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Très bien, merci...

Publié le 12 mars 2008 par Zorbas
Je ne sais pas si vous avez vu ce très beau film de 2005, avec Sandrine Kiberlain et Serge Melki. Je vous le recommande fortement, tant par sa sobriété que par sa puissance émotionnelle digne d'un huis-clos.

Je l'avais mis dans mon lecteur DVD pour me décontracter...
Ca a été loupé !

Ce film raconte ma vie.
Le même désordre, la même aporie.

La même recherche d'emploi, avec des recruteurs à la mords-moi-le-paf. Un jour, un jeune con, dont la boîte proposait un job de commercial, me pose la question classique : si vous étiez une voiture, laquelle ?

La réponse normale, et attendue, est : une porsche, une ferrari, une maserati, ou quelque autre monstre sacré du même acabit.

Manque de bol, je connaissais le test.
Vous êtes censé vous identifier à une bagnole dont les performances, la vélocité, la tenue de route, la fiabilité, la valeur vénale enfin, vous caractériseraient.

Je me suis fait plaisir.
Je lui ai répondu: une 2CV.
Ca n'a pas loupé; l'a été désarçonné, le ch'ti gars: (mais) pourquoi ?
Parce qu'une 2CV est solide, increvable, passe partout, est simple d'entretien, peu gourmande, relativement confortable pour son époque, et qu'avec la 4L, ce sont des voitures mythiques aussi.

Il a rien compris.
Et évidemment, je n'ai pas eu le job, mais non seulement je m'y attendais, mais en plus je m'en étais exclu volontairement (sinon, je lui aurais donné ce qu'il attendait, au blaireau).

Un autre employeur putatif m'a fait accomplir 70 bornes.
A la question : quand est-ce que l'emploi est à pourvoir ? il me répond:
- le poste est déjà pourvu, mais je voulais voir à quoi vous ressemblez...
Si tu veux voir les gens, sois tu te bouges ton gros cul, soit tu leur offres le déplacement, enflure !
Malheureusement, beaucoup d'employeur usent du même cynisme crétin, ne tenant aucun compte de votre dignité ni de vos espoirs rompus en vain. C'est d'une connerie criminelle.

...Pour revenir au film, j'ai éprouvé la même incompréhension que Melki, emmené de force au commissariat alors qu'il n'avait rien fait, sinon refusé d'obtempérer à un ordre aussi imbécile qu'inique, puis interné en asile psychiatrique.

La logique est imparable : mais s'il est ici, c'est qu'il est dérangé. On ne sait pas encore ce qu'il a, mais on va trouver.
(entre parenthèses, on va lui mitonner un petit motif, pour justifier cette mécanique kafkaïenne qui sert à vous broyer).

Je vis dans le même asile de fous, avec des mecs  bardés de diplômes qui n'y entravent que dalle, mais qui, réfugiés derrière leur blouse blanche de mandarin, vous assènent : s'il y a un problème, c'est forcément de votre faute !

Non .
Ce n'est pas le pompier qui allume le feu; c'est parce qu'il y a le feu qu'on y dépêche le pompier.
Bien sûr, il y a des dégâts collatéraux.
Mais j'attends encore la recette pour avoir le beurre, l'argent du beurre, le cul de la crémière, et le sourire du cremier.

Chers amis, chair à broyer comme moi, salut !

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