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Ces ralliements contraints à Nicolas Sarkozy

Publié le 03 avril 2012 par Juan
Ces ralliements contraints à Nicolas Sarkozy Après Jean-Louis Borloo, Rama Yade a dû avouer qu'elle voterait Nicolas Sarkozy à la prochaine élection présidentielle. Certains y ont vu un soutien au candidat qui s'est imposé comme seul à droite.
Nul soutien. Il n'y avait pas d'autre choix. Tous font le même calcul. Mieux vaut cinq d'opposition pour se refaire un avenir politique plutôt que se rallier à l'adversaire. Et d'ailleurs, avaient-ils le choix ?
Faux dissidents
Les ralliés de Sarkozy sont d'abord des alliés naturels. Frédéric Nihous, président de Chasse, Nature, Pêche et Tradition n'avait aucune autre existence politique que sous le giron de l'UMP. Idem pour Christine Boutin qui fit mine d'agiter sa dissidence le temps d'obtenir de Sarkozy son opposition publique au mariage homosexuel. La Présidente du Parti Chrétien-démocrate pouvait alors éructer contre François Hollande sur l'estrade du meeting de Villepinte en mars dernier: « Il nous propose l'euthanasie, il nous propose l'avortement de masse »... Fichtre ! Mme Boutin allait-elle accuser Hollande de meurtre par préméditation ?

Ralliés de force
Hervé Morin s'est cru un destin. Il ne pouvait rallier François Bayrou, sauf à admettre s'être trompé depuis sa séparation en 2007, avec l'essentiel de la troupe centriste. Le leader du Nouveau Centre avait été mis en minorité dans son propre groupuscule. Les députés de son camp ne voulaient pas de concurrence UMP dans leur circonscription en juin prochain. Hervé Morin céda.
Le Parti Radical emmené par Jean-Louis Borloo a fait mine de croire dans le destin de son leader, éconduit en novembre 2010 du gouvernement. A l'époque, nous sortions de la séquence sécuritaire du discours de Grenoble. Borloo se croyait un sort présidentiel, plus social que l'hôte de l'Elysée. Mais fin septembre, il fut « débranché ».
Il a boudé longtemps, mais que pouvait-il faire ? La semaine dernière, il a fait mine d'avoir obtenu une énorme concession, la création de « conseil de soutiens regroupant tous ceux qui peuvent venir au secours des écoliers en très grande difficulté et de leurs parents désemparés» annoncée par Nicolas Sarkozy le 27 mars à Nantes. Il n'y avait aucun chiffrage ni planning, mais cela suffisait à faire le bonheur de Borloo. Depuis, il applaudit malheureusement béatement les discours du candidat sortant, comme ce dernier samedi Porte de Versailles à Paris.
Acculée
Restait Rama Yade, l'ancienne égérie  prétendument frondeuse, que Nicolas Sarkozy avait propulsée au secrétariat aux Droits de l'Homme juste à temps pour qu'elle puisse serrer la main du colonel Kadhafi devenu meilleur ami de Sarkofrance.
Comme Borloo, elle n'était plus au gouvernement depuis près de 18 mois. En avril dernier, c'était la haine. Sarko voulait sa tête. Il lui avait trouvé un placard doré à l'UNESCO et elle râlait encore. Elle avait quitté l'UMP pour le Parti Radical et, surtout, la candidature de Borloo. En octobre dernier, Sarkozy, tout occupé à réconcilier son camp, lui avait rendu hommage. A trois semaines du scrutin, la voici sans surprise. Son aveu, dimanche, qu'elle voterait Nicolas Sarkozy dès le premier tour, était attendu.
« Etant engagée à droite, et souhaitant la victoire de ma famille politique, je voterai donc pour le candidat de la droite et du centre. Par ce choix, je me positionne d’abord contre le candidat socialiste. Je ne suis pas une ralliée mais une alliée.»
Qu'aurait-elle pu faire d'autre ? Personne, à gauche, ne l'attendait. Elle représentait rien sinon une posture boudeuse. Son expérience et son expertise sont minimales et aisément substituable. Et, pour elle, quelques années d'opposition seront bien plus profitables pour sa survie politique.


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