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Des nouvelles du souverainisme européen

Publié le 03 janvier 2012 par Edgar @edgarpoe

Guillaume Duval, d'Alternatives Economiques, a publié dans Libération un article titré "2012, l'Europe sous tutelle", republié sur le site d'alteréco.

Je ne lis pas Alter Eco, que je trouve bien peu alter en réalité.

Dans son papier, Duval commente les récentes décisions européennes, qui consistent à prêter au FMI pour qu'il reprête à des états européens en difficultés.

Ce jeu de mistigri n'est pas sans conséquences, que Duval souligne : c'est le FMI qui deviendra tuteur de l'Union européenne en cas d'intervention. Conséquence : "[cela] signifierait que cinq Etats de la zone, et pas des moindres, seraient placés durant de longues années sous la tutelle d'une organisation qui ne prend ses ordres ni au Parlement européen, ni dans les Parlements nationaux des pays européens ni même au Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement, mais à Washington auprès de son conseil d'administration."

Pour Duval, c'est une atteinte intolérable à... la souveraineté européenne : "Le plus rageant dans ce renoncement volontaire à la souveraineté européenne est que l'Europe n'a en réalité aucun besoin de fonds extérieurs pour résoudre sa crise. Ses comptes extérieurs sont équilibrés et l'épargne de ses ménages est abondante, trop même en France, en Italie ou en Allemagne. Le problème - le seul, mais il est visiblement rédhibitoire - c'est qu'il faudrait s'entendre entre nous sur la façon de mobiliser ces moyens et de nous entraider. Incapables d'avancer sur ce terrain, les chefs d'Etat et de gouvernement ont donc préféré, le 9 décembre dernier, confier les clés de l'Europe au FMI."

Donc la souveraineté est bien la condition de la démocratie, et c'est une valeur positive. Et la France, aussi petite soit-elle jugée par les alters et les Alain Minc réunis, n'a jamais été placée pendant des années sous la tutelle du FMI.

Donc les plaidoyers pour l'Europe ne peuvent être menés au nom d'une lutte contre la souveraineté qui serait une valeur néfaste, puisque élevée au niveau européen la souveraineté devient un bien à défendre. Ils ne peuvent non plus être menés au nom de l'efficacité européenne, tant l'actualité montre l'échec de cette construction que personne ne soutient.

De fait, les partisans de l'Europe ne peuvent plus jouer que sur la peur, comme l'a écrit Laurent Pinsolle.

Il s'agit de ne pas se laisser effrayer. Bonne année !

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