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O.M. 1986–1993 : Les années Tapie

Publié le 04 mars 2008 par Patrick

Après un très beau résumé des années de légende de l'AS Saint-Etienne des années 70, voici un deuxième volet de la rubrique Nostalgie, avec les superbes années de l'Olympique de Marseille de 1986 à 1993.

La construction d'un palmarès

L'Olympique de Marseille a remporté huit championnats de France, dix Coupes de France et une Ligue des Champions depuis la création du club en 1899. Ces victoires se sont faites tout au long de glorieuses périodes pour le club : les années 20, les années 30, les années 60, mais surtout les années 90. Ces années 90 justement, sujet principal de cet article, qui sont les années pendant lesquelles la majeure partie du palmarès du club s'est construit.

Un président : Bernard Tapie

C'est en 1986 que l'aventure commença, lorsque Bernard Tapie devient Président du club phocéen, grâce à l'initiative du Maire de Marseille de l'époque Gaston Deferre, avec comme ambition de remporter une Coupe d'Europe. Marseille est alors dans le ventre mou du championnat, et à même du mal à se maintenir en première division. A son arrivé, il déclara "Je me donne cinq ans pour faire de l'O.M. un grand club européen", et quand on connaît la suite, sa mission fut plus que remplie, en alternant le bien et le moins bien.
Sous l'ère Tapie, les performances se sont enchaînées les unes après les autres, grâce à des joueurs comme Papin, Waddle, Cantona, Giresse, Deschamps, Boli, Desailly ou encore Völler. Il a fallu d'un rien pour qu'également Michel Platini soit de la partie, mais trop attaché à la Juve, il refusa l'offre de Tapie. Plusieurs grand entraîneurs s'y sont également succédés : Gérard Gili, Franz Beckenbauer, Jean Fernandez et bien sur Raymond Goethals. Les supporters Marseillais considéraient alors Tapie comme un dieu vivant.

L'effet Tapie

Lors de la saison 1986 – 1987, a peine arrivé, Bernard Tapie affiche ses ambitions en propulsant Marseille en finale de la Coupe de France, mais échoue face aux grands Girondins de Bordeaux de l'époque. L'effet Tapie se fait aussi ressentir en championnat, puisque Marseille fait un bon de 10 place au championnat en une saison, et termine second derrière … Bordeaux ! Dans cette équipe de Marseille, déjà des grands joueurs comme Jean-Pierre Papin ou Alain Giresse, venu de Bordeaux justement...

La saison suivante est plus délicate en championnat avec une 6ème place, et une défaite en demi-finale de Coupe de France face à Bastia. Jean-Pierre Papin finit tout de même meilleur buteur en Championnat avec 19 réalisations. Mais le club avait la tête en Europe lors de cette saison 87-88, en effet Marseille perd en demi-finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupes face à l'Ajax d'Amsterdam. Néanmoins, cette saison peut se qualifier de transition, car pendant les années suivantes, Marseille conquit la France et l'Europe.

Un grand club français

Malgré un changement d'entraîneur dès la deuxième journée de championnat et aucune participation à des compétitions européennes, Marseille effectue une saison 88-89 parfaite, avec un doublé Championnat – Coupe de France, le dernier en date. Jean-Pierre Papin termine une nouvelle fois meilleur buteur du championnat avec 22 réalisations, grâce à une belle équipe cette année là, qui aligne Eric Cantona, Frank Sauzée ou encore Eric Di Méco. Marseille décroche ainsi son billet pour la grande Coupe d'Europe des Clubs Champions.

Ensuite, Marseille aligne les championnats de France, victoire pour la saison 89-90, 90-91 et 91-92. Un peu comme l'Olympique Lyonnais d'aujourd'hui, le club phocéen pose son emprise sur le football français avec de grands joueurs comme Basile Boli, Didier Deschamps, Stojkovic, Tigana, Franscecoli,Alen Boksic ou Manuel Amoros.

Un buteur hors-norme

Tout au long de ses victoires, un grand buteur contribue grandement aux différents succès olympien : Jean-Pierre Papinalias JPP. Arrivé en 1986 en provenance de Bruges et revenant tout juste de la coupe du monde ou la France avait fini 3e, il met du temps à s'imposer face au difficile public marseillais et ne marque que 13 buts en championnat la première saison. Les saisons suivantes seront ses plus belles années de footballeur, il finira 5 fois meilleur buteur du championnat consécutivement (voir stats ci-dessous) et régalera le stade Vélodrome avec ses "papinades" et ses buts décisifs. Il reste à ce jour le seul joueur à avoir obtenu le ballon d'or avec une équipe du championnat de France. Je vous laisse admirer ses statistiques obtenues sous les couleurs phocéennes :

- Vainqueur du Ballon d'Or : 1991 (Olympique de Marseille).

-3e de la coupe du monde au Mexique (2 buts)
-54 sélections pour 30 buts en Équipe de France A de 1986 à 1995; 11 fois capitaine
-Vainqueur de la Ligue des Champions : 1994 (Milan AC)
-Vainqueur de la Coupe UEFA : 1996 (Bayern Munich).
-Finaliste de la Coupe intercontinentale : 1993 (Milan AC).
-Finaliste de la Supercoupe de l'UEFA : 1993 (Milan AC).
-Finaliste de la Ligue des Champions : 1991 (Olympique de Marseille) et 1993 (Milan AC).
-Meilleur buteur de la Ligue des Champions : 1990 (6 buts), 1991 (6 buts) et 1992* (7 buts) (Olympique de Marseille).

-Champion de France : 1989, 1990, 1991 et 1992 (Olympique de Marseille).
-Champion d'Italie : 1993 et 1994 (Milan AC).
-Vainqueur de la Supercoupe d'Italie : 1992 (Milan AC).
-Vainqueur de la Coupe de Belgique : 1986 (FC Bruges).
-Vainqueur de la Coupe de France : 1989 (Olympique de Marseille).

-Meilleur buteur du Championnat de France : 1988 (19 buts), 1989 (22 buts), 1990 (30 buts), 1991 (23 buts) et 1992 (27 buts).
-L'un des meilleurs buteurs français toutes compétitions européennes de clubs confondues : 38 buts en 56 rencontres européennes (1985-1997). (Thierry Henry détient actuellement le record français avec 50 buts en 109 rencontres européennes (depuis 1995), mais Papin a une moyenne de 0,68 but par match, contre 0,46 pour Henry.) - 157 buts pour 254 matchs.

Son départ pour le Milan AC (1992) où il marquera 30 buts en 60 matchs officiels reste le seul point noir pour les supporters marseillais. Mais aujourd'hui quand il revient au Vélodrome, que ce soit en tant que joueur avec Bordeaux ou comme entraineur du RC Lens, personne ne siffle le joueur élu "Joueur du siècle de l'OM" en 2001.

Un grand club européen

Malgré les titres nationaux, les ambitions du Président Tapie étaient plus grandes, il rêvait de conquérir l'Europe. Pour cela, Marseille s'impose petit à petit en Europe, avec de beaux parcours au fil des années. Notamment avec le talent inégalé du regretté Raymond Goethals.

Tout d'abord lors de la saison 1989-1990, Marseille sort d'un doublé historique en France et entrouvre les portes européennes. En effet le club participe à la Coupe d'Europe des Clubs Champions (aujourd'hui Ligue des Champions) et effectue un beau parcours, mais perd en demi-finale contre le Benfica Lisbonne et la fameuse main de Vata qui fera dire à Tapie que désormais il savait comment gagner une coupe d'europe. Cette année européenne ne reste pas forcément dans les mémoires à Marseille.

Mais la saison suivante, en 1991, Marseille devient un grand d'Europe en se qualifiant cette fois-ci pour la finale de la plus grande compétition européenne face à l'Etoile Rouge de Belgrade, à Bari. Après un parcours splendide, en battant notamment le grand Milan A.C. en quart de finale et le Spartak Moscou en demi, Marseille échoue au terme d'une finale tragique menée de bout en bout, et conclue dans une terrible scéance de tirs au but ou Amoros ratera sa tentative (5-3). Tout le monde se souvient de la détresse de JPP, et des larmes de Boli.

Composition de Marseille :
Pascal Olmeta – Manuel AmorosBasile Boli – Carlos Mozer – Eric Di Méco – Laurent Fournier – Bruno Germain – Bernard Casoni – Abédi Pelé – Jean-Pierre Papin – Chris Waddle.

Mais deux ans plus tard, Marseille se hisse de nouveau en finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, et le dénouement cette fois-ci hisse Marseille au sommet. Le 26 mai 1993, à Munich, Marseille affronte le grand Milan A.C. L'O.M, et la France, rêve d'Europe et paraît comme outsider face au grand Milan, déjà 6 fois champions d'Europe et alignant des joueurs de légende comme Baresi, Maldini, Van Basten, Savicevic ou encore ...Jean Pierre Papin, l'ex idole du peuple !.

Le match ne commence pas en faveur de Marseille. Milan et Van Basten malmène l'O.M, mais grâce à un sublime Barthez et une défense de fer, Marseille ne rompt pas. A la 44ème minute, Marseille n'a fait alors que quelques apparitions dans la surface italienne, Boli ouvre le score sur un coup de tête magistral, qui reste encore dans les mémoires. En deuxième période, Milan paraît blessé et un doute s'installe dans l'équipe transalpine, ce qui ne leur permet pas de revenir au score. Marseille s'impose grâce à cet unique but de Boli et efface ainsi le cauchemar de 1991. :fete

En tribune officielle, Berlusconi tremble, alors que Tapie pleure de joie. Le buteur de la soirée ne pleure plus, pas comme à Bari, il est heureux, comme toute une ville, comme tout un pays… Marseille devient le premier club français a remporter une coupe d'Europe.

Composition des équipes

Marseille : Barthez – Angloma (Durand 61°) – Desailly – Boli – Di Méco – Eydelie – Sauzée – Deschamps – Pelé – Boksic – Voller (Thomas 78°).

Entraîneur : Raymond Goethals.

Milan : Rossi – Tassoti – Maldini – Albertini – Costacurta – Baresi – Lentini – Rijkaard – Van Basten (Eranio 86°) – Donadoni (Papin 55°) – Massaro.

Entraîneur : Fabio Capello.

L'affaire OM - VA

Marseille est dans le début des années 90 le club le plus admiré de France grâce à ses performances et son effectif impressionnant. Mais 6 jours avant la finale de Munich, l'affaire OM – Valenciennes éclate en plein match de championnat de France et ternit l'image de Marseille. Les joueurs de Valenciennes révèlent en plein match qu'une grosse somme d'argent leur ont été promis s'ils laissaient filer le match, pour que les marseillais arrive sans blessure en finale de la Coupe d'Europe. L'acharnement de la presse, de la justice, du conseil fédéral, de l'UEFA et de la FIFA pousse Tapie vers la sortie et relègue le club en deuxième division, c'est la fin des glorieuses années, un triste dénouement pour une grande équipe :snif .


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LES COMMENTAIRES (1)

Par philomomo
posté le 03 juin à 13:39
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Marseille restera la seule équipe gagnant la coupe d'europe et peu importe le non que l'on veut lui donner car si le psg venait a la gagner ce ne serait pas une équipe française vu le nombre de joueurs étrangers engagés

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