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L’exemple viendra t-il du Sénégal ?

Publié le 02 février 2012 par Rm Communication
L’exemple viendra t-il du Sénégal ?

Des étudiants sénégalais affrontent les forces de l'ordre le 1er février 2012 à Dakar

A l’instar des congolais de la RDC, les sénégalais sont rentrés dans une longue phase de contestation face à un pouvoir manipulateur des lois constitutionnelles.
Le président Aboudlay Wade 86 ans, va donc être candidat à sa propre succession. En effet, la cour suprême sénégalaise a de validé sa candidature. Mais alors, vous vous demandez surement pourquoi les sénégalais sont dans les rues et font aujourd’hui face à la police?

Le contexte

Il y a un président contesté, âgé, s’accrochant au pouvoir, et cela malgré les 12 années passées à la tête du Sénégal. Il fait changer la constitution pour lui permettre de se présenter. Son argument principal: la loi n’est pas rétro-active”. Il se dit être le seul rédacteur de la nouvelle constitution, et rejette les avis des juristes sénégalais affirmant sa candidature anticonstitutionnelle.
Voici ce qu’il répondait à Dakaractu.com:
Aux termes des articles 27 et 104 de cette Constitution, vous ne pouvez plus, après deux mandats, en briguer un autre…
“Cet article 27, c’est moi qui l’ai rédigé. Sa nouvelle version date de 2008 et dit que le président est élu pour un mandat de 7 ans renouvelable une fois. J’ai été élu en 2000 sur la base de la Loi fondamentale de 1963. Après mon élection, j’ai fait adopter une nouvelle Constitution. Tout le monde sait que la loi régit le présent et l’avenir mais ne rétroagit pas. C’est un principe général de droit. Depuis que l’article 27 instituant le septennat a été adopté en 2008, il n’y a pas eu d’élection. Mon premier mandat sous l’empire de ce nouveau texte est celui qui démarre en 2012. Je peux même légalement me présenter pour une autre fois en 2019. Les juristes sérieux le savent et l’ont écrit.

Mais la rue sénégalaise ne l’entend pas de cette oreille. Les manifestations et autres contestations ont vite fait leurs apparitions. Les échanges entre les jeunes manifestants et la police auraient déjà fait plusieurs bléssés et des morts dans le camps de l’opposition.

Une différence avec la RDC

Comme pour la RDC, le peuple a déjà fait son choix avant même la tenue des élections. Et, comme pour la RDC, le président sortant est désavoué malgré les grand travaux (routes, monuments, aéroport, transports, bâtiments ). Mais la comparaison s’arrête là. En effet, quand pour un pays (RDC) la communauté internationale joue la sourde oreille et faire les yeux sur une tricherie qu’avérée, pour l’autre (Sénégal) la situation est tout à fait autre avec, des messages claires de la part des différents pays, dont les USA avec leur secrétariat d’État, et tout récemment d’Alain Jupé le ministre des affaires étranger français, qui demandent tous à Mr Wade de “céder la place à la prochaine génération“.

Là ou la différence est plus forte, c’est sur le sens politique qu’a la rue sénégalaise. Rien à voir avec la RDC qui a conduit ses enfants à ne plus savoir faire la différence entre un débat politique et un autre sur qui est le meilleur chanteur ou sapeur du pays.  Les sénégalais ont le sens politique, ils n’ont pas attendu qu’un ministre de l’ancien régime (terminator) vienne leur expliquer la situation dans laquelle était leur pays. Et encore, le message de la fameuse source d’éveil n’arrivait pas en RDC. Il avait fallu attendre les dernières élections en novembre 2011, pour voir la diaspora congolaise dans son ensemble mener campagne auprès des familles encore au pays, et les sensibiliser en allant jusqu’aux menaces de couper les vivres( plus de western union) s’ils ne votaient pas dans le bon sens (Etienne Tshisekedi).
Au Sénégal, le peuple n’a pas attendu un mot d’ordre pour descendre dans la rue. Les rues de Dakar prennent feu à la moindre action contre le peuple souverain car ils n’ont pas besoin d’attendre le message d’un messie.

Après l’échec des élections “démocratique” en Cote d’Ivoire et en République Démocratique du Congo, toutes les caméras sont braquées sur le Sénégal et les prochaines élections du 26 février 2012. Aux Sénégalais de se battre et faire respecter la volonté du peuple. Aux autres africains de s’en inspirer, pour que les politiques ne se sentent plus jamais investi d’une mission “de” sauveur de la nation.

Roger Musandji



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