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Poème : Le grain de la Géhenne

Publié le 14 novembre 2007 par Naravas

Le grain de la Géhenne
Poème dédié à Maria
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                      On me racontait quand j'étais petit les effets dévastateurs d'une plante appelée « le grain de la Géhenne ». Quiconque s'aventurerait à en faire un thé, ou à la consommer sous quelque manière que ce soit, perdrait la raison. Hic et nunc ! Comme précipité brusquement dans un monde où les lois de la rationalité ordinaire ne fonctionnent pas. Tout arrive subitement comme le déclenchement d'un désordre incompréhensible et surtout irréversible.

C'est exactement à cela que me fait penser le chanteur kabyle Si Moh (1er album). Il devrait être interdit aux machos et aux amoureux. Il produit sur moi le même effet à chaque fois que je l’écoute : un mélange de douce fumée et de béatitude endolorie enveloppe mon esprit. Je rentre pour quelques instants dans ce monde du « grain de la Géhenne ». Je vais risquer une traduction en français de l’un de ses plus beaux poèmes. Poème que je dédie à Maria.

J’aime


J’aime t’entendre parler
Tout ce que tu dis me passionne
J’aime te voir sourire
Ton sourire a la beauté d’un poème
Parfois quand tu souris
Je souris à mon tour
J’aime t’entendre parler
Je sens mon cœur s’ouvrir
Ta parole est vraie, elle s’enfonce dans le cœur
Et rend la bouche muette
Telle une mystérieuse plante
Elle ne pousse que la nuit
Celle à qui tu ressembles
Sache qu’elle n’est pas encore née
Celle à qui tu ressembles
Est-elle jamais née un jour
Celle qui n’est pas encore née
Ne te ressemble pas pour les autres
Chaque être qui se consume
A une moitié envers laquelle il tend
Celle qui n’est pas encore née
N’est pour moi autre que ma moitié
Mon cœur se consume
Et craint de te l’avouer
Parfois je suis confus
J’aime m’isoler
Parfois je suis confus
Je déteste voir mes semblables
Parfois je suis confus
Je déteste te voir toi-même
Parfois je suis confus
Je me trompe sur qui je suis
Je déteste aimer
J’aime ceux qui me ressemblent
Mon amour, même enterré
Est sans cesse ranimé par le souvenir

Si Moh, Hamlagh, premier album.

Et le texte original, dhilkhatar negmathnegh Azwaw :

Hamlagh mad hedhredh
Kra dthinidh adhi ya’nu
Hamlagh mad edhsedh
Thadhsam thechvah dhasefru


Thikwal mad edhsedh
Dhessagh uladh nekkini
Hamlagh Mad hedhredh
Tshoulafagh suliw yelli


Awalim dhawal yenta gul
Igouggem imi
yuqel dhachalaw
Dheggidh kan idimeqqi


Thin ghur ithchuvadh
Hsoukem mazal dethlul
Thin ghur ithchuvadh
Yibwas wissen mad thlul
Thin mazal dilulen
Arwidh matchi dkemmini


Kra bwin itsezun iss’a
Thin fi dyesseqsi
Thin mazal dilulen
Nek ghouri dhkemmini
Dhuliw itsezu
Isedh-ha amthidyinni


Thikwal may darsel
Hemelegh adhiligh wahdhigh
Thikwal may darsel
Kreh adhzergh lghachigh
Thikwal may darsel
Thetsughkem oula dhkemmini
Thikwal may darsel
Tsa’raqegh anwi dhnekkini
Krah ahemmel
Hemlagh widh yechvan ghouri
Thayriw ghas themttel
Yechfa’ayatsid ousmekthi


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