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L’ouragan Hurricanes

Publié le 28 mars 2012 par Sudrugby

Depuis la reprise du Super 15, une équipe n’en finit plus de briller à la surprise quasi générale. Il s’agit des Hurricanes. En effet, la franchise basée à Wellington a enregistré sa 3ème victoire en 5 rencontres pour pointer à une bien prometteuse 6ème place. Les joueurs de Mark Hammett ont eu raison des Lions, de la Force et dernièrement des Blues. Equipes pour le moins en difficulté actuellement, notamment pour ce qui est des Blues, se classant à une 15ème et dernière place. Mais si les Canes se sont contentés de gagner face à de « petites cylindrés », les deux revers subis ont été reçu par des équipes pour le coup de calibre bien supérieur. Il s’agissait des Stormers (défaite 39-26), équipe sud-africaine certainement la mieux garnie et des Highlanders (défaite 19-17), autre véritable surprise de ce début de saison du côté du pays au long nuage blanc. Mais ce n’est pas tout. Ce qui nous amène à parler d’un « ouragan Hurricanes », c’est le fait que toutes ces victoires ont été obtenues à l’extérieur. Les Hurricanes n’ont pour le moment joué qu’un seul match à domicile. Et si la notion domicile/extérieur est moins significative qu’en Europe, c’est une très bonne habitude qu’ils ont pris de gagner hors du Westpac Stadium. Pis, cela témoigne de ce qu’on pourrait appeler comme un « renouveau » chez les Canes.

Beauden Barrett Wellington Hurricanes All Blacks

Beauden Barrett (ballon en main), symbole du renouveau des Hurricanes cette saison - Crédits: Photosport

En effet, à la veille du début de la compétition, peu de spécialistes donnaient les coéquipiers de Conrad Smith en tête de pont de ce Super 15. Tout laisser présumer une saison bien difficile, dans le ventre mou du classement, voire pire. Rendez-vous compte, les Canes ont perdu pas moins de six internationaux avec Ma’a Nonu, Piri Weepu, Andrew Hore, Neemia Tialata, Hosea Gear et Aaron Cruden partis vaquer vers d’autres terres. Rien que ça. La 1ère ligne se retrouvait ainsi décomposée, la charnière perdue et Conrad Smith se retrouvait orphelin de son meilleur bras droit Nonu. Mais les Canes ont tenu le coup sans leurs cadres d’un jour. Mieux, ils ont retrouvé des joueurs performants à chaque poste.

TJ Perenara Wellington Hurricanes

TJ Perenara, l'autre perle de la charnière

C’est le cas pour la charnière. A peine 19 ans et demi de moyenne d’âge mais que dire de l’association Peranara-Barrett. Ils éjectent vite et bien, font vivre les joueurs autour d’eux, se montrent efficaces dans la gestion du jeu au pied… Une bonne charnière en somme. De plus, Beauden Barrett affiche des statistiques tout à fait convaincantes face aux perches. Certains le voit comme le successeur d’un certain Dan Carter à la tête des Blacks… Il n’est pas moins l’espoir de tout un pays au poste de demi d’ouverture (parmi tant d’autres !). Il symbolise à lui seul la nouvelle vague des Canes. Ce vendredi, c’était au tour des Blues d’Auckland de faire les frais de ce « renouveau ». Tout n’allait pas dans le meilleur des mondes pour des Canes indisciplinés et privés de ballon. Les Blues pensaient avoir fait le plus dur jusqu’à la dernière minute où après une percée de 50 m, Barrett envoya Smith réduire à néant les espoirs des Blues. Ou presque. Cela permit aux Hurricanes de revenir à un point. Barrett lui-même réussit la transformation de la gagne, quelque peu excentrée. Tiens, tiens… Quand on vous le dis qu’il y a du potentiel chez ce jeune joueur. Face à des Blues forcément consternés, les Canes prenaient par la même occasion le bonus offensif. Une victoire à 5 points pleine d’opportunisme, ce dernier ayant mené à 3 des 4 essais jaunes et noires, sur des coups joués complètement contre le cours du match. Qu’importe, il en faut. Beauden Barrett donnant à Conrad Smith, l’ouvreur transformant part la suite. Ne serait-ce pas le symbole d’une équipe à la fois jeune et expérimentée, bon autant devant que derrière ? Le staff n’aurait-il pas trouvé le bon mélange ? Sans doute. Il faut dire qu’en plus d’être performants en terme de résultats, les Hurricanes ont retrouvés des vertus offensives avec pas moins de 29 points marqués par rencontre. Ces vertus offensives qui leurs faisaient justement défauts les années passées…

Victor Vito All Blacks Wellington Hurricanes

Victor Vito, valeur sûre du pack jaune et noir

Dans le sillage d’un Victor Vito impérial, la 3ème ligne découpe à tour de bras, gratte de précieux ballons, avance systématiquement. Le trio Jack Lam- Karl Lowe (ou Levave vendredi) et donc Victor Vito en n°8 font les beaux jours des Canes. Les Blues savent de quoi nous parlons… Il en va de même pour l’attelage Trush-Eaton, formidable dans les airs avec pas moins de 6 ballons récupérés en touche à eux deux sur lancers adverses. Cependant, la 1ère ligne reste un (le ?) point faible des Canes en ce début de saison, bien que nous sommes déjà au tiers de la phase de poules. Elle a constamment subi en mêlée fermée face à leur homologue des Blues et s’est retrouvée à mainte reprise pénalisée. Mais le recrutement de Mike Cron – spécialiste de la mêlée au sein des Blacks – à l’intersaison devrait permettre le redressement ce cette 1ère ligne. Et par la même occasion permettre aux Hurricanes d’être performants tout au long de la saison. La dynamique actuelle nous laisse en tout cas penser cela. La franchise ne gagnera sûrement pas le titre mais tentera de se frayer une place dans une poule néo-zélandaise (très) relevée pour ainsi jouer les troubles fêtes le plus loin possible. Ca a déjà commencé…


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