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Parler français

Publié le 04 janvier 2012 par Malesherbes

Le Ministère de l’Intérieur vient de prescrire ceci : « A partir du 1° janvier 2012 le candidat à la nationalité devra prouver qu'il maîtrise le français au niveau "B1 oral", défini par le référentiel des langues utilisées en Europe ». Je  crains qu’une telle épreuve ne puisse être passée avec succès par l’immigré de deuxième génération qui préside notre République.

En effet, lors de l’allocution télévisée qu’il a prononcée ce 31 décembre, Nicolas Sarkozy a une fois de plus maltraité un de nos trésors nationaux, notre langue. Il a en  effet déclaré ceci: « Quand on décide trop tard, le prix à payer est plus cher ». Faute grossière ! Seul ce qui s’achète peut être cher et, si l’on peut acheter des biens, des services, voire des hommes, il n’en va pas de même pour un prix. Pour ce qui est des hommes, à voir ce qui a pu se passer depuis le début de ce quinquennat, certains ne valent pas cher. Mais un prix, lui, est simplement un nombre, qui peut être bas, élevé, mais en aucun cas cher.

On entend régulièrement à la télévision des présentateurs de météo parler de températures chaudes ou froides. Alors que les températures, elles aussi,  ne sont que des nombres. Elles peuvent être basses, élevées, mais ne sauraient avoir la fièvre ou être gelées. Mais il ne s’agit là que de présentateurs, pas du premier des Français, si exigeant à l’égard des immigrés. Si le texte de ses vœux n’est pas de son cru, il nous faut conclure qu’il est, et mal entouré, et maladroit dans le choix de ses aides. 

Il y a  une quinzaine d’années, je participai, en tant que représentant des parents d’élèves à un conseil d’administration du Lycée Chaptal. Des professeurs de français, qui avaient constaté que des enseignants de Français Langue Étrangère disposaient de techniques efficaces pour améliorer les résultats d’élèves non francophones, demandèrent s’il leur était possible de suivre une formation dans ces techniques. Il leur semblait qu’ils pourraient y trouver des outils profitables à des élèves francophones faibles en français. François Lebel, maire du 8° arrondissement, a alors déclaré, majestueux : « Jamais je n’accepterai que le français soit traité de langue étrangère ». Inutile de vous préciser le qualificatif qui m’est alors monté aux lèvres et que, sagement, j’ai su retenir.

Cet inamovible Lebel, toujours seigneur du 8° et dont les administrés doivent être satisfaits, est celui qui, si l’on en croit Le Canard enchaîné, aurait permis d’inscrire Sarkozy sur les listes électorales de l’arrondissement début janvier 2008, c’est-à-dire hors délai. Toujours selon la même source, pour salaire de ce faux, il aurait obtenu de célébrer en sa mairie le mariage du susdit, de nuit, soit en dehors des heures d’ouverture, et j’ignore si les bans ont été régulièrement publiés et si la porte de la mairie est bien restée ouverte pendant la cérémonie comme le prescrit la loi. Ce qui m’amène tout droit à ma conclusion :

« Parce qu’un Président de la République, c’est quelqu’un qui n’a pas plus de droits, plus de privilèges et moins de devoirs. Mais quelqu’un qui au contraire a moins de droits, moins de privilèges que quiconque et plus de devoirs ». Nicolas Sarkozy, 10 avril 2007, à Tours.


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