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Où le débat ne s'élève toujours pas...

Publié le 27 mars 2012 par Spartac

On avait espéré benoitement voir la campagneprésidentielle prendre de la hauteur. La tragédie meurtrière des deux dernièressemaines semblait devoir couvrir d'un voile pudique les incessantes attaquesdont est jalonnée la voie présidentielle.
Le moins que l'on puisse dire c'est que c'estplutôt l'inverse qui s'est produit. La dignité affichée et l'union nationale n’aurontmême pas attendu la fin des obsèques des victimes pour s'effilocher...
La première offensive est venue du Front National,qui dès l'identité de l'encore suspect dévoilée, sont passés à l'attaque. Onimagine sans mal le soulagement qui a du saisir les le Pen et consorts, lorsqueil fut assuré que les attentats n'étaient pas imputables à l'extrême droite.Une tribune virulente, adressée avec élégance aux « Salauds »imputant à l'extrême droite le climat malsain, une charge sur l'islamisation dela France, dès la première matinale, les gars de la Marine étaient visiblementdans leurs starting block. Marine le Pen a continué son festival ce dimanche,lors d'un meeting à Nantes.

Où le débat ne s'élève toujours pas...

Sans commentaires...

Le drame du frontiste, c'est qu'il n'est pas assezrentré dans l'histoire, pour pasticher un certain discours de Dakar. Ils s'enseraient même plutôt arrêtés un peu avant la IVe République. A l'acte d'un fou,le Front National invente la croisade contre le fascisme vert. Eva Joly n'arien à craindre, le fascisme vert ce n'est pas elle, c'est l'islamisme rampantqui sape les fondation de notre si unie République. Pour faire un peu d'étymologie,je me suis penché sur l'origine de ce mot. Provenant de l'italien fasci ou faisceaux, il se rapporte àl'emblème de l'autorité de la Rome Antique. Il s'agit surtout d'une forme detotalitarisme symbolisée par l'Italie de Mussolini.
Ainsi donc devons nous craindre que des légions enfoulards verts prennent le contrôle de notre pays? Je suis sur ce pointcirconspect. Cet emploi n'est sans doute pas anodin de la part des plumesfrontistes, qui en ce sens veulent banaliser le fascisme, et rendre sans douteplus respectable la période mussolinienne, dont les héritiers sont leurs alliéssur la scène européenne.
Passons sur ce point, qui n'est sans doute pas dedétail, pour voir l'utilisation des tueries. Sans surprise, le Front Nationalreprend son leitmotiv sur la peine de mort, et propose aussi le port debracelet électronique pour les voyageurs revenant de pays « suspects »,un contrôle des prêche dans les mosquées, et tout cela bien entendu, sansstigmatisation de la population musulmane.

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La radio n'amincit pas les dérapages verbaux

Population musulmane qui a sans doute apprécié à sajuste valeur la sortie du président sortant d'hier. Interrogé sur les victimesmilitaires, pour décrire deux d'entre elles a parlé de "Comment dire?De musulman d'apparence...". Il manquait ce terme sur l'échelle desstéréotypes. Pas de chance pour les victimes, qui auraient du porter en sautoirun crucifix pour s'éviter des désagréments. Ce mot malheureux de NicolasSarkozy est à mettre sur le compte de sa méconnaissance de l'histoire desreligions, de sa légendaire maladresse verbale, mais aussi d'une idéegénéralement préconçue. Partagée par l'extrême droite, cette vision quemusulman et arabe sont la même chose, tout comme l'idée que toutes lespersonnes d'origines du Maghreb sont arabes. Voilà une phrase plus quemaladroite et malvenue, qui montre la méconnaissance culturelle du président,méconnaissance partagée sans équivoque par certains de ses proches ayant de lacivilisation une conception toute personnelle...
Bref... Cette "petite" erreur sémantiquen'est que la suite de la charge post toulousaine. En effet, l'UMP a offert saplus belle palette, avec une charge de Valérie Rosso Debord, alors que lacérémonie en hommage aux victimes militaires n'était point finie, contreFrançois Hollande. Charge téléguidée par l'inspiré Jean-François Copé, préludeà la stratégie de communication sur les attentats du camp Sarkozy.Coupables? La gauche, qui n'a pas voté les mesuresdu quinquennat, notamment sur le port de la burka. Laxisme de la gauche, etcharge sécuritaire.
Rien que du prévisible pour le président sortant,qui tout en accusant les autres de récupération, souhaite surfer sur un courantsécuritaire dont il maitrise les enjeux. Encore une fois, on a eu droit à despropositions à l'emporte pièce, destinées à sanctionner la consultation de siteterroriste notamment. A charge à la gauche d'y apporter son soutien, sans s’interrogersur leur bien fondé.
D'un drame national ne débouchent que despropositions faibles, de la haine ne nait qu'opportunisme et règlement decompte. La campagne ne s'est pas élevée,  la France ne s'est pas grandie.Un François Bayrou au diapason des observateurs internationaux dénonçant unclimat délétère, s'est vu accusé de récupération et insulté par les frontistes,alors que ces questions sont pour le moins légitimes
Ainsi, face à ce drame, il n'y aurait qu'uneréponse juste, celle du talion et de l'attaque sans discernement contre unereligion, une population assimilée à tort aux extrémistes, par des politicienssans discernement culturel... Face à un drame dont les motivations profondesont peut être à chercher dans la société elle même, il est nécessaire deprendre un certain recul. Recul que la campagne ne permet pas. Alors il estainsi plus aisé de s'en servir comme une arme médiatique.
Sauf que ce drame à 4 semaines d'un premier tour,ne dévie pas les Français de leurs préoccupations d'emploi et d'avenir. Preuveque dupés deux présidentielle à la suite, ils attendent aussi cette fois dessolutions à leurs problèmes. Le rapport de force ne s'est pas inversé. NicolasSarkozy en off sous contrôle, peut dire que François Hollande et nul, celui-cia évité les polémiques et la basse politique dans un passage difficile pourlui. Cependant face à un Mélenchon donnant de plus en plus de voix, il va luifalloir s'affirmer et rappeler que la seule voie pour que la gauche accède aupouvoir, c'est lui.
Et pendant ce temps, alors que se tassent les polémiques françaises,elles enflent Outre Manche d'une manière plus badine, lorsque des députés enhommage au Jubilée des 60 ans de règne d'Elisabeth, proposent de renommer BigBen, Big Beth. Gosh! Un symbole phallique à grosse cloche en hommage, curieuseidée...

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