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Armstrong vient polluer le triathlon

Publié le 12 février 2012 par Pascal Boutreau

Sacré week-end, sacrée semaine. Par quoi commencer ?

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Allez par ordre chronologique, on a appris que Lance Armstrong serait au départ de l’Ironman de Nice, l’été prochain. Certains se réjouissent, d’autres le regrettent. Sur les forums, les débats sont animés. Pour ma part,  à la lecture de mon titre, vous aurez compris que je me place dans la seconde catégorie. Certes, la présence de l’Américain va forcément attirer de nombreux médias. Mais attention, ils ne viendront pas parler de triathlon mais d’Armstrong. La nuance est de taille. On peut déjà imaginer les sujets des journaux en juin  avec en conclusion une phrase du genre « Armstrong a terminé 14e à 35’ du vainqueur. » Eh oui, même pas sûr que le nom du vainqueur soit donné (je parle bien sûr de la presse généraliste). Parce que la plupart des médias présents à Nice en juin se moqueront royalement de l’épreuve mais chercheront juste à faire le buzz autour de la guest-star du jour. Une guest star qui en plus pourrait surprendre (2e ce dimanche de l'half-Ironman de Panama à seulement 42 secondes du vainqueur Bevan Docherty et devant de "vrais" spécialistes... 5e place de Romain Guillaume) Remember Laurent Jalabert. Lors de sa présence sur la Promenade des Anglais, « Jaja » avait certes généré beaucoup de papiers. Mais quel fut le bénéfice pour la discipline ? (le bénéficie de Jalabert fut lui réel puisqu’il avait la plus grosse prime d’engagement, supérieure aux triathlètes professionnels…).  Il faut arrêter de se leurrer.

L’effet pervers de la présence d’Armstrong sera également d’assimiler le triathlon au dopage. Armstrong est un tricheur (fait avéré mais merci la prescription…) et va venir faire le beau à Nice. En échange de sa notoriété, M. Ironman s’est associé à Livestrong, la fondation de l’Américain qui récolte des fonds pour la lutte contre le cancer (et permet aussi au passage une grosse exonération d’impôts…). Des slots pour Hawaii seront par exemple mis aux enchères, comme quoi, on peut désormais acheter sa participation à l’Ironman d’Hawaii. Ok, c’est pour une « bonne cause »… Mais bon… Après, il ne faut pas être naïf non plus. Armstrong ne sera sans doute pas le seul "dopé" ou ex dopé (dans le meilleur des cas) à être présent sur les lignes de départ des Ironman. Mais ça fait chier quand même...  

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Merveilleux ce France – Irlande de rugby. Pour une fois j’ai réussi à regarder un match jusqu’à la fin. Quel grand sport professionnel ! Là, franchement, les dirigeants de l’IRB m’ont épaté en plaçant la barre de leur bêtise à un niveau très très élevé. Comme l’écrit si justement Pierre-Michel Bonnot dans un excellent papier, dimanche dans L’Equipe : « Ils n’ont pas même pas été fichus d’inventer le ridicule. Mais en une petite demi-heure, ils l’ont singulièrement amélioré. « Ils », ce sont les « techno-crottes » du Comité des Six Nations qui, par cupidité, par négligence ou par une foi béate dans la supériorité des bâches chauffantes sur les rigueurs de la nature, ont replongé le rugby, qui se gargarise de professionnalisme, trente-cinq ans en arrière, au plus sombre de son époque bricoleuse. » Tout est dit.

Un exemple qui symbolise aussi l’état des infrastructures sportives en France. Le SDF est déjà obsolète, Bercy tombe en ruine (un grand programme de rénovation est je crois prévu en 2014), aucun vélodrome digne de ce nom, aucune piscine digne de ce nom, des stades de Ligue 1 (le foot reste quand même le sport numéro 1) qui, à l’exception de quelques-uns, font pitié.  Le sport français est à l’abandon.

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Mais comme nous les Français, sommes plus forts que tout le monde, quand des sportifs étrangers trustent les titres, on en comprend pas. De tels succès deviennent forcément louches au contraire bien sûr des succès des sportifs tricolores qui ne sont dus qu’au travail et au talent. La mémoire est courte. La mémoire est sélective quand elle oublie de rappeler que la Coupe du monde 98 de foot a été remportée avec des joueurs évoluant à la Juventus de Turin, où là aussi il a été prouvé par la justice que le club avait recours à des pratiques illicites. Les autres, c’est bien connu, sont forcément dopés quand ils gagnent. Alors, sous couvert de l'humour, on balance des trucs sans la moindre preuve. Juste des doutes. Ce que font les Guignols depuis une semaine, ça s’appelle de la diffamation.

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Du Hockey sur gazon… en salle bien évidemment avec la phase finale qui se disputait ce week-end à Cambrai sous mes yeux ébahis. Et les Cambrésiennes l’on fait ! Treizième titre depuis 1997 pour ces demoiselles qui ont largement dominé les Lilloises (5-1). Bien entendu, j’en suis ravi (désolé Bambi et Loulou) pour Mamzelle Peg (Peggy Bergère) (4 buts en demi-finale (6-5 contre le Stade Français) puis deux en finale), l’Impériale Pif (Delphine Altayrac), Emilie « Milou » Bègue et bien sûr la capitaine Caroline Durachta, la seule a avoir été des treize titres (12 pour Pif et Milou, 10 pour Peg). Autant de demoiselles que j’ai toujours autant de plaisir à croiser. Pour info, chez les hommes, Lille a remporté son 22e titre en battant Valenciennes en finale. Et au passage bravo à la fédé de hockey d'avoir mis en place un système pour diffuser les finales en direct via dailymotion. Voilà une idée qu'elle était bonne ! ça bugge un peu (c'est de l'internet) mais une expérience à renouveler et une piste à explorer (remise des prix ICI, la finale féminine ICI et la finale masculine ICI pour vous faire une idée).

Et pendant ce temps-là, l’équipe de France masculine a atterri à New Dehli, en Inde, pour y disputer le tournoi de qualification olympique. Les Bleus, dirigés par Frédéric Soyez, y rencontreront successivement la Pologne, Singapour, l’Inde, l’Italie et le Canada (plus éventuellement une finale si dans les deux premiers de la poule).  Pour gagner leur billet pour Londres et des Jeux auxquels ils n’ont plus participé depuis 1972, un seul impératif : remporter le tournoi. Pas une mince affaire… Mais who knows ????

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Allez la fin de l’histoire et de la saga « Putain, 20 ans ». Je vous ai abandonnés la dernière fois au retour des Jeux olympiques de Pékin. Dans les années qui ont suivi, j’ai participé à la création de la rubrique Outdoor. Pendant six mois, sous le contrôle d’Anouk, nous nous sommes éclatés à traiter des sujets nouveaux dans L’Equipe.

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Un quart de page sur l’UTMB, sur le Marathon des Sables, de l’alpinisme, une page entière sur Kilian Jornet (!) et plein d’épreuves qui jusqu’alors n’avaient pas trouvé leur place dans le quotidien comme par exemple la Pierra Menta en ski-alpinisme ou le Spartathlon en course à pied. Malheureusement, cela ne durera que six mois. Si tout le monde trouvait ça original (combien de fois ai-je entendu dans les couloirs : « ah ben au moins ça change »), la place dans le journal n’est pas extensible à l’infini.

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Et si l’on donne de la place pour ces disciplines « neuves », c’est autant de moins pour les sports traditionnels. Et forcément c’est là que ça a coincé. Au revoir l’Outdoor… Direction quelques mois à une rubrique dont la mission était de coordonner le travail entre lequipe.fr et L’Equipe, deux entités complètement indépendantes et même pas localisées au même endroit. Pas pratique. Beaucoup d’espoirs de ma part puisque depuis un moment je collaborais à lequipe.fr en « bénévole » avec même chaque semaine une chronique où j’ai toujours eu carte blanche et une totale liberté dans le choix des sujets et dans leur traitement (ma chronique préférée, "Y en a marre" ICI). Un vrai luxe puisque lequipe.fr atteint parfois 2 millions de visiteurs uniques par jour, ce qui en fait le premier site d’informations (et pas seulement sportives) en France.

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Tout cela nous amène en février 2011. Un coup de téléphone va changer beaucoup de choses. Au bout du fil (va falloir changer l’expression d’ailleurs puisqu’il n’y a plus de fil aux téléphones), le directeur de la rédaction d’Equidia qui me propose de prendre en charge les sports équestres sur la chaîne. Stupéfaction. La télé, je n’ai jamais fait que de la regarder et les sports équestres, même si je les suis depuis quatre ans à L’Equipe, ce n’es pas non plus mon univers. Quelques jours de réflexion et puis je décide de me lancer. Je suis persuadé qu’il faut régulièrement se remettre en question dans la vie. Quitter L’Equipe n’est pas une mince affaire. C’est et ça reste toujours aujourd’hui MA maison. Mais voilà, un train passe et j’ai l’impression que j’aurai des regrets si je ne monte pas dedans. Et tant pis si je ne connais pas la destination, la prochaine gare ni même la durée du voyage.  En route donc pour une nouvelle aventure. Non non, pas un nouveau métier même si la presse écrite et la télé sont deux univers bien différents. J’étais journaliste à L’Equipe et je reste journaliste à Equidia.

J’ai heureusement la grande chance de ne jamais stresser. Les caméras ne me font pas peur et je préfère prendre ça comme un jeu. Après tout, la Terre continuera de tourner quoiqu’il arrive… Alors toujours relativiser. Voilà donc comment depuis bientôt un an, j’ai découvert un nouveau monde, comment j’ai découvert l’exposition en direct avec parfois des retours sur Facebook qu’on prend bien dans la tronche. Là encore, l’art de relativiser et de se dire que de toute façon, on ne peut pas plaire à tout le monde, est bien utile. La découverte aussi d’une facette moins drôle avec la négociation des droits télés, de la gestion d’un budget etc. Une partie pas forcément funky mais qui est compensée par le plaisir de commenter sur le terrain, d’essayer de retranscrire directement les émotions que l’on perçoit sur un Championnat ou une grosse épreuve. Avec la volonté de ma part de déprouproutiser tout ça, de traiter les sports équestres comme les autres sports et de les sortir du monde clos dans lequel trop se complaisent, sans comprendre que c’est en s’ouvrant sur le monde extérieur qu’ils se développeront.

Je ne sais pas combien de temps durera mon passage à Equidia. On ne sait jamais de quoi l’avenir est fait (ouh là, ça c’est de la pensée puissante…). Mais que ce soit à Equidia ou ailleurs, si je reste journaliste, je resterai fidèle à mon approche de ce métier que j’exerce donc depuis 20 ans. Pour prendre une métaphore juridique (j’adore les métaphores), certains de mes confrères se prennent pour des avocats, d’autres pour des procureurs ou des experts et même parfois pour des juges. Moi, dans mon cadre professionnel (je me rattrape sur ce blog), je tente avant tout d’être témoin, de rapporter ce que je vois,  ce que je ressens et de le partager.  Et cela fait 20 ans que ça dure. Putain, 20 ans…  

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..... à suivre... ou pas

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Le ciné de la semaine avec « Sherlock Holmes, Jeu d’Ombres ». Autant j’avais beaucoup aimé le premier, autant je suis cette fois sorti déçu. Sur ce que j’ai vu (j’avoue je me suis un peu endormi à quelques reprises… suis très très très très fatigué depuis quelques jours), l’intrigue est compliquée, les effets genre ultra ralenti, bien dosés dans le premier volet, sont cette fois sur-utilisés à mon goût. Reste bien évidemment la performance des acteurs, Jude Law et Robert Downey, impeccables. Petit coup de cœur très perso aussi pour Rachel McAdams (la dame de la photo de la semaine en haut à gauche)…  

Téléchargement
Un mot enfin sur le cirque Arlette Grüss actuellement en Tournée à travers la France avec son spectacle "L'Autre monde". Je n'étais jamais allé au cirque de ma vie et j'ai profité de mon passage prolongé à Bordeaux la semaine dernière pour rattrapper cette lacune. Un peu sceptique au départ, j'ai finalement adoré et passé une très belle soirée, notamment grâce à la seconde partie. Pas trop d'animaux (ça, ça me gonfle mais ça doit plaire aux enfants) et des numéros modernes, un vrai régal. Si ça passe près de chez vous, n'hésitez pas. 


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