions et de disparitions, de mouvements d'approche et de mouvements de recul, un système si complexe d'astres s'éclipsant et s'éclairant, que nul lecteur ne peut, à un certain moment, résister au désir de hâter une telle mise au jour ni de porter une main impatiente sur cette 'réalité' encore à naître. (...). Il n'est sans doute aucune oeuvre où, d'une manière aussi obstinée, les situations, les 'scènes', les thèmes, les images, tout se répète, tout revient toujours à la surface, puis s'éloigne dans les profondeurs, puis émerge à nouveau et à nouveau se retire. On pense à une sorte de gravitation planétaire qui, par des règles d'une complexité extrême, imposerait, à des moments périodiques exactement calculés, le retour de tous ces corpuscules devant nos yeux, pendant le court instant où ils se composent et forment un ensemble visible, avant de se désagréger pour accomplir la partie nocturne de leur parcours. Mais cette figure est encore moins exacte que celle des 'tourbillons' (j'ajoute, jp, cfr. "Suite" de Roger Laporte) qui, en définitive, ne l'est pas non plus tout à fait. Car ces corpuscules, s'ils réapparaissent avec une périodicité peut-être calculable, réapparaissent autres qu'ils n'étaient : ils ont subi une transformation souvent radicale, ils ont comme éclaté en route ou empruntés à leurs rapports momentanés avec d'autres des possibilités nouvelles de nature et de figure. Nous avons dit que tout se répète, mais, aussi bien, rien ne se répète, et les thèmes, les situations reçoivent du mouvement qui assure leur retour un changement qui empêche ce retour : ce qui revient, c'est une autre situation et c'est un autre thème qu'on ne reconnaît pas. Il serait certainement peu exact de vouloir comparer ces phénomènes aux enchantements réglés de la composition musicale (...)".

 

   Reste que les textes s'expliquent, que Roger Laporte "répond" à Maurice Blanchot, relance le débat. C'est un aspect passionnant de la lecture de "Fugue" - et des textes qui ont suivi.

   Chaque texte est, en "même" temps, une grille de lecture. Certain(e)s diraient peut-être un logiciel de lecture. Bien entendu, il en est de plus puissants que d'autres.

   Que donne "Fugue"?


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