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conversation avec mon moi de février

Publié le 13 février 2012 par Pjjp44
conversation avec mon moi de février
Serge, notre vigie (délicatement pirate) des médias , nous propose en ce début de semelle un article du blogueur SuperNo  "jamais content jamais d'accord mais toujours prêt à le dire!"
"Allez, un peu de littérature, ce n’est hélas pas si fréquent par ici.
 
Amok, c’est un mot originaire d’Asie du sud-est, qui désigne l’énergie du désespoir et la folie destructrice qui n’obéit plus à aucune logique. C’est le titre d’une nouvelle de Stefan Zweig. On trouve aussi ce mot chez Kipling ou dans les « Voyages » du capitaine Cook.
Si vous n’aimez pas la littérature, tant pis pour vous. Mais vous avez une nouvelle chance de connaître la signification du mot Amok : elle s’étale en filigrane dans tous les journaux qui narrent par le menu le comportement désespéré, aberrant et destructeur de Nicolas Sarkozy. Comme il n’a plus la moindre chance cartésienne de gagner, il cherche à provoquer le destin. N’ayant plus rien à perdre, il peut tenter les plus grosses âneries, des fois que ça marcherait…
 
Cette campagne électorale vire donc au grand n’importe quoi. Tous les jours ou presque depuis le début de l’année, c’est une nouvelle pitrerie, un nouveau scandale, une nouvelle saloperie.

  L’époque serait pourtant propice aux vrais choix de société :
  • La crise de la dette devrait nous faire réfléchir à la pertinence de mettre le pays à genoux (regardez bien la Grèce !) pour rembourser une dette indue.
  • Le Peak Everything, (dont deux des symptômes, le prix de l’essence et le risque de coupure de courant, se manifestent justement maintenant) devrait enfin mettre sur la table le débat sur l’opportunité de poursuivre cet objectif fou de la croissance infinie et de la société de con-sommation.
Mais non.
 
Les médias-aux-ordres ont sélectionné les candidats dits « importants ». D’ailleurs ils ne sont plus que deux. Les autres ? Il semble avoir été décidé qu’ils sont insignifiants. Oh, certes on écoute bien de temps en temps Madame Le Pen éructer, Monsieur Bayrou raconter des salades  ou Monsieur Mélenchon faire un bon mot, mais ça ne va pas plus loin. Pire, les autres (Joly, Dupont-Aignan, Villepin, Poutou, Arthaud) n’existent même pas. Ne parlons pas d’Hervé Morin, lui n’existe vraiment pas.
 
Et comme par hasard, les deux candidats restants sont d’accord sur tout ou presque. En tous cas sur le remboursement de la dette et sur le dogme indépassable de la croissance.
 
Ça limite forcément le débat.
 
Dans ces conditions, que dire, que faire ?
 
On glose sur les marronniers (le moment de la déclaration de candidature du sortant, le manque de signatures du FHaine). Et à deux mois et demi de l’échéance, pas la moindre idée de fond sur la table.
 
Une chose est sûre, (ou presque), Sarkozy va se faire ratatiner, écrabouiller, karchériser. Une boucherie. A côté, les autres en sont déjà au partage des postes. Et ça, il ne l’admet pas. Sa petite fierté en est toute retournée. Alors il fait n’importe quoi. Amok.
 
Il y a la hausse de la TVA patronale. Comme je l’avais souligné, c’est un suicide électoral. Tous ceux qui veulent s’en donner la peine et ne pas tomber dans le piège de la propagande UMPatronale du « ah oui, mais ça va créer des zemplois » peuvent comprendre qu’il s’agit de faire payer aux salariés (et aux chômeurs, retraités…) ce qui était auparavant payé par les entreprises. Un peu comme si votre patron décidait du jour au lendemain que désormais, c’est vous qui allez acheter les fournitures de bureau (voire les ordinateurs) avec votre pognon.
 
Plus généralement, cette polémique ridicule sur « le coût du travail » en France devrait réveiller le sens critique le plus endormi. Car le gros du « coût du travail », c’est tout de même le salaire. Et ce que Sarkozy et Parisot appellent « le coût du travail », c’est la seule source de revenus de la plupart d’entre nous. Qu’ils souhaiteraient évidemment bien diminuer. Ah, c’est sûr, si les salariés français acceptaient de travailler gratuitement, la France serait plus compétitive et il y aurait moins de chômage !
 
La remise en cause du code du travail et des conventions collectives au profit du contrat entre employeur et salarié relève aussi de la pire saloperie, et n’est évidemment que la transcription d’un fantasme du Medef.
 
L’accumulation de ces mesures antisociales en ces derniers mois de mandat, après un quinquennat qui restera lui-même dans les annales du recul social, n’est certes pas le fruit du hasard. Sarkozy est un terroriste en service commandé, il sait qu’il va être abattu par les électeurs, et il met toute l’énergie qui lui reste pour remplir son contrat et faire le maximum de dégâts tant qu’il le peut encore.
 
Dans ces conditions, le sauvetage à tout prix de l’usine Lejaby par son ami et témoin de mariage Arnault, première fortune de France, est tellement gros qu’il a une force comique. Il ne pensait tout de même pas que ce sauvetage artificiel et relevant de la pure propagande allait faire oublier les 700 000 chômeurs supplémentaires officiels (et bien plus en réalité) du bilan sarkozyste ? Dans la vraie vie, les usines ferment tous les jours, dans l’indifférence et le mépris des politicards, de droite comme de « gauche ».
 
Dans le genre Amok, l’entrée en campagne d’Angela Merkel, la VRP des banksters, l’oppresseuse des Hellènes, explose aussi les limites de la décence et de la contre-productivité. Outre l’incongruité totale de l’ingérence d’un chef d’État étranger dans nos affaires, c’est à se demander si Sarkozy n’a pas débauché l’équipe de stratèges et de communicants de Jospin en 2002. A moins qu’il ait confié le truc à Benjamin Lancar, après le succès du Lipdub … Car franchement, au niveau potentiel de génération d’enthousiasme, Angela Merkel doit être à peu près entre Hervé Morin et le Père Fouettard… Chacune de ses apparitions télévisuelles provoque un pic de consommation d’antidépresseurs. Sans compter les vieux qui ont connu les privations de l’occupation allemande (une tranche importante de l’ex-électorat sarkozyste) et qui disent encore « Les Boches  », qui vont forcément lui faire une ovation… D’autant que la santé économique de l’Allemagne est nettement survendue.
 
La dernière foutaise en date est particulièrement symptomatique de l’état de désespérance de Sarkozy. Utiliser Claude Guéant pour agiter une fois encore les antiennes racistes et beaufesques force le respect : les pitoyables et pathétiques pitreries de ce petit pignouf de préfet puant, dragouillant avec une lourdeur pesante les bas instincts des électeurs du FHaine, c’est insupportable autant que désespéré. Il a déjà oublié que les nombreuses tentatives précédentes se sont transformées en boomerang et lui sont revenues en pleine gueule. Rappelez-vous le fumeux « débat sur l’identité nationale »… Rappelez-vous les objectifs d’expulsion…
 
Tiens, Sarkozy, Guéant, Besson, Hortefeux… Ce sont les mecs qui ont voté les traités européens qui abolissent les frontières intérieures de l’Europe. Ce sont les mecs qui y ont fait entrer la Roumanie. Ce sont les mecs qui s’étonnent ensuite de voir les Roumains déferler sur la France. Ce sont les mecs qui les expulsent avec un petit billet, les comptent et se félicitent d’en expulser de plus en plus. Ce sont les mêmes qui s’étonnent de les retrouver en France 15 jours après. Mais tant mieux, ils peuvent les expulser à nouveau, c’est bon pour les statistiques. Heureusement que ces mecs sont français, car « ça aurait été des Belges, on se serait foutu de leur gueule un moment »®.
 
Bref, quand Guéant déballe devant les petits fachos de l’UNI son couplet à 2 balles sur « toutes les civilisations ne se valent pas », ce n’est que la traduction faux-derche de quelque chose comme « Y’a trop de bougnoules en France. C’est vrai, quoi… On est envahis ! Et y’a rien à en faire, ces gens-là ne sont pas comme nous… Y vivent des zallocs et du RMI pendant qu’on bosse, et leurs femmes sont bonnes qu’à chier des gosses. Et ça égorge le mouton dans la baignoire… » ® etc. etc.
 
Qu’est-ce que ça vient foutre dans la campagne électorale ??? C’est totalement surréaliste !
 
Du coup, quand un député « socialiste » embraye et nourrit le troll en faisant remarquer que ce genre de raisonnement a conduit au nazisme (ce qui n’est pas faux, en plus), le pataquès occupe instantanément la totalité de l’espace médiatique, et tient lieu de campagne électorale. Plus besoin de programme, la course au buzz médiatique est largement suffisante.
 
On aura tôt fait de se retrouver ainsi au 22 avril, pas plus avancés.
 
D’ici là, Sarkozy, terroriste qui vide sa Kalach, peut encore tenter les nouveaux coups que Laurence Parisot lui susurre dans l’oreille : supprimer le SMIC, comme en Allemagne…… Supprimer le CDI, comme Mario Monti, la marionnette installée par les banksters, est en train de le faire en Italie…
 
Tous les chasseurs vous le diront : les réactions d’un animal blessé à mort sont imprévisibles et d’autant plus dangereuses."
SuperNo
conversation avec mon moi de février
-et pendant ce temps là la Grèce " tout feu tout flamme" n'en finit plus de désespérer des mesures d'austérité que le FMI  (rimant particulièrement bien  avec infamie) et Bruxelles (pas la belle, l'autre) leur ont concoctées soit-disant pour redresser le pays, traduisons: pour protéger leurs potes financiers et faire payer aux smicards du cru et ptites retraites tous les détournements de fric instaurés depuis des lustres avec la bénédiction des comptables étoilés, les fameux techno-gratte tout ce que tu peux.
Pour l'instant , nous autres, on assiste gentiment au spectacle du monde qui s'émulsionne avec au fond du décor tricolore  les fameux rideaux ignifugés bien de chez nous sensés nous protéger- comme autant de chantrale nugléaire- made in Franchouille- de tous les risques passés présents et en devenir.

Certes, ça ne fait pas plaisir de voir une bibliothèque brûler. Voui, je m'excuse mais même si je n'apprécie que modérément des méthodes consistant à cramer des bâtiments quels qu'ils soient, mon coeur d'artichaut breton fait que je suis plus touché lorsqu'on brûle des livres (et ça rappelle de bien sinistres choses...) que la succursale d'une banque quelconque. Comme le disait précédemment,  avec ses mots à lui, Msieur Lacroix,  from Belgique, les pouvoirs en place (de grève)  ont toujours eu une certaine habitude de laisser pourrir et donc dégénérer les situations, pour ensuite envoyer la cavalerie de l'ordre, la morale et tout le fatras au service de nos peurs et surtout de leur grain de vie.
Ben oui mais toi quand t'étais jeune? ( voix made off)
Quoi! tu veux me faire dire que parfois j'ai été très con...Ben oui...et  je  reconnais volontiers que les méthodes utilisées produisent parfois  l'effet contraire de celui souhaité. Et là, encore  je veux parler des  quelques fois où l'on fait semblant de  penser  avant d'agir ce qui est loin d'être toujours le cas...A dame forcément ça te fait rigoler , tu te dis que l'autre énervé d'hier, il est en train de prendre un coup de vieux et donc de mou. Vi, t'as sans doute raison mais ptêt aussi  (oh l'excuse) qu'avec les z'ans zi barre j'ai appris comme le miroir de la salle de bain qui me renvoie heu!- quelque vérité- ben j'ai appris à réfléchir.Seulement, la colère, celle qui nous empêche d'être complètement paillasson devant "Seigneur, mon bon maître" elle est toujours là, vivace, dans cet  éternel jeu de dupes;  C'est au niveau des moyens employés que la formule a changé. J'ai découvert peu à peu l'inutilité de fonctionner comme les bouledogues du kapital, car à moins de se venger d'avoir loupé son examen d'entrée de garde de sécurité mobile et compagnie -ce qui serait quand même un comble vu le niveau requis- ou de soigner son romantisme comme un François-René sur son caillou battu par les vents; il me semble -humblement qu'il y a certainement des manières plus intelligentes, productives (et rigolotes)  de s'attaquer au pouvoir que de cramer une bibliothèque , un cinéma et même...une banque.
Il ne faut jamais utiliser les mêmes armes que ses ennemis au risque  de se confondre un jour avec leur ombre...
Mes bien chers soeurs et frères, le sermon du jour est fini, vous pouvez filer direct à la boulangerie vous prendre un pain. et surtout, n'oublions jamais :
"La révolution sera joyeuse ou ne sera pas."
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