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lire l'image dans sa fixité

Publié le 17 avril 2012 par Lironjeremy

lire l'image dans sa fixité
L’image était là, n’en finissait pas d’être là dans sa fixité excédante. Plan immobile. Alors l’œil cherchait, un détail, quelque chose qui trahirait le mouvement. Par lequel s’esquisserait la disparition de l’image dans une autre et l’illusion ordinaire du cinéma. Qui dirait que quelque chose se passe, auquel on pourrait raccrocher. Une issue à ce qui nous tenait en attente, otage de l'immobilité soutenue. Une chose trop ténue, trop lente pour se laisser voir, mais qu’une attention soutenue révèlerait. L’œil scrutait. Dans sa matière même, son grain, l’image semblait bouger sur elle même, les feuillages se moirant, fourmillant tout en demeurant eux mêmes. Pareil des murs de brique lorsqu’on les fixait. A ne pas savoir où s’ancrait l’illusion, si ce n’était pas une hallucination de l’œil comme l’oreille dans le grand silence. Car, à y regarder avec insistance, on ne pouvait que constater comme rien ne bougeait. Rien dans l’image ne trahissait ce souffle sonore suspendu, sinon notre interprétation de l’attente. Et on s’impatientait de ne rien voir venir d’autre d’une évidence fixe, n’en finissant pas de donner à voir le même arrangement urbain. Mais pour l’œil c’était comme d’apprendre à lire. Se laisser retenir par la richesse et la pauvreté de l’image. Avant qu’il y ait la fumée et que tout s’affaisse. Même qu’au début on ne savait pas très bien si c’était l’image ou le bâtiment qui s’écroulait.  Image : Court métrage, les Maisons Folles, Ronchin, 14&1( avril 2012.

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