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Quand l’Allemagne doit de l’argent à la Grèce

Publié le 14 février 2012 par Zappeuse

Quand l’Allemagne doit de l’argent à la GrèceIl pourrait s’agir de la rondelette somme de 81 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien pour un pays exsangue comme la Grèce, où la population n’a plus que le choix de l’insurrection pour cesser de se faire pomper le sang par les vampires de la finance. Cette somme correspond à un emprunt contracté par l’Allemagne nazie lors de la IIe Guerre mondiale, auquel s’ajoute les intérêts jusqu’à aujourd’hui. Cet emprunt avait tout d’un vol et les nazis n’étaient pas suffisamment délicats pour daigner rembourser quoique soit, le peuple grec devant en mourir. On parle de 300 000 Grecs morts de faim pendant la guerre (La Gazette de Berlin annonce le double). Sans parler des déportations, des destructions, …
Bien sûr, l’Allemagne nazie n’est pas l’Allemagne d’aujourd’hui. Malgré toute l’antipathie que m’inspire madame Merkel, je trouverais abject de la comparer, même de loin en rigolant, à Hitler. Cette histoire était là avant elle, mais elle aurait tout à gagner à mettre les cartes sur la table … et les euros dans les caisses grecques.
Pourquoi cette dette n’a-t-elle jamais été remboursée ? tout simplement parce-que ce n’était pas prévu par les accords de paix de 1945. Il s’agissait alors de ne pas refaire les erreurs du Traité de Versailles, qui, en rendant le peuple allemand seul responsable du conflit et en lui faisant payer le prix fort, avait mené directement au nazisme et au deuxième conflit mondial. Donc pas question d’envoyer illico la facture à l’Allemagne, d’autant plus que, dans le contexte de la guerre froide naissante, une Allemagne économiquement forte devenait un excellent rempart contre le communisme. Un accord de 1953 prévoit néanmoins un paiement possible de la dette de l’Allemagne nazie si l’Allemagne est réunifiée, chose à laquelle on croyait assez peu. Arrive 1990 et la réunification : par un tour de passe-passe, l’Allemagne toute neuve échappe au paiement de la facture. Mais les archives, les historiens et les journalistes n’ont pas forcément la mémoire courte, et l’affaire ressort pile au moment où les Grecs, trahis et désespérés, mettent le feu à leur pays quand ils n’essaient pas purement et simplement de le quitter.

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