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Le Jeudi du Parti Radical : Volet économique

Publié le 28 février 2008 par Khazee
S'il est un monde où réside tout un tas d'expressions françaises ayant un penchant pour la violence, c'est bien le monde politique. Pressés par l'opinion populaire, les hommes politiques s'aventurent dans une langue où les termes doivent être forts, puissants et donc souvent violents. De cette violence émanent souvent, dans l'imaginaire, des actes sordides, comme si les hommes politiques étaient des bêtes aux fantasmes morbides.
Quel genre de mots ? En début de semaine, vous entendiez peut-être notre Premier Ministre utilisé "opération coup de poing". Quelle expression surprenante ! Surtout quand on voit l'annonce par la suite. Oui, car dans cette surenchère de termes de plus en plus violent, qui permet à l'homme de se démarquer des autres, le plus lamentable est que les actes ne sont plus à la hauteur. A la démesure des mots s'accompagnent inévitablement la déception. Tout comme on pourrait dire à son gamin : "Je vais t'acheter la glace la plus gigantesque que la Terre n'ait jamais porté". Si l'action suivante est une livraison sorbet 2 boules... le gamin a de quoi rire et être déçu.
Ainsi, les gens sont de plus en plus déçu des politiques qui palabrent utilisant des termes toujours plus forts les uns que les autres avec des actions qui s'en suivent, toujours aussi habituelles et sans extravagances.
Imaginez maintenant un parti radicalement différent qu'on pourrait nommé "Parti Radical" (à juste titre) employant des termes forts, empreintant dans le champ lexical de la violence, et dont les actions qui suivent sont à la hauteur du discours. Vous imaginez un peu ce qui pourrait se passer ?
Prenons par exemple des termes entendus il y a quelques temps concernant l'économie dans notre pays et notamment la pauvreté. Chacun de nos hommes politiques y allait à l'enchère, à celui qui pourrait proposer le verbe le plus fort contre la pauvreté. Par exemple, nous avons entendu "éliminer" ou encore "éradiquer la pauvreté". Quels termes surprenants : de là à imaginer l'éradication des pauvres il n'y a qu'un pas. Et étant donné que nous avons un vrai parti radical, imaginons maintenant (dans un jeu morbide, je vous l'accorde ; âmes sensibles s'abstenir !) quelle pourrait être l'action envisagée par un gouvernement de ce parti au pouvoir.
Eradiquer les pauvres... oui, mais pas n'importe comment. La forme doit y être. En effet, lorsqu'on parle de pauvreté au sein du gouvernement, c'est un sujet brûlant. Il convient donc de déplacer le feu siégeant au gouvernement et de le mettre à un endroit où les pauvres sont concentrés ; par exemple, dans les CAF ou les Restos du Coeur. C'est horrible ? Oui, mais bon, aux grands maux les grands remèdes. Imaginez les bénéfices de l'éradication des pauvres : plus de pauvreté, moins d'impôts à payer puisque l'Etat n'aurait plus à leur fournir d'aides, de nouveaux logements, plus de mendiants, etc... Les avantages sont nombreux...
Ainsi, lorsque les pauvres entreraient dans l'un de leurs centres, ils tomberaient (la police pouvant les y aider) dans une fosse : "la Fosse aux pauvres". Ensuite, une fois assez de pauvres prisonniers de ce piège infâme, notre agent de sécurité pourrait y mettre le feu, histoire que la pauvreté parte en fumée. Un vrai parti est un parti qui joint les actes à la paroles...

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