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Pas de plomb dans la cervelle

Publié le 08 mars 2008 par Alain Hubler

Gun rangeChez les étatsuniens, on ne compte plus le nombre de fusillades et de morts qu’elles occasionnent. Régulièrement, un article, plus ou moins gore, vient nous annoncer que tel ou tel étudiant a massacré une plus ou moins grosse poignée de ses condisciples.

La dernière – à ma connaissance – en date a eu lieu le 14 février dans une université de l’Illinois clôturant provisoirement une série de cinq fusillades en milieu scolaire en une semaine.

Au lendemain de cet événement, tous les candidats «importants» à la Maison Blanche étaient unanimes à dire qu’il faut faire quelque chose pour arrêter ce genre de carnage.

Cela n’empêche pas tous ces candidats de soutenir, ou au moins de ne pas oser toucher à une lettre, du tristement fameux deuxième amendement qui garantit à tout citoyen américain de pouvoir porter une arme.

A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed.

Le courage politique a donc des limites qui se situent au bord des urnes.

Par contre, ce qui n’a pas de limite, c’est la bêtise humaine, y compris institutionnelle. Car, à l’opposé de Clinton, Obama ou même McCain qui se posent tout de même quelques questions sur ces massacres à répétition, mais ne font rien, une douzaine d’états envisagent très sérieusement d’autoriser le port d’arme dans leurs universités histoire de permettre aux étudiants de pouvoir se défendre contre un éventuel camarade désaxé et armé.

De la folie pure !

C’est un peu comme si l’on accordait, ici, en Suisse, le port d’arme aux femmes sous prétexte que la cause première de décès des femmes entre 16 et 44 ans est leur conjoint et que celui-ci agit souvent avec le très officiel fusil d’assaut confié par la Confédération.

Ce serait de la folie pure. Non ?

Ce serait pure folie, même si en 1989 un certain Marc Lépine a réalisé un carnage dans l’Ecole polytechnique de Montréal en tuant 14 femmes tout en hurlant «Je hais les féministes». Preuve, hélas, éclatante que «Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours» (Benoîte Groult).

Bonne journée internationale mesdames et prenez soin du monde, car, je le crains, les hommes en sont incapables.


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