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Photo interdite

Publié le 24 avril 2012 par Malesherbes

Un bureau de vote à Paris, au premier tour de l’élection présidentielle 2012. Un couple se présente. Ils sont l’un et l’autre de type asiatique, peut-être japonais. Tandis que la femme s’approche de la table où siègent présidente du bureau et assesseurs, l’homme s’éloigne un peu et met au point un appareil photo. La présidente intervient alors brutalement et s’écrie : « Non, c’est interdit ! » Comme ces électeurs, vraisemblablement français récents, tentent de demander des explications, la présidente, visiblement excédée, rugit : « Non, vous n’avez pas le droit, si vous insistez, je vous fais expulser ! »

Sans doute cette nouvelle française, heureuse d’avoir obtenu sa naturalisation, aurait aimé voir immortalisé par une photo l’instant où, pour la première fois de son existence, elle votait, manifestant ainsi son entrée dans la communauté française qu’elle avait choisi de rejoindre. Cette idée n’a manifestement pas affleuré notre bonne vieille présidente de souche, conseillère de Paris, fière de faire usage d’une autorité conférée bien imprudemment à mon sens. Sans être plus précis, j’indique au passage que, à plus de 60%, les électeurs de ce bureau ont voté pour le sortant.

Ne pensant pas sur le coup aux innombrables photos, qui plus est diffusées à satiété dans nos journaux télévisés et montrant telle ou telle personnalité en train de glisser son enveloppe dans l’urne, je ne me suis pas risqué à intervenir. Mais, depuis, j’ai scruté le code électoral pour voir si pareille interdiction y figurait. En vain ! J’accueillerai toutefois avec reconnaissance toute référence à un article de loi, décret ou extrait de jurisprudence fondant une telle interdiction, qui pourrait m’être fournie.

Pour ce qui est de la légèreté avec laquelle des gens qui se croient de l’élite s’affranchissent des lois réservées au petit peuple, j’évoque ici le 12 septembre 2010. Ce jour-là,  notre Président a visité la grotte de Lascaux, fermée depuis 1963 suite au développement d'algues vertes sur des peintures vieilles de plus de 17.000 ans. À titre exceptionnel, il avait été autorisé à y pénétrer. Ayant promis d’entrer à cinq personnes, il était en fait à la tête d’un groupe de dix personnes. La visite était limitée à trente-cinq minutes, elle en a duré plus de cinquante. Certains des visiteurs s’étaient dispensés de coiffer leur tête d’une charlotte, parmi lesquels bien évidemment notre auguste président. Une couronne, sinon rien !

Le poisson pourrit toujours par la tête.


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