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Sarkozy tout en négation sur France Inter

Publié le 18 avril 2012 par Juan
Sarkozy tout en négation sur France Inter Le candidat sortant était l'invité de la tranche matinale de France Inter, mardi 17 avril. Il passa l'essentiel de ses trois quarts d'heure de présence à se justifier et à se défendre. Décidément, son propre agenda n'imprime pas le débat électoral.
Débutant avec Pascale Clark vers 7h49, il déclara préférer sa manifestation à la Concorde du dimanche précédent à celle du 6 mai 2007 grâce à la « qualité d'écoute » de la foule qu'il chiffra imprudemment à 120.000 personnes.
Pascale Clark: Pourquoi la France silencieuse, celle à laquelle vous vous adressez, est-elle silencieuse, qu'est-ce qui l'empêche de parler ?
Nicolas Sarkozy: Oh vous savez, parce qu'il y a beaucoup de Français qui sont trop fiers pour se plaindre quand ils souffrent, ou de protester...
Pascale Clark: De quoi souffrent-ils ?
Sarkozy poursuivit, sans répondre. L'échange dura encore près de 7 minutes, sans fond politique. Nicolas Sarkozy évoqua ses « sentiments » (plus forts, plus « profonds » que « l'affect »), son « besoin d'amour » ( « avant, le président était toujours momifié »), sa Rolex à 55.000 euros cadeau de son épouse, etc.
Puis vint le moment des questions dites sérieuses, émanant de Patrick Cohen ou des auditeurs. On ne fut pas déçu. Sarkozy s'agita, le café pris dans l'intervalle pendant le journal de 8h produisait sans doute son effet. Il levait souvent les mains, les sourcils et épaules.
Sans droit de suite ou si peu, le candidat sortant enquilla les contre-vérités avec un aplomb qui ne sied qu'aux grands professionnels:
1. « Il n’a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi ! [...] c’est un mensonge éhonté ». Sarkozy répondait à l'une des accusations d'Anne Lauvergeon, ex-présidente d'Areva, qui expliquait dans son récent ouvrage-confessions que l'Elysée avait cherché à vendre de la technologie nucléaire aux autorités libyennes jusqu'à l'été 2010. Sarkozy voulait-il jouer sur les mots (« centrale » plutôt que « technologie ») ? La conclusion d'un contrat d'équipement nucléaire de la Libye était officiel ... dès juillet 2007. Mediapart a régulièrement produit nombre de preuves. Rue89, ce mardi, a répertorié toutes les sources documentées d'accord nucléaire entre la Sarkofrance et la Libye de Kadhafi.
2. Proche de Kadhafi ? Jamais ! « S'il y a bien un chef d'Etat qui n'a pas frayé avec Kadhafi, c'est bien moi ! » Quelques auditeurs de France inter, comme votre serviteur, s'étranglèrent en écoutant pareil mensonge. On se souvenait tous des poignées de main, accords commerciaux (juillet 2007, juillet 2008, octobre 2010), avec le spectacle grandiose des réceptions du 10 au 13 décembre 2007, Kadhafi avec sa tente à l'hôtel de Marigny. Et que dire des contrats des premières relations commerciales nouées par Sarkozy ministre de l'intérieur dès 2005 ?
3. Quand il fut question de l'affaire Bettencourt et de l'espionnage de journalistes, prouvé et reconnu, le Monarque manqua de s'étrangler à son tour: « Il n'y a aucun journaliste qui a été espionné ». Il jouait encore sur les mots. Comment appeler la surveillance minutieuse des deux journalistes du Monde en juillet puis à l'automne 2010 par la DCRI ?
4. Toujours sur la même affaire, il s'étonna qu'on l'interroge encore sur ses comptes de campagne de 2007: « Sur mes comptes de 2007, il n'y a rien, absolument rien. Et personne ne les conteste ». Un juge, sur la base de son instruction, avait trouvé la preuve de larges retraits d'espèces en février et mars 2007 pour Liliane Bettencourt. Il avait aussi des témoignages que des versements avaient été réalisés pour le compte de la campagne de Sarkozy. Certes, l'instruction n'était pas terminée... mais comment déclamer que les comptes de campagne ne sont pas contestés alors que justement ils font désormais l'objet d'une instruction ?
Plus tard dans la journée, le candidat partit à Morlaix. On se souvient de son expression désastreuse, sur cette ville bretonne, lors de son intervention à Capital (M6) il y a 4 semaines: « Vous iriez voir un médecin qu'on a forcé à aller à Morlaix?».
A Morlaix, voulait-il se faire pardonner ? Il se promena rapidement, il faisait froid. Même la météo avait visiblement décidé de jouer contre lui. Il devait perdre dans la grisaille, dans un temps de Toussaint.
« Vous aurez dans quelques jours à faire un choix absolument historique ».
Nous n'en doutions pas.


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