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47 jours- Le hululement du hibou

Publié le 17 février 2008 par Nitchioule
Ses cheveux flambaient et sous ses paupières lourdes, j'ai vu ses globules jaunes. J'avais froid et je tenais serrés les pans de mon long manteau en laine grise. Immobile, il se laissait bousculer par les voyageurs pressés. Alors, sans réfléchir, j'ai marché jusqu'à lui. Il n'avait pas encore parlé que déjà, la chouette émue répondait au chant rauque et provocant du hibou.
Plus tard, la nuit froide pénétrait les murs en briques des maisons. On se retrouvait dans des bars brillants et réchauffés. C'était le temps des regards voilés, des premières prises de becs et des envolées maladroites. Il bouboulait des mots nouveaux et en l'écoutant, je survolais des rivières affolées, des montagnes farouches, des plateaux balayés par les vents. Je découvrais un monde plus noir, plus inégal, plus désespéré, mais aussi plus profond, plus sensé, plus humain.
Le joueur de jazz soufflait dans son saxo, les radiateurs fumaient, la bière moussait. Et puis on se quittait, chaque fois plus tard que la fois précédente, tandis que dans nos pupilles sans fond, l'amour naissait.

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