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153° On y va tout droit....

Publié le 04 mars 2008 par Jacques De Brethmas

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Malgré les perspectives de victoire de la gauche et la râclée qui s'annonce pour les UMP et consorts, je m'avoue très démoralisé à l'approche des élections de dimanche prochain.

La gauche qui va les gagner n'est qu'un grand corps puissant sans cerveau, et la droite qui va se faire étriller une cohorte de vautours aux abois qui racle les fonds de tiroir, investissant ici un divers droite en lieu et place de son titulaire, ailleurs un transfuge du Front National, dans le Nord un homophobe multirécidiviste moultement condamné, à Bordeaux un vieux cheval de retour qui essaie de nous faire oublier les grèves historiques dont il fut la cause... Une part non négligeable de ses candidats n'arborent pas le sarkozique logo de l'UMP sur leur affiche...

La victoire de l'opposition va propulser une gauche dans deux directions, une modérée qui va pontifier, et une plus extrême qui, malgré son expansion, restera réduite à organiser des manifs sans jamais siéger sérieusement nulle part. D'ailleurs, elle ne prétend pas au pouvoir. Le centre restera le club des arrivistes sans convictions, continuant à voter au gré des situations là où la soupe est meilleure.

La droite va achever d'exploser, avec d'une part une tendance présidentielle dont les wagons poussent maintenant la locomotive, et d'autre part des tentatives de reconquête de crédibilité qui risquent bien, en tirant dans tous les sens, de faire long feu.

Il va encore y avoir des transfuges, - pardon, « des ouvertures » qui vont contribuer à l'aspect ébouriffé et alimentaire du spectacle politique, des alliances contre-nature pour conserver par devers soi la bonne gamelle, des commissions qui feront l'unanimité contre leurs cogitations, des gens qui vont faire le contraire de ce qu'ils ont dit, et surtout plein d'autres qui vont continuer à ne rien faire sans cesser de donner des leçons.

Et donc les SDF continueront à coucher dans la rue, les retraités à voir leurs pensions s'effriter, les salariés à voir leur traitement stagner, et 80% de la population à regarder avec impuissance se dissoudre son pouvoir d'achat.


Toutes les tendances vont se perpétuer, les riches seront plus riches, les pauvres plus pauvres, les réformes plus dirigistes et récupératrices, et notre image internationale plus grotesque.

Ce n'est pas le genre d'élections qui vont reconstruire le paysage politique...

Quand j'étais gamin sévissait sur radio-Luxembourg, qui ne s'appelait pas encore RTL, une chroniqueuse politique bien conservatrice, qui jouait à faire peur aux Français. Elle brandissait dans chacun de ses pensums d'horribles spectres de désordre plein de bolcheviks pour garantir à la droite omniprésente une rente électorale sans défaut. Cette marionnettiste de l'horreur s'appelait Geneviève Tabouis, -on l'appelait Tarbouif à l'école-, et toutes ses interventions commençaient par « Attendez-vous à ce que ».

C'était le bon temps où on s'attendait encore à quelque chose, même si les imprécations de cette Cassandre promettaient toujours des choses qui ne se produisaient jamais.

Aujourd'hui, elle n'aurait même plus de fantasme à promettre...

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