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Vega

Publié le 14 février 2012 par Toulouseweb
VegaUne « petite » fusée européenne.
L’offre spatiale européenne s’enrichit: le premier lancement de Vega a parfaitement bien réussi, depuis le Centre spatial guyanais, un événement plus important qu’il n’y paraît à première vue. Il s’agit, en effet, du complément logique de l’imposante Ariane 5 et du Soyouz russe, une petite dernière qui va utilement compléter les moyens proposés par le Vieux Continent sur le marché des mises sur orbite commerciales.
Vega est une «petite» fusée, de 30 mètres de hauteur et de 3 mètres de diamètre, capable de placer une charge utile de deux tonnes et demie environ sur orbite basse. Elle est née d’une idée italienne et la Péninsule l’a financée à hauteur de 65%, le moteur P80 du premier étage mis à part puisqu’il est français et confié au CNES.
L’Agence spatiale européenne est maître d’ouvrage tandis que la maîtrise d’oeuvre industrielle est confiée à la société italienne ELV. D’autres pays européens participent au financement, Belgique, Espagne, Pays-Bas, Suède et Suisse. Il s’agit donc bien d’une oeuvre communautaire, soutenue dès l’origine par l’Agence spatiale italienne qui en a fait la promotion avant de convaincre ses partenaires d’aller de l’avant en 1998.
Le premier lancement, qui a parfaitement réussi le 13 février, a permis de mettre sur orbite deux satellites en même temps que sept «nano-satellites», certains d’un kilo à peine, mieux à leur place que sous la coiffe d’une Ariane ou d’un Soyouz.
Le but de l’opération est évidemment commercial. Jusqu’à présent, les concepteurs de satellites ne trouvaient pas en Europe des moyens de lancement adéquats. Dorénavant, l’offre sera complète, d’autant que Soyouz, dont l’origine est tout à la fois militaire et soviétique, à l’image d’un passé lointain, est tout à fait européanisé. Il est lui aussi lancé depuis peu de Guyane et n’est plus considéré comme une anomalie historique au sein de cette panoplie.
En un premier temps, Vega va démarrer lentement, probablement au rythme de deux lancements par an, mais est susceptible d’ensuite monter en puissance. Ariane 5, en haut de gamme, devrait continuer sa carrière au rythme moyen de l’ordre de six à sept tirs par an, Soyouz se contentant de trois à cinq tirs annuels.
Rien n’est figé pour autant. La réflexion sur la relève est engagée, d’autant qu’il faut de nombreuses années pour concevoir, développer et commencer à produire une fusée. Reste le fait, curieusement, que la notion de lanceur réutilisable tarde singulièrement à se matérialiser. Une formule envisagée de longue date, mise entre parenthèses depuis que la navette spatiale américaine a été définitivement retirée du service. Le secteur spatial, symbole fort d’application de technologies de pointe, obéit à des règles et à une logique qui lui sont propres.
Pierre Sparaco - AeroMorning

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