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Quand la droite était contre la taxe Tobin…

Publié le 12 janvier 2012 par Ncadene

Après un quinquennat Fouquet’s, le candidat sortant promet que la France instaurera prochainement une taxe type « Tobin » sur les transactions financières. Pourtant, le 21 novembre dernier, lors de la discussion de la loi de finances au Sénat, son Gouvernement et l’UMP en refusaient obstinément la mise en oeuvre comme le proposait la gauche sénatoriale.

Ce n’était que le dernier d’une longue liste de refus par la droite d’une telle proposition. Florilège.

1. Philippe Douste-Blazy, ancien ministre, UMP désormais soutient de François Bayrou (27 mai 2009) : « Je pense que cette idée serait possible à une condition : que tous les chefs d’État et que tous les gouvernements décident ensemble ».

2. Christine Lagarde, ancienne ministre de l’Économie et des Finances (28 mai 2009) : « On ne peut pas procéder de manière solitaire dans ce domaine. Ça ne peut fonctionner que si c’est étudié en profondeur et que si c’est accepté et mis en œuvre par tout le monde ! ».

3. Jean-Paul Gauzès, député européen UMP (Parlement européen, mars 2010) « Il importe de mettre en évidence les conséquences qu’aurait la mise en œuvre de cette taxation [des transactions financières] dans la seule Union européenne si, comme certains le préconisent, aucun accord n’était possible au plan international. Et pour nous, une telle solution purement européenne n’est pas envisageable ».

4. Nicolas Perruchot, député Nouveau Centre (9 juin 2011) : « La taxation sur les mouvements financiers n’aura de sens que si elle est acceptée et mise en œuvre par un nombre élevé de pays ».

5. Pierre Lequiller, président UMP de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale (9 juin 2011) : « Pour être opérante, elle [la taxe sur les transactions financières] doit être aussi générale que possible. L’idéal théorique serait même qu’elle soit universelle ».

6. Valérie Pécresse, ministre du budget (18 novembre 2011) : « Pour être viable, la taxe sur les transactions financières doit être mise en œuvre au moins à l’échelle européenne et même, de préférence, au niveau mondial, faute de quoi elle sera nécessairement contournée ».

7. Pierre Lellouche, secrétaire d’État au commerce extérieur (21 novembre 2011) : « Il serait contre-productif pour la France de mettre en place une telle taxe de manière isolée. Loin de lutter contre la spéculation, cette initiative pénaliserait la place financière de Paris et, avec elle, les entreprises qui se financent sur le marché français, sans aucun effet positif de régulation des marchés ».

Ces responsables de droite ne disaient rien d’autre que ce qu’affirmait N. Sarkozy lui-même le 7 juin 1999 (Mots Croisés, France 2) : « L’affaire de la Taxe Tobin est une absurdité, parce que nous nous taxerons et aucun autre pays ne le fera. Si nous le faisons en France, on va encore le payer de dizaines de milliers de chômeurs en France ».

En 2012, à l’approche de l’élection présidentielle, le même Sarkozy a changé d’avis. L’ennui, c’est que sa porte-parole et ministre du Budget, elle, dit à voix haute ce que son chef pense à voix basse : « Cette taxe n’a de sens que si elle est portée par l’Europe parce que si la France la met en place seule, évidemment, à terme elle sera contournée » (Valérie Pécresse, 10 janvier 2011).

Nicolas Cadène

Membre de l’équipe Arguments-Veille-Riposte de François Hollande

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