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Clips de campagne : à boire et à manger

Publié le 11 avril 2012 par Lesmartine @Journal2Martine

Entre « c’est la lutteeeuh finaleeuuuh » et « We need you » version frenchie, les communicants se sont violemment décarcassés pour trouver des spots de campagne qui font rêver ! En 1 minute 30, les candidats plongent dans une ambiance manif’, baguette-béret-journal, ou usine, selon les goûts.

Dans la famille des présidents, je choisis le papi.NicolasSarkozy"> Nicolas Sarkozy (c’est celui qui a la plus grande expérience de président, non?) est droit. Face caméra, costume impec’, il ne sourit pas. Avec la façon solennelle que seul lui connaît, il se lance. « Je crois en la France, en son talent ».

Clips de campagne : à boire et à manger

Bleu, blanc, rouge, la base, quoi.

Petit jeu de sourcils pour donner de la gravité, musique grandiloquente digne des plus grandes séries américaines… On y est. A deux doigts de sortir le pop-corn. Après un bon vieux « travail, effort, mérite », il le dit. La phrase qu’on attendait tous : « J’ai besoin de vous ». Parfait. Ca a un léger goût de réchauffé mais bon…

Le NPA, c’est le collectif. Clairement. E_varlin">Philippe Poutou veut « parler au peuple ». Seul dans la rue, genre Monsieur Tout-le-monde, il sourit, serre trois quatre mains. Et attaque sec : «il faut dégager la droite sans faire confiance au PS. » Ensuite, contre-attaque. Combo crise et international en évoquant les « crises grecque et espagnole ». Là, on est au cœur du sujet. Sur fond de manif’, de poing levé et de techno, Phiphi envisage une « autre répartition des richesses ». Puis le KO final : « votez anticapitaliste ». Ca a le mérite d’être clair.

Dans la famille politique, Nathalie Arthaud serait la maman. (Education nationale forever). Elle ar-ti-cu-le tel-le-ment bi-en qu’on dirait qu’elle est sous-titrée. Direct, dès le début de son clip, elle fait référence à Arlette Laguilier, au cas où les spectateurs auraient pas reconnu la candidate 2012 de Lutte Ouvrière.

Nathalie est pas contente...

On sent vraiment la prof en elle. En 1 minute 30, elle réussit à nous replonger en enfance. Dans un monde où il y a seulement des gentils et des méchants. Léger froncement de sourcils comme si la belle-mère de Cendrillon venait d’entrer dans la pièce en parlant des « exploités, ouvriers, salariés, personnels des hopitaux, enseignants, chercheurs, petits paysans, commerçants, artisans. » Et puis les autres ? C’est les méchants ? Honnêtement à un moment, on est obligé de décrocher… Parce que non, on a plus 4 ans.

Au PS, ça déconne pas. Ça, c’est du clip de campagne ! Y a un moment, quand on remonte l’arbre généalogique de son engagement politique jusqu’à la révolution française, c’est du sérieux. L’abolition des privilèges, le droit à l’égalité pour tous, la CMU…Le tout mixé sur fond d’enchaînement d’images à la Big Brother, voilà le PS 2.0. francoishollande">François Hollande n’apparaît qu’à la fin du clip pour encourager « la france du travail du mérite, de l’effort » – tiens, ça m’dit quelque chose…- et remettre « l’argent à sa place ».

Qui peut rester sceptique face à des phrases comme « le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous » ? Bref, “le changement, c’est maintenant”.

Marine Le Pen, c’est seule contre tous. Contre les partis, contre les syndicats, contre l’Europe de Bruxelles et de Schengen. Mais encore ? Seule, face à la caméra et sur fond bleu, la candidate du FN est finalement la seule à enchaîner les propositions. Bon ok, si son programme c’est “réinstaurer le service militaire obligatoire pour les filles et les garçons” et “construire un deuxième porte-avion”, on a pas fini. Mais au moins elle joue le jeu…Et utilise des mots de plus de trois syllabes!

Côté Modem, c’est l’emploi et le “consommer français” qui est à l’ordre. François Bayrou ne manque pas non plus de propositions. Economies contre le surendettement, “retrouver l’éducation nationale”. Le candidat applique la pédagogie de la preuve par l’exemple. Une proposition = une scène de rencontre avec les Français. Bluffant.

">">Eva Joly s’adresse à la France. Si, si, littéralement. “Chère France, je m’adresse à toi, toi qui m’a tout donné et que j’ai choisi.” Pourquoi pas. Mais, les lunettes vertes, c’était obligé ? Et les mots en gras, en vert, c’était obligé ? “Anticiper”. Ok, on a compris. La lutte contre le bétonnage, pour la biodiversité. Le nucléaire est un danger…Vous connaissez la suite.

Clips de campagne : à boire et à manger

Du côté de Nicolas Dupont-Aignan, c’est du classique. Toujours bleu-blanc-rouge. Toujours “les partis de droite comme de gauche on abandonné le pouvoir”. Circulez, y a rien à voir.

Jacques Cheminade, c’est le gars qui savait. Si, si, en 1995, il savait déjà. La crise, et tout. Et images à l’appui, s’il vous plait. Carrément Cassandre sur les bords, il prévoit même que personne le croirait… A la réflexion, même s’il annonçait aujourd’hui un cataclysme en 2029, ben il y a pas grand monde qui le croirait non plus.

Clips de campagne : à boire et à manger
Livre rouge, pancarte rouge, cravate rouge et fond rouge. Le ton est donné. Mc_Rack">Jean-Luc Mélenchon est là. “Partageons les richesses”, “revalorisons le SMIC à 1700 euros”… Pas un seul “je”, toujours la première personne du pluriel. Le Front de Gauche tourne définitivement son clip vers les 8 millions de pauvres.

Pauline Amiel


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