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Il ne faut pas pénaliser l’innovation graduelle

Publié le 06 avril 2012 par Copeau @Contrepoints

Alors que le progrès médical lié aux médicaments « pionniers » – qui sont à l’origine de nouvelles classes thérapeutiques – est peu contesté, cela est loin d’être le cas des médicaments représentant des innovations graduelles. Sous pression de la maîtrise comptable des dépenses de santé, le caractère innovant de ces derniers médicaments est mal reconnu et leur commercialisation se trouve découragée par les pouvoirs publics, notamment en France.
Un article de l’Institut économique Molinari.

Il ne faut pas pénaliser l’innovation graduelle
Si le progrès médical lié aux médicaments « pionniers » est peu contesté, cela est loin d’être le cas des traitements représentant des innovations graduelles (appelés souvent à tort des médicaments « copies » ou « me-too »). Sous la pression de la maîtrise comptable des dépenses de santé, le caractère innovant de ces derniers médicaments est mis à mal et leur commercialisation se trouve découragée par les pouvoirs publics, notamment par la Commission de la transparence chargée de leur évaluation en France.

« De telles politiques vont tout simplement à l’encontre de la logique du progrès technologique, quel que soit le secteur ou l’époque considérés. Elles ignorent les avantages de l’innovation graduelle », souligne une nouvelle étude de l’Institut économique Molinari.

La logique de l’innovation technologique

Si l’innovation technologique est marquée par des découvertes et des innovations radicales, elle est aussi le fruit de nombreuses innovations graduelles. Celles-ci sont omniprésentes.

  • Moteur à combustion : depuis sa découverte qui a révolutionné nos moyens de transport, il a subi de nombreux perfectionnements en matière de puissance, de vibration, de taille, de poids, de pollution, etc. permettant d’améliorer la rapidité, la qualité et la sécurité de nos déplacements tout en utilisant relativement moins de ressources rares ;
  • Hi-Tech : Les ‘notebooks’ et les ‘smartphones’ sont le résultat d’innovations graduelles apportées respectivement au PC et au téléphone portable ;
  • Appareils de photographie : sans innovations graduelles, nos appareils numériques pèseraient encore 3,6 kg (au lieu d’une centaine de grammes pour les plus légers), offriraient une résolution de 0,01 mégapixels (au lieu d’une résolution plus de mille fois plus importante) et nous coûteraient pas loin de 20 000 dollars américains au lieu des quelques centaines, voire dizaines d’Euros actuellement ;
  • Domaine médical : Qu’il s’agisse de l’endoscope ou de la pilule contraceptive, les innovations graduelles ont permis d’améliorer les performances de l’un et de réduire drastiquement les effets secondaires de l’autre comme le risque de prise de poids.

Les avantages de l’innovation pharmaceutique graduelle

D’une part, l’innovation graduelle présente des avantages thérapeutiques. Car, contrairement aux médicaments génériques, les médicaments issus de l’innovation graduelle ont des molécules, un profil, une posologie, un dosage, une rapidité d’action ou un métabolisme différents. C’est ainsi que près des deux tiers (63%) des médicaments considérés en 2005 comme essentiels par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont en fait issus de l’innovation graduelle.

D’autre part, l’innovation pharmaceutique graduelle présente des bénéfices économiques à ne pas ignorer.

  • En diminuant les effets secondaires ou en améliorant la commodité d’emploi, elle permet aux malades de vivre une vie plus normale et de redevenir productifs plus rapidement ;
  • Entre 1970 et fin 1990, le lancement de médicaments issus de l’innovation graduelle a permis de réduire la période d’exclusivité commerciale des médicaments « pionniers » de 10,2 ans à 1,2 ans ;
  • L’innovation graduelle assure un flux de revenus moins incertain qui sert à financer l’innovation radicale.

Toute politique qui limite artificiellement la commercialisation de l’innovation pharmaceutique graduelle aurait, par conséquent, pour effet d’augmenter les risques des laboratoires pharmaceutiques.

Paradoxalement, les politiques qui visent délibérément à pénaliser cette innovation et à obliger les laboratoires à ne commercialiser que des médicaments « pionniers », finissent par avoir un effet opposé à celui qui est affiché. Au lieu de favoriser leur mise au point, elles la freinent aux dépens des patients, conclut l’étude de l’IEM.

Intitulée Les avantages de l’innovation pharmaceutique graduelle, l’étude est disponible sans frais sur notre site.


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