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Les stations de ski en danger face aux changements climatiques

Publié le 03 janvier 2012 par Sequovia

Les stations de ski en danger face aux changements climatiquesL’enneigement est la condition sine qua non de la subsistance des stations de ski. Or, à l’heure du réchauffement climatique, l’enjeu n’est pas seulement de lutter contre les émissions de GES mais aussi de trouver des alternatives viables pour leur survie.

  • Des stations de ski menacées

Selon Christian Pagé, spécialiste des scénarios climatiques au Cerfacs (Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique) : «Le réchauffement aura un impact assez fort sur l’enneigement dans l’ensemble du massif alpin». Les plus touchées seront les stations de basse altitude dans les Alpes du Sud, car elles sont sous l’influence des courants méditerranéens. Il faut noter que les canons à neige seront inutilisables en raison de la hausse des températures.

Le phénomène a déjà commencé. Par exemple, en janvier dernier, 40 saisonniers se sont retrouvés au chômage technique pendant trois semaines dans la station de Saint-Pierre de Chartreuse (dans l’Isère), et cette année quatre employés ont été licenciés. La station de Ceüse, dans les Hautes-Alpes, est quant à elle restée fermée tout l’hiver en raison d’un manque d’enneigement.

Selon Christophe Chaix, géoclimatologue de l’Observatoire savoyard du changement climatique : «La quantité de neige a diminué de 30% en 30 ans. Trois fois plus vulnérables aux changements climatiques que le reste de la planète, les Alpes ont vu depuis les années 1980 leur température augmenter de 1,5°C, ce qui a eu pour effet de remonter la limite pluie-neige. Mais à long terme, ces stations qui sont en première ligne du réchauffement climatique ne sont pas viables».

  • Des initiatives écologiques en plein essor…

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses initiatives écologiques ont vu le jour dans les stations de montagne. Parmi elles, on peut citer l’ANMSM (Association Nationale des Maires de Stations de Montagne) qui a lancé en 2007 une charte Développement Durable en coopération avec l’Ademe et l’association Montain Riders.

L’année dernière, 10 stations de ski ont publié leur bilan carbone. On constate que le principal poste d’émission est le transport des personnes (57% des émissions, contre seulement 2% pour les activités liées à la pratique du ski).

On peut aussi mentionner le projet « Flocon vert » lancé cet hiver par l’association Montain Riders, qui est un projet de label pour les stations de ski, dont la mise en œuvre est prévue pour 2014.

  • … Mais un modèle qui n’est pas durable

Ces initiatives sont saluées, mais leur impact ne sera pas suffisant pour sauver les stations de montagne, selon des associations comme Mountain Wilderness ou la CIPRA (Commission Internationale pour la Protection des Alpes).

Le tourisme est la principale source de revenu en montagne, et en particulier dans les Alpes puisque le chiffre d’affaires lié au tourisme est estimé à 50 milliards d’Euros et 10 à 12% des emplois (selon l’OCDE). Aujourd’hui, l’enneigement est fiable pour 91% des domaines skiables alpins. Mais avec une augmentation de la température de 1°C, ce chiffre passerait à 75%, et à 60% en cas de réchauffement de 2°C.

De plus, la ressource en eau pourrait se raréfier selon l’AEE (Agence Européenne de l’Environnement) avec des effets négatifs sur les écosystèmes et l’accès à l’eau potable.

Les stations ne peuvent plus compter sur le taux d’enneigement et une ouverture 3 mois dans l’année pour faire leur chiffre d’affaires. En effet, le remplissage estival des stations de ski ne dépasse pas les 15 ou 20%. Elles doivent désormais réfléchir à des modèles alternatifs comme le développement d’autres sports en plein air (canyoning, VTT…) pour l’été ou capitaliser en hiver sur les vacanciers qui ne skient pas. Mais ces initiatives restent encore très marginales.

  • Avis Sequovia

Les stations de ski, véritables vaches à lait depuis des décennies, sont basées sur un modèle entièrement dépendant de la météo et du climat.  Ce modèle ne pourra donc plus fonctionner à long terme car trop incertain en raison du réchauffement climatique. Preuve en est les quelques stations de basse altitude qui ont déjà souffert du manque d’enneigement.

En plus du grand nombre d’emplois (notamment saisonniers) en jeu, le problème d’enneigement peut avoir des impacts environnementaux, puisque la neige contribue aussi au remplissage des nappes d’eau souterraines. De plus, l’utilisation abusive des canons à neige est extrêmement consommatrice d’eau et requière un investissement important. Si les stations de ski espèrent survivre à long terme, il est donc urgent pour elles de diversifier leurs activités ou de trouver des solutions alternatives.


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