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Tolérance zéro égale liberté zéro

Publié le 16 avril 2012 par Magazinenagg

Le 15 avril 2012 est un autre jour triste pour les défenseurs de la liberté. En imposant le principe de tolérance zéro à tous les conducteurs de moins de 21 ans, le gouvernement brime la liberté de la très grande majorité d’entre eux.
Comprenez-moi bien, je déplore autant que quiconque les drames découlant d’un accident causé par un conducteur irresponsable. Que la cause de cet accident soit les facultés affaiblies (drogue, alcool), la fatigue, la vitesse, une distraction (texto, téléphone), un véhicule en mauvais état, etc., dans tous les cas, un conducteur irresponsable a causé un drame évitable.
Pourquoi alors s’en prendre à une cause (l’alcool) et à un groupe (les moins de 21 ans) en particulier? Il serait plus équitable d’établir des normes qui visent à responsabiliser l’ensemble des conducteurs quel que soit le comportement irresponsable du conducteur fautif (1).
Cet empiétement sur la liberté des individus est la conséquence naturelle d’un État interventionniste. Lorsque l’État s’arroge le monopole d’un service à la population, dans le cas présent, l’assurance automobile des personnes, les politiciens se donnent le pouvoir de brimer les libertés individuelles. Ils ne s’en priveront pas si cela peut être politiquement rentable.
Même s’il n’est pas établi que cette nouvelle mesure réduira le nombre d’accidents cela a peu d’importance. Cette mesure comporte une charge émotive considérable qui élimine a priori toutes possibilités de rationalisation. Quiconque s’y oppose est automatiquement classé dans la catégorie des sans-coeur. La Table québécoise de la sécurité routière, un groupe d’intérêt subventionné par l’État, a joué cette carte à fond pour mobiliser les médias. Comme c’est trop souvent le cas au Québec, il n’y a pas eu de débat. C’est la pensée unique qui a prévalu. Aux yeux d’un politicien, c’était une occasion à ne pas manquer.
En soi, cette anecdote peut sembler anodine, mais elle s’inscrit dans une série d’empiétements sur les libertés individuelles, tous en apparence anodins, mais qui s’accumulent depuis plus de 40 ans. Le Québec est enlisé dans une spirale favorisant la déresponsabilisation des individus et son corollaire, l’interventionnisme : l’intervention de l’État déresponsabilise l’individu, les comportements irresponsables appellent plus d’interventionnisme; et ainsi de suite. Au final, les libertés individuelles sont dangereusement diminuées.
Dans une communauté socialisante comme le Québec, les causes justifiant l’intervention de l’État sont quasi illimitées. Alors, comment pourra-t-on un jour mettre fin à cette spirale destructrice des libertés individuelles?
(1) Toutes les études démontrent qu’en matière de conduite automobile, ce n’est pas la mesure disciplinaire qui compte, mais le risque d’être pris. C’est dans cette direction que le gouvernement devrait déployer ses efforts. Mais la répression risque de nuire à la popularité du PLQ à la veille des élections.

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