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Takieddine, Kadhafi, Sarkozy, le gros stress.

Publié le 15 mars 2012 par Juan
Takieddine, Kadhafi, Sarkozy, le gros stress. Lundi soir sur TF1, Nicolas Sarkozy n'avait pas apprécié que la journaliste Laurence Ferrari l'interroge sur le financement de sa campagne de 2007 par le colonel Kadhafi. L'accusation s'était précisée chez Mediapart.
On le comprend. Il avait presque réussi à nous faire oublier ces tourments. Les rappeler à une heure télévisuelle de si grande écoute fut une très mauvaise expérience pour le candidat sortant.
Le candidat Nicolas n'aimait pas qu'on lui rappelle son passé de mallettes.
« Je suis désolé pour vous que vous soyez la porte-parole du fils de Kadhafi. Franchement, je vous ai connue dans un meilleur rôle ».
Nicolas Sarkozy s'abritait derrière la piètre crédibilité de la famille Kadhafi pour mieux défendre son innocence. Seulement voilà, l'accusation de financement occulte n'émanait pas, cette fois-ci, de l'un des fils Kadhafi mais de personnes bien plus proches du chef de l'Etat: le médecin personnel de Ziad Takieddine, l'ancien compère de négociations d'armement de Claude Guéant et Nicolas Sarkozy au début des années 2000.
Didier Grosskopf, c'est son nom, s'était confié à un ancien membre de l’équipe de campagne d’Edouard Balladur, en 1995, Jean-Claude Brisard, spécialisé désormais dans le renseignement. Neurochirurgien proche de Takieddine, il avait été envoyé ou soigné quelques personnalités en Libye. Et c'est ainsi, relate Mediapart, qu'il a recueilli des confidences, couchées sur le papier par Brisard.
1. « D’après la note, les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005. » Brice Hortefeux, à l'époque ministre des collectivités locales (sic!) auprès de Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, a confirmé un voyage en  Libye à l'époque mais nié qu'il ait été question de financement politique.
2. Dans la même note, Médiapart a également trouvé des explications sur le montage financier qui accompagnait la vente d'équipement de surveillance de la société Amesys, via Guéant, Hortefeux et Takieddine: « Le « montage » inclut ainsi une société « BH » au Panama, plus une banque suisse non déterminée. Ce passage se clôt par une phrase sans ambiguïté : "Financement campagne totalement réglé" ».
Là encore, Hortefeux plaide l'ignorance. Ce contrat est un autre scandale de l'avant-Sarkofrance: pour des raisons mal explicitées, Nicolas Sarkozy a aidé à la vente de cet équipement à la Libye alors qu'il n'était que ministre de l'intérieur. Ce dispositif a aussi permis au régime Kadhafi de placer tout le pays sur écoute (téléphones, Web, etc), avec le concours de formateurs français. Enfin, Philippe Vannier, le directeur général de la société Amesys a été promu Chevalier de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy en ... juillet 2011.
Cette note confirme certains points déjà connus et révélés par Mediapart l'an dernier: le site d'information citait notamment quelques extraits de notes personnelles de Ziad Takieddine. Dans l'une d'entre elles, Takieddine évoquait une visite préparatoire en Libye en septembre 2005 qui, écrivait-il à Claude Guéant, « doit revêtir un caractère secret », car Claude Guéant sera ainsi «  plus à l’aise pour évoquer l’autre sujet important, de la manière la plus directe…» 
Quel était cet « autre sujet important » ?
En septembre, l'ex-épouse de Ziad Takieddine, Nicola Johnson, avait confié aux juges que son mari faisait des voyages avec la Suisse dès 1995, cette fois-ci pour financer la campagne d'Edouard Balladur. Puis en décembre dernier, elle ajoutait que Brice Hortefeux. serait venu chercher, en 2005, « une somme en espèces auprès du marchand d'armes lors d'une visite à son domicile avenue Georges-Mandel, à Paris, en compagnie de Thierry Gaubert
Cette information, car c'en est une, a été reprise dans le monde entier. Ami sarkozyste, réalise donc la chose. Nicolas Sarkozy, ailleurs qu'en France, était donc marqué d'une autre infamie, une gigantesque affaire de corruption.
Sur TF1, ce lundi soir, il s'offusqua d'être accusé par le fils d'un immonde dictateur pourtant déjà mort. 
Ce n'était ni la question ni le problème. 
Nicolas Sarkozy était accusé par des témoignages d'anciens proches. 


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