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La pâle figure, suite de La trilogie berlinoise de Philip Kerr

Publié le 07 avril 2012 par Mpbernet

Deuxième épisode (des trois rasssemblés dans "la trilogie berlinoise) des faits d’armes de Bernhardt Gunther, détective privé, travaillant à Berlin, avec pour associé un de ses anciens collègues de l’Alex (la police criminelle, installée Alexander Platz) : Bruno Stahlecker.

palefigure
L’histoire commence le vendredi 26 août 1938. Alors qu’un black-out total a été fait sur une série de meurtres de jeunes filles, Bernie est sollicité au plus haut niveau de la hiérarchie nazie pour reprendre du service à la Kripo (police criminelle) afin de résoudre cette énigme.

Les pauvres petites sont enlevées sans apparente brutalité, puis violées, égorgées après avoir été pendues par les pieds, complètement vidées de leur sang. Elles sont enfin retrouvées dans des lieux très difficile à perquisitionner : sous une pile de vieux pneus, dans un tonneau au fond d’une brasserie, dans une malle de belle facture laissée en souffrance à la consigne. Toutes ont un point commun : environ quinze ans, blondes, typiquement aryennes. Quelques unes sont membres de la BdM (Ligue des Femmes allemandes)

Le roman prend fin le 10 novembre, après la Nuit de Cristal, où des émeutes contre les Juifs, leurs établissements commerciaux et religieux et leurs biens, ont été orchestrées après le meurtre à Paris du diplomate allemand Von Neurath par un jeune juif réfugié en France.

Ce qui me plait, dans ce roman, outre la reconstitution minutieuse du contexte historique, c’est l’humour décapant du héros, et ses comparaisons désopilantes. Un peu moins, sa quête incessante des belles filles qui ne lui réussit pas toujours, à elles non plus, comme on le voit aussi). Pourtant, il n’y a pas de quoi rire dans cette ambiance où tout le monde, y compris et peut-être surtout au plus haut niveau, s’épie, se hait, cherche à s’évincer pour être au plus près du Führer. Là, on nous plonge dans l’univers des psychothérapeutes, adeptes ou opposants aux théories de Freud – puisqu’il est juif – au mieux inspirés de Carl Jung, homosexuels non avoués, manipulateurs de parents des petites victimes, amateurs de pseudo sciences occultes, runes et religion germanique mal digérée.

Les cadavres pleuvent, de manière un peu excessive, mais là, à la différence du premier épisode, le héros s’en tire plutôt mieux : ni tabassage en règle, ni incarcération par la Gestapo, ni séjour en KZ. Et il a en outre le privilège de se voir offrir des excuses de la part de Himmler, auquel il a gâchée une partie bien organisée … Enfin, pour un cour laps de temps.

La trilogie berlinoise de Philip Kerr : épisode 2 La pâle figure, (The pale criminal) 331 p., traduit par Gilles Berton, aux éditions du Masque, précédé d’Un Eté de Cristal et suivi de Un requiem allemand, en tout 1016 p. au Livre de Poche, 9€.


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