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Interview (presque) imaginaire : Jean-Luc Mélenchon

Publié le 28 mars 2012 par Legraoully @legraoully

Interview (presque) imaginaire : Jean-Luc Mélenchon

RENAN APRESKI : Ici Brest, les Bretons parlent aux Lorrains ! Égalité des temps de parole oblige, je recevrai d’ici le 22 avril chacun des dix candidats à la présidence de la République. Je me trouve donc actuellement en compagnie du candidat qui a enregistré dernièrement la plus forte poussée dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche ! Bonsoir, monsieur Mélenchon !

Interview (presque) imaginaire : Jean-Luc Mélenchon
JEAN-LUC MÉLENCHON : Essayez pas d’jà de m’embobiner avec vos paroles doucereuses, vous perdez vot’ temps !

R.A. : Pardon ?

J.-L.M. : Je vois clair dans ton jeu, on m’la fait pas, à moi : tu m’couvres de fleurs histoire d’endormir ma méfiance et mieux pouvoir me tomber sur le râble avec une question chiante ! Mais t’en es pour tes frais, je suis pas un débutant, moi !

R.A. : Heu… Bien. Alors, monsieur Mélenchon, les derniers sondages vous sont extrêmement favorables, est-ce que vous êtes contents ?

J.-L.M. : Non, j’espérais faire moins.

R.A. : Quoi ?

J.-L.M. : Évidemment que je suis content, abruti ! À ce train-là, chuis parti pour faire 15% au premier tour, chuis en train de faire mordre la poussière à l’héritière du borgne, j’vais faire perdre Sarkozy et forcer Hollande à gouverner à gauche ! Et tu voudrais qu’j’me plaigne de faire ce que l’extrême-gauche n’avais plus réussi à faire depuis des lustres ? J’vois pas c’qui t’faut !

R.A. : Hum ! Heu… Le candidat du NPA, Philippe Poutou…

J.-L.M. : Poutou ? Hé ho, ‘faudrait savoir : c’est moi que tu veux interviewer, oui ou merde ? Pourquoi tu me causes de Poutou, tout d’un coup ? Dans un mois, tout le monde l’aura oublié, ce loser ! Besancenot lui confie un parti sur une pente triomphale, il en fait une lanterne rouge ! On s’en fout pas mal, de ce qu’il dit !

R.A. : Oui, mais il vous reproche une trop grande proximité avec le PS…

J.-L.M. : Tiens, je m’y attendais, à celle-là ! Ça va, j’ai compris le message : « monsieur Mélenchon, comment pouvez-vous vous dire d’extrême-gauche alors que vous êtes resté au PS pendant des années et avez été ministre de Jospin, gnagnagni, gnagnagna ! » Bien sûr, je suis le seul candidat qui n’a pas le droit de changer d’avis, tout le monde sait ça ! Et puis la proximité avec le PS, je ne demande pas mieux : ça fait des semaines que je demande un débat avec Hollande ! Eeeet bien sûr, tu n’as pas pensé à l’inviter lui aussi ! Tu veux pas te fâcher avec lui s’il devient président, c’est ça ? Couille molle !

Interview (presque) imaginaire : Jean-Luc Mélenchon

R.A. : Pfff… Sauf votre respect, monsieur Mélenchon, j’ai quand même l’impression que ce n’est pas facile de dialoguer avec vous…

J.-L.M. : Tiens, c’est intéressant, ça ! Ce n’est pas toi qui es incompétent, c’est moi qui ne suis pas un interlocuteur facile ! Trop facile, ça, de rejeter la responsabilité sur les autres ! Vous les journalistes, vous êtes quand même d’une arrogance ahurissante, vous vous croyez supérieurs à tout le monde ! Et d’un autre côté, ça excuse Hollande, c’est ça ? Je suis un interlocuteur difficile « donc » c’est normal que le capitaine de pédalo ne veuille pas débattre avec moi, hein ? Je suis le méchant barbare et on ne discute pas avec des voyous, hein ?

R.A. : Monsieur Mélenchon, vous ne croyez pas que c’est plutôt vous qui avez tendance à vous ériger en victime du système pour pouvoir occuper l’antenne à peu de frais ?

J.-L.M. : Oh, dis donc, machin, tu vas pas cracher dans ta soupe, non ? Qui c’est qu’est bien content d’avoir Méluche sur son plateau histoire d’avoir une interview « animée » qui te vaut les honneurs du zapping de Canal et t’aide à te la péter dans les soirées mondaines ?

R.A. : Houlà, je crois qu’on a un problème technique, parce que je ne vous entends plus du tout…

J.-L.M. : Et ben moi, j’t’entends très bien ! Et qui c’est qu’a été content, le jour de mon meeting à la Bastoche, de faire péter l’audimat sans en branler une, comme ça, juste en laissant tourner les caméras devant la foule ?

R.A. : Bon ben on va s’arrêter là, parce que je n’entends plus rien ! Allez, kenavo !

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