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Mélenchon : Et si ?

Publié le 17 avril 2012 par H16

Aujourd’hui, faisons dans la fiction, la friction et l’affliction en même temps : plaçons-nous dans l’hypothèse pas complètement invraisemblable où le candidat Hollande, décidément trop mou et trop peu fédérateur, se retrouve oublié au second tour au profit d’un Jean-Luc Mélenchon pétaradant…

De la même façon que poser comme hypothèse la réélection de Sarkozy suivie d’une cohabitation douloureuse et sclérosante était une proposition hardie mais du domaine du possible, l’élimination en rase campagne présidentielle du candidat du parti socialiste est certes une hypothèse couillue mais n’est finalement pas invraisemblable comme l’histoire récente l’a prouvé.

Sur le plan statistique, on comprend que cette éventualité reste particulièrement faible : d’une part, il y a loin des 15% (au mieux) dont le candidat du Front de Gauche est crédité actuellement aux 25% qu’il lui faudra pour atteindre le second tour. D’autre part, le fait même que cette hypothèse soit évoquée dans certains médias (ici, ou par exemple), pour attirer le chaland alors que le suspens monte à l’approche du premier tour, est un signe assez révélateur de la faiblesse des probabilités en jeu.

Mais, comme je l’ai déjà souligné, en 2002, le second tour était joué : ce serait Chirac contre Jospin, tout le monde savait ça. Et seuls quelques articles évoquaient, de loin en loin, un second tour inhabituel à quelques jours du scrutin.

Mélenchon, sympathique et jovial
Afin donc de ne pas écarter trop vite cette hypothèse, penchons-nous rapidement sur ce cas de figure imprévu.
Par exemple, suite à une maladresse de dernière semaine, Hollande perd toute crédibilité, et Mélenchon rattrape admirablement l’opportunité pour lui, pendant que Marine Le Pen continue de s’enfoncer. Bref, le voilà à 20% d’intentions de vote, qualifié pour un second tour inouï.
Sur cette base, on peut imaginer ce qu’on veut, comme par exemple que la gauche traditionnelle, socialiste mais pas révolutionnaire pour une cacahuète, effondrée, explose en gémissements et autres sanglots longs et langueurs monotones. Le débat d’entre deux tours peut avoir lieu, devant des journalistes à la fois excités comme des puces devant cette actualité inédite et largement pris de cours, n’ayant pas préparé les « bonnes » questions à poser au nouveau candidat.
Ça, c’est pour la partie cosmétique, flonflons et petits fours. Pour l’aspect plus politique, on se retrouve donc avec un candidat socialiste de droite modérée, et de l’autre, un révolutionnaire jacobin en pleine poussée d’hormones mâles.

Évidemment, une partie des électeurs socialistes traditionnels ira rejoindre le candidat du Front de Gauche, certes, mais une autre partie, certainement plus importante, les larmes dans les yeux et les pinces à linge sur le nez, ira voter Sarkozy au second tour ou s’abstiendra massivement. Sarkozy, dans une telle hypothèse, est donc réélu avec un score solide. Le calme peut revenir dans les foyers (youpi youpi).

Tout ceci est bel et bon, mais se construit avec un Hollande éliminé. On peut aussi se retrouver avec … un Sarkozy proprement remballé, et Hollande devant s’organiser pour un débat de second tour proprement ahurissant puisqu’opposant deux personnages du même bord idéologique.

Et ici, c’est évidemment la Grande Foire Nationale du Slip Collectiviste qui ouvre ses portes. Dans une telle hypothèse, les deux clowns se battront pour offrir des rasages gratuits, des lendemains qui chantent en chorale à 120 dB, et du bonheur sucré payé avec une planche à billets équipée d’un turbo et de deux réacteurs nucléaires. Le vote du second tour affichera un score d’abstention phénoménal, pendant que le CAC40 prendra de l’avance sur sa dégringolade de Juin. Seul point positif : l’agonie française sera écourtée de quelques années.

Redescendons sur Terre à présent.

Ces deux hypothèses, aussi peu probables soient-elles, permettent cependant d’évoquer une tendance de fond de la société française : par la présence d’un candidat vitupérant, révolutionnaire et agitateur au second tour, elles illustreraient fort bien le désir permanent, plus ou moins fort mais toujours présent, d’une partie du peuple français de renverser l’ordre établi, dont, par exemple, 2002 fut un avant-goût. La France, depuis ses années révolutionnaires, n’a jamais su dépasser le cadre du poing levé, toujours prompte à remettre sa constitution à plat (une quinzaine depuis 200 ans, soit une tous les quinze ans en moyenne) à la faveur d’une irritation populaire quelconque. Et dans tous les cas, le jacobinisme centralisateur galopant aura tôt fait de reproduire les mêmes erreurs, institutionnalisant d’une façon ou d’une autre le collectivisme au cœur de la société.

Dans quelques jours, nous serons fixés. Mais comme vous le verrez, quel que soit le résultat du premier tour et que le candidat Mélenchon soit présent ou non, la question se résumera à savoir si la France doit partir dans une combustion lente ou une explosion spontanée.

L’hypothèse d’une solution raisonnée est, elle, tout à fait impossible.



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