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Mali, la suite du feuilleton Kadhafi

Publié le 15 avril 2012 par Alex75

Mercredi 3 avril 2012 – Mali, la suite du feuilleton Kadhafi

Les premiers français, invités par le Quai d’Orsay, à
quitter le Mali, sont arrivés dans la matinée du 3 avril 2012, à Roissy.
Evidemment, nous l’évoquons, puisque le leader d’un groupe islamiste touareg, a
pris, hier, le contrôle de la ville de Tombouctou, au nord-ouest du Mali. Et il
s’agit peut-être là, il est vrai, d’un effet collatéral de la chute de Kadhafi,
en Lybie. C’est la vengeance posthume du colonel Kadhafi. Ces Touaregs, ces
hommes bleus, c’était les siens. Ils avaient combattu pour lui. Ils le
considéraient un peu, comme leur parrain. Quand il a été vaincu, ils sont
rentrés chez eux, au Mali. Qu’ils n’ont jamais considéré comme chez eux, où ils
n’ont jamais accepté d’être dominés par la majorité noire, où ils se sont
toujours sentis humiliés, rejetés, méprisés. Le Mali est un pays inventé par la
colonisation française, qui n’a jamais été une nation, comme beaucoup d’autres.
Ou les principes démocratiques, s’inclinent devant les relations tribales et
ethniques. C’est ce que n’ont pas compris – ou feint de ne pas comprendre -,
les Français et les Anglais en renversant Kadhafi, au nom de la démocratie et
des droits de l’homme. Déjà en Lybie aussi, les tribus de l’est du pays
revendiquent leur indépendance, et font la guerre au nouveau pouvoir. Les
nombreuses armes parachutées par les Français et les Anglais, n’ont pas été
perdues pour tout le monde. Toute la région en est déstabilisée. C’est ce
qu’avait expliqué à Nicolas Sarkozy, le président tchadien, Idris Debhi, pour
le dissuader d’envoyer l’armée française abattre Kadhafi. En vain. Le président
tchadien sait bien, lui, que dans tous les pays de la région, la présence de
ces tribus de Touaregs, nomades, se jouant des frontières, et misérables,
constituent une poudrière qui ne demande qu’à exploser. C’est ce qu’ont bien
compris, les islamistes d’Aqmi – la branche algérienne d’Al-Qaïda -, qui les
enrôle et les finance généreusement, grâce aux trafics de drogue ou aux rançons
payés par les pays occidentaux, pour libérer leurs otages, régulièrement
enlevés. Un jeu qui s’avère lucratif. Le seul qui sorte ces jeunes touaregs, de
la misère endémique. Et beaucoup s’y précipitent, avec d’autant plus
d’enthousiasme, qu’ils ne risquent rien. Ou pas grand-chose. Car à part
l’Algérie, aucun pays de la région n’a de structures étatiques, digne de ce
nom. Et ce n’est pas le coup d’Etat récent, d’officiers maliens d’une armée en
débandade, qui y changera quelque chose. Alors pillage, nomadisme, Islam
rigoriste du désert. Tout se passe comme si cette région d’Afrique de l’ouest,
reprenait le cours millénaire de son histoire, avant que la France  n’y imprime sa marque colonisatrice. Une
histoire millénaire, ancestrale, mais transformée, bouleversée par sa rencontre
improbable, avec la face la plus noire de la modernité, celle du crime
mondialisé ! Trafic d’armes, de drogues, et d’immigrés clandestins aussi.
C’est une ancienne colonie, zone d’influence française. On n’interviendra pas
militairement, a déclaré Alain Juppé. Que peut faire la France ? La France
n’a que de mauvaises solutions. Soit elle accepte la partition du Mali, et
reconnait aux touaregs leur indépendance. On pourrait alors retourner ces
farouches combattants, contre les terroristes islamistes. Mais ce serait ouvrir
la boite de Pandore. Inadmissible pour tous nos grands alliés dans la région,
de la Côte-d’Ivoire au Sénégal. Soit on intervient militairement avec ces
pays-là, encore une fois, on chasse les putschistes de Bamako, on réprime la
rébellion touareg. Et on offre ces tribus surarmées aux terroristes islamistes
d’Aqmi. Où on ne fait, ni l’un, ni l’autre, ou un peu des deux, et on a tous
les inconvénients. Au loin, on croit entendre, le rire caverneux de Mouhammar
Kadhafi.


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