Magazine Journal intime

Saut spatio-temporel. Enfin, surtout temporel…

Par Evainlondon

Le problème, quand on tient un blog en différé, c’est que parfois même l’auteur s’y perd. Cependant, cela présente un immense avantage : le recul. Le recul ouvre le champ des possibles. Avoir du recul permet de rire des situations les plus abracadabrantes et/ou déprimantes :

- quand on débarque sous la pluie dans un pays qu’on n’a pas choisi
- quand on emménage dans une boîte à chaussures pour un loyer exorbitant
- quand, lasse de chercher le job de ses rêves, on devient Supergrouillotte pour un salaire de sous-grouillot
- quand on interroge ses voisines asiatiques lesbiennes sur leur vie intime
- et enfin, quand après s’être échinée à planifier « le plus beau jour de sa vie », alias son mariage franco-magyaro-polonais, on se retrouve gavée de médicaments pour tenir debout le jour J.

Le recul a donc du bon : n’est-il est nettement plus aisé de rire de soi a posteriori ? « Mais on nous avait promis de rattraper le présent ! Au vol ! Remboursez ! » s’élèvent les râleurs et/ou les plus fidèles lecteurs, ceux qui n’ont rien oublié. Il est vrai qu’à la naissance de ce blog, les chroniques avaient trois ans de « retard ». Deux ans après… le retard est le même. Cherchez l’erreur ? Bref, aux grands maux les grands remèdes : Eva in London vous propose de sauter d’un coup… un an et demi (nous voici donc fin 2009, pour ceux que cela rassurerait d’avoir une date à laquelle se raccrocher. Plus que deux ans de retard, donc).

Pourquoi un an et demi ? Ne s’est-il rien passé d’intéressant pendant les 18 mois qui ont suivi le mariage de Prince et Eva in London ? Ben, non. A part un bon gros wedding blues. C’est comme le baby blues, mais sans le bébé. Vous connaissez ? C’est quand vous avez épousé votre Prince, qu’il ne s’est pas encore tout à fait transformé en grenouille (ou c’est dans l’autre sens que ça se passe normalement ?) et que pourtant tout vous paraît un peu gris. Terne. Plus personne ne vous demande comment vous allez, ou alors c’est pour la forme. Finis, les airs intéressés (plus ou moins feints, d’accord, mais quand même) lorsque vous évoquiez avec passion le dessin de votre future robe (« Attention, c’est super secret, je te le dis à toi, mais surtout n’en parle à personne ! Bon, à part Mélanie et Anne-Laure qui sont déjà au courant, mais à personne d’autre alors ! ), vos déboires avec le traiteur (« Ce crétin refuse de faire une animation foie gras en plus du stand huîtres et de l’atelier de cuisine moléculaire, c’est une honte quand même ! ») et tout le mal que vous vous donnez pour organiser un mariage digne de ce nom avec un budget ric rac (« Prince a dit non au feu d’artifice géant. Tu crois que cela devrait donner lieu à des représailles, ou mieux vaut attendre après le mariage ? »).

Las. Vous êtes mariée, la fête est finie. Pendant 18 mois, vous vous levez, vous allez « travailler » chez SuperConseil (vous êtes même promue Grouillotte en un temps record), vous rentrez, vous démarrez une licence de psychologie à distance pour occuper vos soirées, vous vous mettez à la cuisine (toujours pour occuper vos soirées, parce que finalement étudier après une journée de travail, c’est fatigant, et faire la cuisine c’est plus drôle et puis ça se mange), vous accueillez Prince plus ou moins chaleureusement à son retour du travail, vous regardez un film ou le dernier épisode de How I met your mother (c’était à l’époque où c’était bien), vous allez vous coucher, vous poussez Prince jusqu’à ce qu’il tombe du lit et vous dormez du sommeil du juste tandis qu’il se demande à demi-voix ce qui a bien pu lui prendre d’épouser une mégère pareille. Une fois par mois au moins, vous rentrez à Paris pour conserver un niveau d’interaction sociale minimal et vous rappeler que contrairement aux apparences, vous avez des amis.

En apparence, votre vie est réglée comme du papier à musique. Mais les apparences sont trompeuses.

Eva in London a un secret : elle a envie de faire un bébé.

Saut spatio-temporel. Enfin, surtout temporel…

PS : désolée pour ceux qui s’y perdent… mais j’ose espérer que, même perdus, vous vous amusez autant que moi ! Et si vraiment vous n’y comprenez plus rien, écrivez-moi, je me ferai un plaisir de tout vous expliquer. Le service client personnalisé, y a que ça de vrai.

J'aime

J'aime 

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Evainlondon 268 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossiers Paperblog