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A long terme nous sommes tous morts; en attendant, il y a à faire.

Publié le 27 mars 2012 par Chapitre5.com

Ce titre est une citation de Keynes. Il nous rappelle qu’en bourse, le présent doit être pris en compte sans trop se soucier des conséquences sur le long terme. Il s’occupera de lui-même. On pourrait dire aussi « à chaque jour suffit sa peine ». Ou en allemand: morgen ist auch ein tag.

Notre précédent post titrait: « le ciel se dégage », et ça continue. Les marchés actions sont au plus haut à New York et en Asie. En France, les cours demeurent capés vers 3500, mais un phénomène se manifeste quand même: les grandes valeurs industrielles et internationales semblent recherchées. Sur le CAC, Alcatel, Dassault Systèmes et STMicro, l’ automobile (constructeurs et équipementiers), St Gobain et nos leaders mondiaux dans tous les domaine sont recherchés. Idem  en Europe. Le Nasdaq affiche aussi la même orientation haussière. L’analyse technique ne repère nulle part aucune figure baissière durable. Même si certains analystes trouvent que cette hausse est trop rectiligne pour être naturelle et semble faite par les ordinateurs et leurs algorythmes avec des volumes faibles, il faut faire avec.

Cela peut signifier le retour d’acheteurs vers les fabricants d’ investissements, donc leur préférence pour le risque industriel, le seul qui prépare l’avenir. La consommation par contre, demeure sous pression. C’est là le cycle normal des sorties de récession.

Ailleurs, la crise financière semble sous contrôle. Peu importe ce que dit la moralité sur les méfaits des banquiers ou la complaisance des gouvernements. Les autorités financières mondiales( banques centrales et FMI) sont bien coordonnées pour éviter tout accident systémique. Sans doute parce qu’elles y ont un intérêt commun, la meilleure raison du monde…Le fait est désormais patent: aucun membre du G20 ne fera défaut au sens juridique de ce mot. L’Allemagne n’a jamais eu envie de quitter l’€. La Grèce a ménagé un « accord volontaire !  » de ses créanciers pour leur abandon de 75% de leurs droits.  Il permet de ne pas activer les CDS et donc d’ éviter une nouvelle faillite du genre AIG ( l’ assureur US en était le garant ultime en 2009 et dut être renfloué par l’ Etat). L’Italie a repris le contrôle de ses affaires et sa classe politique est muselée; l’ Espagne demande un peu de temps, mais ne remet rien en cause. Enfin les QE de la BCE et celui à venir de la Fed garantissent la liquidité du système financier.

Et quand il y a des liquidités, les actions montent. Si une bulle  se forme, elle crèvera sans doute un jour mais rien ne l’ annonce. Et moins encore sur quel niveau. Un krach de 20% à partir de 4300 sur le CAC le ramènerait …aux cours actuels.

Reste le cas particulier de la France. Le candidat du PS inspire visiblement la plus grande méfiance à ces mêmes autorités internationales et aux gouvernements: car son programme ne tient compte, ni de  la réalité de la crise financière, ni des faiblesses structurelles de notre économie. Ni de la mondialisation. Pour l’ aider à comprendre et surtout, à se débarrasser de ses alliés les plus réactionnaires, une embuscade semble en train d’être tendue. Londres a mis en place un marché pour jouer sur la dette française avec un effet de levier de 20 et qui requiert donc peu de moyens. Il permettra aux « spéculateurs » de créer une panique au lendemain de son (éventuelle) élection. Et de faire doubler le coût des OAT vers 5,5%( niveaux espagnol ou Italien). Ce serait insupportable pour notre budget qui a besoin d’émettre des emprunts internationaux à jet continu. Il lui faudrait alors choisir entre sortir de l’union européenne et de l’€ (hypothèse improbable encore plus qu’ en 1983) ou faire son travail d’homme d’Etat. Ce serait un remake des opérations menées par Georges Soros en 1992 et 1998: en attaquent la £ , il a obligé les politiciens anglais à revenir au sérieux et a contribué de manière décisive à la prise de conscience par l’opinion publique britannique de la nécessité des réformes. Bis repetita. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Or précisément, les sondages semblent montrer que l’opinion publique française est plus avancée que ses représentants sur cette nécessité….

A court terme, les actions françaises et donc l’ Eurostoxx présentent un risque politique. Mais cela ne durera pas et constituera une occasion d’entrer à meilleur compte. Surtout sur les banques toujours les plus frappées en cas de peur. Bien sur, les obligations et titres à revenu fixe sont de plus en plus dangereux. Entre l’inflation et la hausse des taux, ils ne peuvent qu’entamer un cycle de baisse durable,  parallèle au cycle de hausse qu’ils ont connu entre 1982 et 2006.

Nous réitérons notre sentiment: on ne peut pas être absent du marché des grandes actions internationales.


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