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"Vous avez le rôle !"

Publié le 04 février 2008 par Aureliepaslignac

J'imagine que c'est le genre de phrases que tout acteur/comédien rêve d'entendre. Quelques mots qui pour lui symbolisent l'achèvement, la consécration. Des semaines, des mois, des années, une vie de travail et d'acharnement parfois, pour enfin s'entendre dire "Vous avez le rôle". Ou pas, mais là faut songer à changer de voie m'sieur-dame, désolé.
Mais qu'en est-il de l'acteur ou de l'actrice qui s'entend dire "Vous avez le rôle... Vous jouerez la copine grosse, moche et boutonneuse de l'héroïne" ? Est-ce que cette nana-là, elle rentre chez elle, elle appelle ses parents, puis tous ses potes pour leur annoncer la nouvelle en sautillant de joie ? Est-ce qu'elle fait une grosse teuf avec un gros gâteau commandé chez le pâtissier où est écrit à la crème au beurre "Congratulations, you're our Ugly Betty !" ?
Parce que bon, je suis d'accord sur le principe que l'acteur peut tout jouer. C'est son métier. Il se met dans la peau du personnage le temps du tournage et il n'y a pas d'interpénétration entre ces deux entités. N'empêche que, rôle principal, second rôle ou même figurant, je le vivrais terriblement mal qu'on me donne le rôle de la moche. Clairement, ça me mettrait au fond du trou. Même si j'ai participé au casting de la moche de mon plein gré. Au fond de moi, j'en suis sûre, j'attendrais qu'on me dise "Non, désolé, t'es pas assez moche pour le rôle..." "...mais par contre, sur le plateau d'à côté ils tournent un remake de la Nuit des Morts Vivants, si ça te dit".
Mouais. Peut-être que c'est plus dur pour une femme que pour un homme finalement. Parce que la femme, elle se doit d'être belle en plus d'être talentueuse, intelligente, drôle, et tout le reste. Les hommes, du moment qu'ils sont grands, musclés, qu'ils ont un peu de poils sur le torse et une grosse voix virile, ils s'en foutent d'avoir une gueule d'ange, c'est à dire lisse, symétrique et agréable.
Partant de là, certainement que le gars que les frères Coen ont choisi pour No country for old men - Javier Bardem qu'il s'appelle - n'en a que faire d'avoir une tête de psychopathe pervers, sadique ET moche. C'est vrai qu'ils l'ont pas arrangé non plus pour qu'il joue un Anton Chigurh frissonnant, avec cette coupe de Beatles parfaitement lissé et brushé (je veux la marque de son shampooing). Enfin bon, même avec les cheveux de Clooney, même avec la non-coupe de Zidane, ou même avec une crête tecktonik, ce gars-là, il aura jamais une belle gueule de gendre idéal soyons lucide.
Bah, en fin de compte, c'est plutôt bien que ces acteurs et actrices se moquent éperdument de ne pas être connus pour leur plastique de rêve. Ils sont bien souvent très bons. Peut-être qu'ils s'imposent d'envoyer du lourd pour compenser ce physique ingrat, je ne sais pas. Mais ils sont bien souvent très bons.
Tellement bon ce Javier Bardem que j'ai passé 2h à enfoncer mes ongles dans le bras de Paulo, 2h à double-sursauter (une première fois à cause de la scène du film, une seconde fois à cause de la nana près de moi qui me faisait peur en sursautant), 2h à me dire mon Dieu ce gars est horrible, à me demander comment je réagirais si j'en croisais un pareil dans la rue. Je changerais de trottoir. Peut-être même de ville.
Tellement convaincant dans son rôle de dangereux psychopathe au regard malsain, comme Jack Nicholson dans Shining, que Paulo et moi, on osait même plus bouger pour ne serait-ce que plonger la main dans les pop-corn de peur qu'il nous voie et nous bute dans la foulée.
En rentrant, j'ai voulu me dire que cet homme disgracieux cachait derrière sa tête de sadique un coeur tendre de gros nounours. Je me suis plu à croire que cet affreux jojo à la gueule irrégulière et au nez cabossé était en réalité tout câlin et tout doux, plein d'attention et de caresses.
Et pour finir de m'en persuader, j'ai mis ladite théorie en pratique...

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Sous le pop-corn, la mousse de papaye, ou comment le disgracieux peut cacher le doux et l'agréable
Pour 2 verrines

  • 300 g de chair de papaye
  • 1/2 jus de citron vert
  • 50 g de mascarpone
  • 2 oeufs
  • du pop-corn sucré délaissé pendant la séance

Séparer les blancs des jaunes d'oeufs.
Mixer finement la chair de papaye. Détendre le mascarpone avec le jus de citron vert et l'ajouter à la purée de papaye. Ajouter ensuite les jaunes d'oeufs. Bien mélanger.
Monter les blancs en neige et les incorporer délicatement à la préparation, en soulevant la masse. Verser dans les verrines et placer au frais 3 heures.
Avant de servir, garnir de pop-corn (le mien était devenu ramollo - la trouille sans doute - mais après quelques minutes au four, magie, il re-croustillait)

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