Magazine Humeur

MAM va à la pêche aux voix « rien qu’avec les dents » !

Publié le 15 avril 2012 par Kamizole

(Jour N-7) Si le ridicule tuait, Michèle Alliot-Marie trépasserait subito presto. Je n’ai pas le souvenir du nom du personnage de la rengaine que nous chantions en 1965 à La Grave et qui faisait tout « rien qu‘avec les dents ». Nous lui avions substitué celui de notre moniteur de ski… Je ne pus m’empêcher d’y penser lorsque j’enregistrai cette nuit l’article de Sophie Huet - envoyée spéciale du Figaro à Dijon - MAM : «Cherchez les voix une à une» (13 avril 2012).

Venue tenir une réunion publique jeudi soir à Sombernon (Côte-d’Or) dans la circonscription de François Sauvadet, ministre centriste de la Fonction publique. Pour remonter le moral des troupes et secouer les puces « à ce public rural, plutôt intimidé ».

« Allez chercher les voix une par une, avec les dents » tel est son mot d’ordre répété ad nauseam à ceux qui viennent l’écouter « Moi, j'adore les campagnes électorales. Je suis venue vous dire que l'élection, c'est vous qui allez la faire. Prenez votre téléphone, allez voir les gens, ceux qui se disent déçus. Convainquez deux, trois, dix personnes d'aller voter pour Nicolas Sarkozy, celui qui représente nos idées. Nous sommes tous des militants. Et cette victoire sera la vôtre ».

Eh ! Hop ! Une pleine bassine de lait d’beu généreusement distribué à la louche. Le gimmick à la dernière mode sarkoïdale : « Cette élection se jouera dans un mouchoir. Mais les sondages sont aussi fiables que la météo. Quand elle annonce la pluie, vous pouvez être sûre qu'il fera beau temps » lance-t-elle « pour ne pas se laisser démoraliser par le gros temps qui menace le président-candidat ».

Elle aura beau faire. Il suffit d’observer le ciel - je ne parle pas d’astrologie… Perso, je préfère de loin consulter moi-même la carte isobarique et les photos satellites. En ce moment, la tendance est plutôt à la grosse dépression durable, vérifiant une fois de plus l’adage « Noël au balcon, Pâques aux tisons » avec le vent - à décorner un taureau - soufflant du Nord. Je suppose que les participants aux meetings tant de François Hollande que de Nicolas Sarkozy devaient être chaudement emmitouflés. Doudoune de rigueur.

A la tribune, François Sauvadet en rajoute une louche pour tenter de motiver ses troupes : « Le combat est serré, mais le match n'est pas terminé, car le candidat de gauche est inconsistant ».

Plus que Sarkozy qui défend tout et son contraire ? Je lus cette nuit ou ce matin sur un autre article que Nicolas Sarkozy devant prononcer Place de la Concorde un discours écrit par Henri Guaino entendait le lire avant pour voir s’il devait y ajouter des propositions. Prestidigitateur tirant de son chapeau de nouveaux lapins - forcément "Duracell" pour un tel agité du bocal - pour impressionner les spectateurs.

Pour ne pas changer les habitudes, quelques petites saloperies à l’égard de François Hollande.

« Vous avez le choix entre deux modèles de société. D'un côté, Nicolas Sarkozy, le candidat de la vérité, du courage et de l'anticipation, qui n'a pas tout réussi, mais qui a permis à la France de mieux surmonter la crise que ses voisins ». Air connu. Tout droit sorti des éléments de langage concoctés par les cellules "Radio-Perroquet SOS manque d’idées" de l’Elysée.

« De l'autre, François Hollande, qui fait comme si la crise n'existait pas, qui n'a jamais été en Inde, en Chine ou au Brésil, et qui défend un modèle d'il y a vingt ans, de François Mitterrand à Lionel Jospin ». Provenance idem.

Ils ont le disque dur bloqué pour ne pas vouloir comprendre que leur modèle - faire suer le burnous pour des clopinettes dans des jobs de merde ou les flanquer au chômage tout en leur reprochant d’être des « assistés » ; asservir et faire payer les pauvres à la place des multimilliardaires ; bref subir toutes les aberrations de l’ultralibéralisme et de la mondialisation, est précisément ce qu’une part croissante des Français refuse. La preuve dans les intentions de vote, notamment au second tour.

Comme je peux être moi aussi une parfaite salope, je ferais remarquer que Michelle Alliot-Marie ne manque pas d’un certain toupet quand elle reproche à François Hollande de n’être pas allé « en Inde, en Chine ou au Brésil ». Parfois presque pour des allers-retours, passant une demi-journée - au grand dam de ses hôtes choqués par tant de désinvolture peu conforme à l‘étiquette - pour un trajet d’une durée trois ou quatre fois supérieure. Et alors ? Il en aura bien le temps s’il est élu président de la République. Je doute au demeurant qu’il multipliera les voyages à l’étranger à l’instar de Nicolas Sarkozy qui n’a fait pratiquement que cela pendant 5 ans. Si un jour quelque journaliste entreprend la liste de ses déplacements à l’étranger - et leur coût ! - nous en aurons quasi le vertige.

Quant aux propres voyages de Michelle Alliot-Marie, je me fais une joie de rappeler celui qu’elle fit en Tunisie avec ses parents et Patrick Ollier lors des vacances de Noël 2010, lors même qu’avait commencé la révolte contre le système corrompu des Ben Ali & consorts - elle s’était contentée de proposer à la tribune de l’Assemblée nationale d’y envoyer des policiers pour donner à leurs homologues tunisiens, lesquels s’y connaissaient déjà bien suffisamment en matière de répression ! Des leçons de maintien de l’ordre - pour faire des affaires avec des membres de la famille Ben Ali.

Provoquant ainsi un énorme scandale qui, s’éternisa comme toujours en Sarkozie. De démentis en mensonges gros comme une maison à chaque nouvelle information qui tombait. Jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy qui l’avait soutenue jusqu’à la limite du raisonnable, la poussa - enfin ! - à la démission…

Cumul de tous ces scandales et affaires politico-financières qui ne sont pas pour rien dans le désamour des Français à l’égard de Nicolas Sarkozy, y compris parmi un certain nombre de ses électeurs du 6 mai 2007. Vous n'aurez sans doute pas oublié qu'en 2007 il promit d'aller chercher les 3 points de croissance, lui aussi « rien qu'avec ses dents »... qu'il a de toute évidence usées en creusant l'énorme déficit de la dette publique : 1700 milliards d'euros ! Nicolas Sarkozy maître d’ouvrage de l’antisarko-zysme, c’est drôlement fortiche, non ?

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