Magazine Bien-être

Gratitude, reconnaissance, valeur et estime de soi

Publié le 08 février 2012 par Do22 @DominiqueJeann

Il était une fois un temps où je travaillais sans relâche et avec plaisir à donner, donner, donner. Avec plaisir car j’aimais généralement ce que je faisais. Je rendais service, je devinais et anticipais même les besoins et les comblais. Je ne comptais pas mon temps, je faisais plus que demandé, voire même du bénévolat pour un employeur qui, lui, ne me gratitifiait d’aucune reconnaissance. De très rares «merci» du bout des lèvres, jamais de compliment, jamais d’attention, jamais de bonus, jamais de cadeau, même pas à Noël ou à mon anniversaire.

J’ai eu plusieurs employeurs de cet acabit. Plusieurs «amis» aussi que j’aimais sincèrement et en qui j’avais confiance.

Je suis sortie plusieurs fois d’un emploi avec, comme diagnostic médical : burn-out, dépression situationnelle ou épuisement professionnel. Du pareil au même.

Évidemment, chaque fois, c’était «l’employeur qui ne me traitait pas bien». Cependant, ces dernières années, je me suis vue aller et je me suis posée bien des questions sur… ma valeur.

Considérant que je suis responsable de ma vie, les questions qui sont montées sont :
Pour quelle raison est-ce que je me laissais traiter ainsi ?
Pour quelle raison est-ce que j’attirais ce genre d’employeur ou «ami» ?

Je me suis aussi posé une question :
«Est-ce que je vis ce genre de situation avec des personnes des deux sexes ?».

Réponse : «Non. Uniquement avec des employeurs/amis du sexe masculin».

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Cette réponse fut le début d’une piste qui m’a ramenée, évidemment, aux hommes de mon enfance qui auraient dû avoir une place de modèle dans ma vie, en tant que pères, que furent mon père biologique et mon beau-père (le deuxième mari de ma mère). Voici la suite de la réflexion :

Premier constat : ces pères furent soit absent (mon père biologique de qui je me suis sentie abandonnée dès l’âge de 2 ans), soit inadéquat (beau-père jaloux, possessif et violent, de qui je me suis sentie profondément rejetée et humiliée depuis l’âge de 5 ans).

Deuxième constat : je n’ai presque jamais eu d’attention ni de tendresse de ces hommes. Ils m’ont cependant chacun dit et/ou montré, extrêmement rarement mais assez pour que ça m’ait profondement marquée, qu’ils m’appréciaient. Je me suis donc rattachée de toutes mes forces à ces preuves émiettées «d’amour» qui n’étaient, en fait, que des miettes d’attention.

Anecdote : un jour où je n’en pouvais plus, je devais avoir 6 ou 7 ans, j’ai explosé devant ma belle-grand-mère (que j’aimais beaucoup) en lui criant que mon beau-père – son fils – ne m’aimait pas et que j’en avais assez, que je voulais partir. Sa réponse fut claire : «Ce n’est pas qu’il ne t’aime pas. C’est juste qu’il ne sait pas aimer». Ça m’a fait un choc et ça m’a fait réfléchir. Elle a continué en me disant «Essaie d’être gentille avec lui, tu vas voir, il va l’apprécier». Ça m’a pris une énergie du désespoir pour suivre son conseil mais, ô miracle !, ça a marché. En étant gentille avec lui – soi en pilant sur toutes mes peurs et ma haine envers lui de me traiter ainsi -, il est devenu subitement attentionné envers moi… l’affaire de quelques minutes mais assez pour me faire valider le concept que, en étant gentil, on attire la gentillesse.

Donc : plus j’étais gentille, plus je donnais et faisais des choses pour être gentille, plus j’avais de l’attention (positive, on s’entend). J’ai fait le test avec d’autres personnes et ça a aussi fonctionné ! Croyance qui s’est alors imprimée dans mon inconscient : je dois être gentille, faire et donner pour être aimée.

Troisième constat : j’ai toujours tout fait pour attirer l’attention de ces «pères» ainsi que d’autres hommes que j’appréciaient mais m’en suis pourtant plus souvent sentie abandonnée et rejetée. J’ai donc agi en fonction de ce qui leur plaisait pour leur plaire, soit en étant dans le «faire» au maximum et en rendant le plus de services possibles. Je me suis complétement oubliée pour en être aimée. En agissant ainsi, je me mettais moi-même dans une situation où je finissais par me sentir comme un meuble qui ne sert qu’à donner, me sentant utilisée, exploitée, non reconnue évidemment, voire «transparente», à la limite, MAIS… souvent indispensable !

Là se posait un problème puisque j’avais un poste souvent unique et très polyvalent que personne ne pouvait remplacer rapidement, et il aurait fallu par 2 ou 3 personnes différentes ! Mon travail – ma capacité d’assumer de grosses doses de travail et mon efficacité ! - était donc bien apprécié mais la personne qui le faisait – moi – était non reconnue, non remerciée.

Je me rattachais pourtant à cet emploi/employeur. Je faisais le maximum, et même plus qu’il ne m’était demandé, pour finir par dépasser mes limites physiques et psychologiques et éventuellement tomber en congé-maladie ou quitter l’emploi. Contrairement à bien des personnes qui seraient parties bien avant d’en arriver là, je tolérais et supportais beaucoup plus et beaucoup plus longtemps, espérant toujours, un jour, une marque d’attention… qui ne venait jamais.

Résultat : quoi que je fasse et peu importe la quantité que je donnais, j’avais toujours l’impression que je ne valais rien.

De leur côté, ces hommes recevaient sans refuser : bien bête qui n’accepte pas ce qu’on lui donne gratuitement et sans rien demander. Au fond de moi, j’espérais, un jour, une miette d’attention, de gratitude, de reconnaissance… C’étaient pourtant des hommes avec du cœur – je les voyais agir avec d’autres personnes ! -, dont certains «m’aiment» toujours beaucoup (mais que je tiens néanmoins bien loin de moi !).

Autre anecdote : ma mère a vécu avec deux hommes qui l’ont traitée avec distance et peu d’attention. Mon beau-père a toujours clamé en être très amoureux mais la battait et la dénigrait énormément. Elle est restée avec lui par sécurité et manque de confiance en elle : le syndrome de la femme battue, du chien battu qui espère des miettes d’attention, qui ne vit que pour ça puisqu’il ne se sent pas mériter plus, ne pas avoir droit à plus, ne pas avoir de valeur, en fait, pour personne. A ma façon, je me suis fait vivre ce même syndrome, heureusement sans homme violent, ce qui m’a fait voir le peu de valeur que je me donnais à moi-même.

Quatrième constat : j’ai longtemps répété ce scénario dans ma vie d’adulte avec des hommes qui me donnaient autant que mes «pères», soit quasiment rien, que ce soit dans ma vie amoureuse, amicale ou professionnelle… mais surtout professionnelle.

Plutôt que de mettre la faute sur ces hommes qui ne m’ont pas donné l’attention nécessaire au développement de mon estime de moi face à eux – en tant qu’enfant alors, je leur donne quand même cette responsabilité ! -, j’ai sondé mon intérieur pour réaliser à quel point JE ne ME donnais pas de valeur. C’est moi qui me cachait, qui voulait rester dans mon trou, qui avait peur d’en sortir, qui avait peur de s’affirmer, qui agissait dans le «faire» pour être aimée plutôt que d’Être, simplement, fière de qui je suis.

Aujourd’hui

Je travaille à augmenter ma propre valeur, mon estime de moi-même. Celle-ci se retrouve dans mes relations avec les hommes et, aussi, dans mes revenus financiers. Je connaissais ce concept de valeur intérieure versus la quantité d’argent qu’on attire dans sa vie mais il fallait que je me rende compte que, plus on sent qu’on a de la valeur, plus les revenus augmentent.

Que ce soient l’argent, l’attention, la gratitude ou la reconnaissance, ce sont tous des miroirs de notre propre valeur qu’on se donne ou pas.

Là, vous me direz peut-être «Comment fait-on pour augmenter sa propre valeur, son estime de soi, en fait ?». Réponses et outils dans un prochain article !

Avec amour et compassion,
Dominique Jeanneret
Thérapeute, Québec

www.dominiquejeanneret.com
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